Come as you are : « Bienvenue à God’s Promise » immersion dans l’Amérique très chrétienne des années 90

8,5/10

Des adolescents au désir brimé dans un établissement austère des années 90.  

Etats-Unis, 1993. Cameron Post, une lycéenne, a un petit ami mais vit pourtant une relation secrète avec son amie Coley. Les choses se compliquent lorsqu’elles se font surprendre. Cameron est alors envoyée à “God’s Promise”. Un camp de “thérapie” pour homosexuels où règnent le christianisme, la surveillance des disciples et l’apprentissage de la haine de soi pour retrouver le droit chemin de l’hétérosexualité sacrée. Nous y rencontrons des personnages aux profils variés et pour la plupart attachants comme Adam et sa mèche dans les yeux ou Jane et son appareil photo. Nous les suivons dans une partie de leur parcours au camp, dans les moments graves et gênants comme les moments joyeux.

Le film nous rappelle But I’m a cheerleader de Jamie Babbit réalisé en 1999 de part cette mise en scène des centres de thérapies et la scène de fin, entre autres. Toutefois, Come as you are s’inscrit plus dans le dramatique quand But I’m a cheerleader est une comédie. Le ton plus sérieux entraîne une réflexion plus importante des spectateurs. On se sent révoltés et choqués par l’existence assez commune de ce genre de thérapie à une époque pas si lointaine.

« This is America »

En effet nous le savons si l’homosexualité a été appréhendée dans un premier temps de manière négative, peut-être est-ce surtout dû à l’avènement de la chrétienté, la considérant comme pêché à sanctionner. Des théories aussi aliénistes qu’absurdes voient le jour et comme pour certains troubles psychiatriques, des techniques médicales agressives dites « guérison » comme la castration chimique ou chirurgicale, la lobotomie frontale ou encore les électrochocs ont été mise en places durant la première partie du 20ème siècle.

Come as you are met l’accent sur les méthodes bien plus psychologiques utilisés dans ces camps de thérapies de conversion des années 90. « God’s Promise » où évolue notre personnage principale, dépeint des techniques presque pédagogiques : prière à répétition, groupe de parole, introspection personnelle … pour rejoindre le chemin de l’hétérosexualité si cher à la société majoritairement chrétienne de « l’époque ».

En bref Come as you are c’est un film pleins de tendresse et un hymne à la libération du désir. Un point historique aussi et un rappel important aux discriminations encore présente dans notre monde notamment dans certains Etats aux Etats Unis.

Vivement recommandé par le Mooz !

Remerciement au  cinéma CGR Troyes qui nous a gracieusement permis de réaliser cette critique.

Par Emma Meirhaeghe et Ninon Soulié

image : mademoizelle.com

 

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