L’Economie Sociale et Solidaire (ESS)

L’Economie Sociale et Solidaire (ESS)

Comme chacun le sait, nous vivons dans un monde (hyper)mondialisé. Si indéniablement la mondialisation actuelle issue de la diffusion du libéralisme économique depuis les années 1980 a permis aux consommateurs une plus grande variété de produits à moindre prix, elle est également responsable de nombreux problèmes. En effet, l’exclusion économique et sociale ainsi que les nombreux problèmes environnementaux (pollution, gaz à effet de serre, perturbateurs endocriniens,…) pour ne citer qu’eux, représentent un enjeu considérable de l’époque contemporaine. Comment faire face à ces limites ?                                                                                             C’est là que l’Economie Sociale et Solidaire prend tout son sens. Pour beaucoup, l’économie se rapporte aux mécanismes de marché et est éloignée des valeurs humaines. Pourtant, les deux ne sont pas inconciliables, loin de là.

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Qu’est-ce que c’est ? 

L’ESS rassemble les entreprises qui cherchent à concilier solidarité, performances économiques et utilité sociale. Acteur économique de poids, l’ESS représente 10 % du PIB, près de 12,7 % des emplois privés en France,  compte environ 200 000 entreprises et structures et 2,38 millions de salariés.  L’ESS séduit de plus en plus en France, notamment les plus jeunes qui recherchent des emplois porteurs d’un nouveau projet de société. Si le secteur prend de l’ampleur, il reste encore peu développé et son potentiel est immense. Un premier palier a été franchi le 31 juillet 2014 puisque que les principes de l’ESS ont été définis par la loi (loi Hamon).

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Mais concrètement, ça donne quoi ?

Quelques exemples :

① Les Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) qui consistent en un partenariat de proximité entre producteurs locaux et consommateurs. Les consommateurs paient à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie, en échange de quoi ces derniers reçoivent des « paniers » de produits issus des dernières récoltes locales, souvent bios. Les avantages ? Aucun coût ni pollution lié au transport puisque l’échange est direct entre le producteur et le consommateur, le circuit court favorisant le développement de l’économie locale. Au finale, les producteurs sont mieux rémunérés, les consommateurs disposent de produit d’une meilleure qualité et le coût écologique de ces opérations est très faible.

Enercoop, un organisme qui travaille sur l’énergie, projette d’ouvrir une fourniture en gaz 100% renouvelable dans le courant de l’année 2018, le tout en utilisant les fumiers et lisiers des agriculteurs locaux ainsi que certains déchets biodégradables issus des particuliers. Ainsi, les déchets sont utilisés comme source d’énergie et retrouvent une valeur sur le marché.

③  Collectif des SDF, association aidant les sans-abri à se reloger et à se réinsérer sur le marché de l’emploi. Le collectif organise également des groupes d’expression afin d’informer sur les lois en vigueur (la méconnaissance des lois poussent souvent les gens vers la rue car ils ne savent pas où se diriger), et fait également intervenir les personnes relogées dans des écoles afin de faire part de leur expérience et de prévenir le risque, car contrairement à certaines croyances populaires, tout type de personne peut être un jour où l’autre concerné par l’exclusion sociale et professionnelle, qui elles mêmes poussent les individus dans la rue.

Au final, l’ESS se décline à une grande variété de secteurs de l’économie dont une grande partie reste inexplorée. Mais avant tout, elle est porteuse de valeurs humaines fortes, qui poussent les individus de tous les secteurs à réinventer leur métier pour concilier les aspects sociaux et environnementaux à l’aspect économique, toujours prépondérant.

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Comment agir ?   

L’ESS, c’est avant tout des valeurs (partage, solidarité, entraide, justice social, etc…). De fait, elle ne se limite pas à l’activité professionnelle, c’est davantage un mode de vie. A titre d’exemple, le plus gros de l’Economie Sociale et Solidaire est formé du tissu associatif. Y contribuer, c’est donc par exemple faire partie d’une association ou faire des dons, consommer bio et locale, mobiliser ses relations pour aider un individu éloigné de l’emploi à se réinsérer professionnellement, etc… Au quotidien, chacun de nous peut agir, directement par son activité (professionnelle ou associative) ou indirectement par la consommation, dans les proportions qu’il le souhaite, en fonction de son temps, de ses moyens financiers, et bien entendu de ses convictions. Le champ d’action est vaste, et les contributions peuvent se cumuler, c’est pourquoi les contributeurs de l’ESS sont imprégnés de ses valeurs et fervent défenseurs de son idéologie. A noter qu’il existe déjà des diplômes en innovation sociale et en Economie Sociale et Solidaire pour les plus jeunes qui souhaiteraient s’engager sur cette voie.

En somme, l’ESS est un modèle alternatif au système actuel en réponse à ses excès, et est porteur d’un véritable projet de société. Bien entendu, cet article est bien loin de traiter toues les dimensions de l’Economie Sociale et Solidaire, mais a vocation à le faire connaître et pourquoi pas vous donner envie de vous y engager. Le Mooz vous proposera ultérieurement des articles autour de l’ESS mais de manière plus précise ; il vous faudra prendre votre mal en patience (ou pourquoi pas faire quelques recherches de votre côté !).

 

Article écrit par Guillaume Oppin / Illustrations par Emma Meirhaeghe

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