Holy Two, les rêveurs sombres

Quelques minutes avant leur concert de fermeture du festival des Nuits de
Champagne, Holy Two, le groupe lyonnais, nous a accordé son temps afin d’apprendre à connaitre ce duo parfois très sombre dans ses sons. Durant leur concert, la tension était électrique : un show énergique et complètement transportant pour Elodie et Hadrien.

« A tous ces fous qui osent rêver»

 

Hello Holy Two, contents de revenir sur Troyes ?

Hadrien: Carrément ouais, surtout dans le cadre des Nuits de Champagne, on était déjà venu, à l’époque on était dans les off, et maintenant on est sur l’after, donc c’est cool.
Elodie: On vient d’arriver donc on est un peu en mode jet lag avec la route qu’on vient de faire. On a pas l’habitude d’arriver aussi tard. (il était 22h30).
On espère que les gens seront là et réceptifs, on aime bien jouer tard, on se rend compte que ça nous plaît de plus en plus.

Vous avez sorti votre EP le 13 octobre dernier, comment ça se passe ?

Elodie: Super bien, on a déjà fait quelques dates de concert, c’est assez bien reçu, on est super contents, c’est des morceaux qu’on a depuis un moment, et ça faisait deux ans qu’on n’avait pas sorti d’EP et on avait hâte de les jouer en live, c’est juste trop cool. On a eu des supers retours
en plus.

Quelques jours auparavant, vous étiez au Transbordeur à Lyon, on sait que vous êtes Lyonnais donc ça vous a fait quoi ?

Elodie: C’était assez particulier et assez émouvant, on avait pas mal d’amis présents, pas mal de gens qui nous suivent depuis le début et c’était assez
beau de voir que les gens ne connaissaient pas seulement les tubes mais aussi les premiers morceaux.
Hadrien: Ca faisait un moment qu’on n’avait pas joué à Lyon, on était juste trop contents de faire un Transbo complet, c’était d’ailleurs une des meilleurs dates qu’on ait faites depuis un moment. Il s’est passé un truc!
Elodie: En terme de technique je ne sais pas, mais en terme de feeling et d’émotions c’était assez extra. Bizarrement, normalement ça m’angoisse
quand nos proches viennent nous voir mais là c’était cool !

Avec qui vous voudriez faire un feat, vivant ou mort ?

Elodie: Un rappeur, je pense, du genre Kendrick Lamar, (rires), ce serait le kiff.

Hadrien: Princesse Nokia aussi, on écoute beaucoup et on adorerait bosser avec elle. Ceserait surtout dans le milieu du hip-hop, ça nous brancherait bien! Même dans le rap français, il y a pas mal de trucs.

Quelle question on ne vous pose jamais en interview mais que vous adoreriez qu’on vous pose ?

Hadrien: On aime beaucoup parler de nos musiques, mais au-delà de la musique elle-même par exemple. Parler de nos études d’archi’, ce n’est pas forcément intéressant
Elodie: Les questions qui n’ont pas d’intérêt c’est nul, comme pourquoi vous vous appelez Holy Two, etc… On aime bien parler du silence et du vide, on adore mais on ne nous en parle jamais. Pourtant ça nous inspire énormément dans notre art. Qu’est-ce que vous pensez de la vie après la mort ?
Hadrien: Ca nous intéresse pas mal aussi. On avait
une chanson là-dessus, mais je pense pas qu’on la sortira un jour, on parlait de la conscience que pourrait avoir un être humain en se réincarnant en un autre.

Vous qui vouliez faire un morceau français, mais qui respectiez trop la langue française pour cela, vous pensez quoi de votre morceau « Festin » ?

Elodie: On l’a pas fait dans l’optique d’écrire un morceau français, parce que c’est un morceau que notre label a voulu qu’on fasse passer en anglais, et on s’est rendu compte que ce texte nous parlait et que finalement on préférait l’impact qu’il avait en français. Quand on parlait de respect de la langue française, on voulait dire qu’on voulait pas s’imposer parce que ça marche mieux en ce moment ou que
ce serait plus simple.
Hadrien: C’est super intéressant car on l’a fait sans aucun objectif, c’est juste sorti de nos tripes, et Elodie a essayé d’utiliser la langue d’une manière dont ça nous parlait le plus. Si on faisait un morceau en français on voulait qu’il soit poignant et utiliser la force de la langue.

Sans titre 1

Les morceaux qui vous tiennent le plus à coeur ?

Elodie: Orchid et Festin ce sont ceux qui sont les plus personnels à mes yeux.
Hadrien: Festin aussi, ça marque une nouvelle étape dans notre projet, c’est quelque chose de nouveau, qu’on a voulu expérimenter et en live on essaie vraiment d’emmener ce morceau ailleurs. C’est un morceau qui me plaît beaucoup. Dans le tout premier EP, il y a La Tal qui reste mon « chouchou».

Votre travail sur les émotions vous laisse-t-il penser que certaines émotions sont plus fortes que
d’autres ?

Elodie: Notre travail se pose surtout sur les émotions obscures. Je pense que la douleur appelle la douleur. Quand je ne suis pas bien, j’ai envie d’être encore plus mal par exemple. Notre dernier EP, c’était l’émotion de la frustration et de la fuite, et on s’était beaucoup posé ces questions car le soulagement se trouve derrière la frustration.
Hadrien: Dans la vie, on n’est pas du tout des êtres tristes, mais on aime aller voir des films, écouter des sons qui nous mettent mal, qui nous mettent des claques pour se dire ensuite « ouais, je ne suis pas bien, mais justement cette douleur me fait du bien ». On ne cherche pas à créer de la douleur, mais à jouer sur les contrastes pour faire mal à certains endroits pour rendre encore mieux. C’est important de créer une certaine tension.

Une vie sans musique ?

Elodie: Ce serait triste. Avant, on avait peu de temps pour la musique, et on s’est rendu compte que ce laps de temps, étaient super proléfique. On est moins productifs quand on a le temps pour faire les choses ou que l’on se force je pense. Le fait de pas pouvoir faire de musiques c’était pas toujours facile pour nous.

Hadrien: Pour la plupart des gens, ce serait impossible de vivre sans musique, mais un monde sans musique pourrait très bien exister en soi.

Une phrase qui vous motive ?

Hadrien: Dans Lalaland, film que j’ai vu récemment, j’ai beaucoup aimé le passage où elle dit : à tous ces fous qui osent rêver.
Elodie: Récemment je pense beaucoup à : « ce que le jour doit à la nuit ». Je trouvais ça assez bien par rapport à nos idées de contraste.

Par Eléna Pougin.

 

 

1 thought on “Holy Two, les rêveurs sombres

  1. j’aime me promener sur votre blog. un bel univers. Très intéressant et bien construit. Vous pouvez visiter mon blog récent ( lien sur pseudo) à bientôt.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :