Illa J : « créer, ça ne devrait pas être difficile »

En fin d’année 2017, nous avons eu l’occasion d’appeler Illa J et de lui poser toutes nos questions sur son dernier projet « Home ». L’artiste américain, originaire de Détroit, nous a partagé chaleureusement ses secrets de création mais aussi d’intimes réflexions sur le sens que cet EP a pour lui. Retour sur cet échange Troyes-Montréal. Si beaucoup le connaissent grâce à son frère J Dilla, nous nous sommes convaincus que l’artiste se démarque par lui même avec des sons mélangeant les genres et les sentiments.

Qu’est-ce qui t’as le plus aidé dans la création de ton dernier album “home” ?

Ce qui était sympa avec « home », c’est que je faisais des concerts en même temps que nous créions l’album, nous étions en Californie. L’album a été fait en 6 jours et durant ceux-ci, on a fait trois spectacles, deux à L.A et un autre à Venice Beach donc c’était vraiment magique comme ambiance. Ça m’a vraiment aidé pendant qu’on enregistrait, parce qu’on gardait la même énergie que lors des concerts. Au concert, tu peux vraiment ressentir ce que les gens attendent de toi, ce qu’ils aiment, et après tu gardes ça en tête et tu essaies de reproduire cette même « vibe » en studio. C’est ainsi que je me suis senti comme connecté aux gens qui m’écoutent lorsqu’on a enregistré cet album.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile durant la réalisation de l’album ?

Honnêtement, je n’ai rien ressenti de compliqué parce que c’était complétement naturel, c’était une suite de sentiments que j’avais besoin d’enregistrer. Créer, ça ne devrait pas du tout être difficile, ça devrait se faire sans effort, car selon moi la création se fait dans le prolongement tu vois, un peu comme une forme complétement naturelle d’art. Avec Cali (son producteur), on s’est rapidement super bien compris, il y avait une alchimie qui faisait que c’était plutôt facile de travailler ensemble.

Ton père était un musicien, tu penses que la musique que tu joues aujourd’hui lui plairait ?

Je pense qu’il serait super fier car c’est lui qui m’a rendu aussi fou de musique, il a fait de moi un vrai passionné. « Sam Cook » et « Home » ce sont des chansons qui lui sont dédiés, ce sont d’ailleurs les premières qu’on a faites de tout l’album. En fait, c’est peut-être l’album tout entier qui lui est dédié quand j’y pense, parce que c’est mon premier projet bien abouti, c’est le premier qui représente sincèrement qui je suis. Je m’identifie comme un chanteur qui fait du rap et je pense que mon père serait heureux de voir que j’ai osé faire des parties plus « chantées » dans cet album, et que je m’affirme enfin tel que je suis en réalité.

Donc cet album est plutôt intime, tu le dédies à ton père mais certaines musiques justement comme « Home » semblent être carrément faites en hommage à l’ensemble de ta famille, est-ce que c’était important pour toi de représenter ces sentiments que procure le temps qu’on passe avec sa famille ?

Oui exactement ! C’était vraiment à propos de « Home », là où je me sens chez moi, et il n’y a nul endroit que je préfère à celui où ma famille et moi sommes réunis. On n’avait pas encore le titre de cette chanson mais c’est venu d’un coup car c’était vraiment l’âme de l’album et ce que je voulais réellement faire passer à travers ces sons. Cali et moi, on a déjà produit pas mal de choses avant Home, on ne les a jamais sorties, mais là c’était vraiment comme une évidence. C’était vraiment important pour nous cet album. Cali a vu beaucoup d’artistes, il m’a vu sur scène des dizaines de fois. La première fois qu’on a fait un spectacle ensemble, il m’a dit que je devrais utiliser plus ma voix et ça m’a vraiment aidé d’entendre ça car c’est vrai que tous les projets, toutes les chansons où je me dévoilais, où je laissais entendre ma voix en chantant ou que je parlais de ma famille, je ne les sortais jamais car je pensais que ça n’intéresserait personne. Il m’a beaucoup inspiré et à la fin de la période au studio, il m’a dit : « hey, ça sonne vrai, c’est bien ! »

Article en cours

Propos recueillis et traduits par Eléna Pougin.

image : colors berlin

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