L’univers sombre et contrasté de KROY

Camille Poliquin d’abord connue comme la moitié du dos « Milky &Bone » s’est recentrée, depuis quelque temps, sur son projet soliste KROY. Durant le Printemps de Bourges, elle s’est confiée à nous.  Sa musique inspirée du trip-hop et son univers qu’elle qualifie elle-même « d’un peu sombre » nous ont intrigué. Nous l’avons rencontré pour vous

Camille Poliquin d’abord connue comme la moitié du dos « Milky &Bone » s’est recentrée, depuis quelque temps, sur son projet soliste KROY. Durant le Printemps de Bourges, elle s’est confiée à nous.  Sa musique inspirée du trip-hop et son univers qu’elle qualifie elle-même « d’un peu sombre » nous ont intrigué. Nous l’avons rencontré pour vous…

 

Si tu devais présenter ta musique en un paysage, lequel choisirais-tu ? 

Ce serait une forêt plutôt sombre… Il serait peut-être 22h.

 

Où est-ce que tu puises ton inspiration ? As-tu un endroit favori pour écrire ?

Je dirais dans la vie de tous les jours, dans ce qu’il m’arrive. Je n’arrive pas à écrire quand il ne se passe rien, quand je travaille trop. Si je deviens « bored », c’est là que je commence à réfléchir à pleins de choses, à me mettre dans différentes situations un peu drôle. J’écris pour expliquer les évènements de ma vie que je ne saurais expliquer autrement. En ce qui concerne l’endroit, je peux écrire n’importe où. Je note des petits mots que j’aime beaucoup dans mon téléphone et j’écris. Je préfère – bien évidemment – travailler dans un endroit calme, seule où je peux tout « décortiquer ».

 

Selon toi, quelle a été la plus grande avancée de ta musique, ce qui t’a vraiment poussé à continuer ?

Au début, j’accompagnais seulement des artistes, je faisais des claviers par exemple, et c’est vraiment ça qui m’a donné envie de continuer dans la musique. Je n’avais jamais vraiment réfléchi à cette possibilité-là de faire de la scène, mais c’est vraiment le travail avec les autres qui m’a fait prendre conscience de mon rêve et qui m’a permis de la réaliser. En faisant de la scène, ça m’a aussi permis de me faire plus confiance par rapport à mes propres chansons et ça m’a vraiment poussé à lancer ma propre musique.

Tu travailles aussi en duo, qu’est-ce que cela t’apporte dans ta carrière, dans ta vie ?

J’espère beaucoup de choses ! J’ai appris à prendre en considération les sentiments des autres dans le travail. Ça m’a aussi aidé à mieux écrire la musique. Il y a beaucoup de différentes entre écrire seule ou à deux, mais le fait d’écrire à deux m’a vraiment aimé pour ma carrière soliste.

 

Est-ce que faire de la musique a toujours été ce que tu voulais faire ?  

J’ai toujours fait de la musique, je ne pensais pas que ça deviendrait un job mais j’ai toujours su que je ferais toujours de la musique, peu importe l’échelle, à quel niveau. En tous cas, je suis vraiment contente que ce soit la partie principale de ma vie.

 

Tes chansons ont plutôt des mélodies douces mais ont des noms tels que « Bones », « Monstrosity », c’est quelque peu paradoxal, pourquoi ces choix ?

Les textes sont plus sombres c’est vrai. Mais j’aime vraiment faire un contraste entre une mélodie et un texte. Souvent, les mélodies ressemblent à de petites comptines, j’aime ce paradoxe.

AUTOUR DU PRINTEMPS DE BOURGES

Qu’est ce qui t’as poussé à venir ici, à Bourges ?

Pour nous au Québec, venir en France, se produire en spectacle ici c’est comme un rêve. C’est un autre marché, on rencontre d’autres personnes de l’industrie musicale, il y a beaucoup d’opportunités… Beaucoup de personnes de mon label se produisent en France et c’est une manière de toucher un autre public

 

Est- ce que tu t’attendais à la sélection du Printemps de Bourges en tant qu’Inouis ?

Non, pas du tout. Je n’étais jamais venue mais beaucoup d’amis étaient déjà passés par Bourges, et je me suis dit que ça pouvait être cool d’être ici. Et en plus d’être ici, je suis aux Inouis… Je ne pense pas que j’aurais pu rêver mieux.

 

Comment s’est passé ton concert ?

J’étais hyper nerveuse. C’est un public différent, ce n’était pas forcément des gens qui connaissaient ma musique. Il faut travailler fort pour attirer l’attention des gens, mais maintenant, je suis vraiment super contente de mon concert.

 

Et pourquoi « Scavenger » comme nom d’album ?

« Scavenger » veut dire charognard en français. Pour moi, le choix de ce mot est encore flou, mais j’aimais cette image : le genre d’oiseau qui attend la fin de quelque chose pour s’en emparer. Il est à la fois paisible et inquiétant, ce qui définit bien ma musique, mon album mais je ne saurais pas donner de raison plus claire, c’est juste l’image d’un charognard qui me plaisait.

 

Deux de tes clips (River et Learn) sont en noir et blanc. Pourquoi ce choix ? C’est seulement un choix esthétique ?

 En réalité, quand j’ai fait le deuxième clip en noir et blanc, j’ai complètement oublié que le premier y était déjà. Mais je pense que c’est vraiment quelque chose qui colle à mon esthétique : le noir et blanc est simple mais toujours beau à la fois. Puis, il parait simple mais, il y a tellement de teintes différentes pour seulement un « noir et blanc ». Cet esthétique me parle beaucoup, mais encore une fois il n’y a pas de raison précise.

 

Tu as l’air d’aimer la simplicité ? 

J’aime trouver la complexité dans la simplicité : Il y a beaucoup de choses qui peuvent sembler flamboyantes mais qui ont aussi beaucoup de fond. Aller broder autour de quelque chose de simple est vraiment quelque chose qui me plait.

 

Quel est le plus beau compliment qu’on t’est fait ?

C’était un message m’a marqué en particulier… Quelqu’un me racontait que mon album l’a aidé à traverser une grande épreuve. Le message était long et cette personne avait pris le temps de m’écrire et de transposer ma musique par rapport à sa vie, en la comprenant vraiment. Ça m’a réellement touché.

 

Donc tu aimes partager ta musique avec les autres, les aider ?

Je fais ma musique pour moi au départ, mais si ça peut aider d’autres personnes, je peux en être que satisfaite, ça me fait vraiment plaisir.

 

Quelle est le moment le plus marquant de ta carrière ?

Il n’y a pas un moment plus marquant qu’un autre, c’est dur, c’est vrai. Il y a tellement de moments marquants dans la vie de musicien. J’adore ce que je fais, je ne pourrais pas en choisir un seul.

 

On dit souvent qu’on apprend de ses erreurs, y a-t-il une erreur que tu ne referais pas ?

Je ne pense pas que ce soit une erreur mais, au lieu de travailler avec d’autres producteurs pour mon album, j’aurais dû me faire confiance et le faire seule pour voir ou ça pouvait mener. Mais je n’avais pas la confiance pour le faire seule même si j’étudie en musique et que je pense avoir les capacités pour le faire…  Aujourd’hui, en regardant en arrière, j’aurais vraiment aimé le faire seule et me faire un peu plus confiance.

 

Quelles sont tes projets pour la suite ? Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?  

Bien sûr l’écriture de mon prochain album. Je vais me poser quelques jours dans un petit chalet pour me consacrer seulement à l’écriture. J’aimerai qu’on me souhaite d’avoir la confiance d’en faire plus moi-même, par mes propres moyens et donc de moins déléguer aux autres par manque de confiance.

 

Trois mots que tu juges les plus beaux ?   

J’hésite… Je dirais « pétrichor », mais je ne saurais en choisir trois.

Le plus moche ?

 Les mots moches de sens sont souvent beaux esthétiquement. J’allais dire triche mais c’est beau triche…. Je ne sais pas vraiment.

 Propos recueillis par Clara Hampe

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