HOLLYDAYS, UN ALLIAGE DE CHARME ET DE SINCERITE

            Hollydays c’est un subtil mélange de sincérité et de sensibilité ajouté à beaucoup de musicalité.  Elise et Sébastien, duo complice et spontané, ont répondu naturellement et presque à l’unisson à nos questions. Retour sur notre rencontre avec eux lors des Printemps de Bourges…

 

Pourriez-vous mettre un mot sur votre musique et nous dire ce qu’il représente pour vous ?

Je dirais mélancolie : c’est quelque chose qui occupe pas mal nos têtes et celles de pas mal de gens. Puis, on essaye souvent de le retranscrire dans notre musique.

Quel est le secret de votre productivité ?

Je dirais l’amour, c’est nul comme réponse, mais l’amour universel de faire ça, on fait ça par amour quoi.

Avant tout, vous jouez pour vous ou pour les autres ?

Je pense que c’est à part égale. Si on jouait que pour nous, notre musique serait snobe et inintéressante et si ce n’était que pour les autres, il y aurait un réel manque d’intégrité.

Vous parlez beaucoup de chose qui peuvent toucher chaque individu tel que l’alcoolisme, la dépression, l’amour justement, si vous deviez écrire sur un fait d’actualité de société, lequel ce serait ?

C’est difficile car quand c’est fait c’est souvent fait d’une manière un peu ringarde. Je ne dis pas ça de manière snobe, mais on sait jamais l’évolution du fait. On pourrait plutôt parler de ce qui nous touche, tel que l’homosexualité comme dans Monsieur Papa, chanson qu’on joue en concert. Mais c’est plus des thèmes d’actualités que des faits.

Avant les EP en français, vous faisiez seulement des reprises et chantiez en anglais, pourquoi avoir décider de prendre un autre tournant ?

Avant, on chantait en anglais car ça nous paraissait plus évident : un beau texte en français c’est super dur. Mais, quand on a rencontré notre auteur, Antoine Patinet c’est devenu une évidence : il mettait les bons mots sur ce que l’on ressentait. Ça s’est fait très naturellement.

Une fois ce tournant pris, quelles ont été vos évolutions entre votre premier EP Les animauxet L’odeur des joints ?

Mentalement parlant, il y a eu du chemin, on a appris à gérer nos névroses. Elles sont toujours là, mais plus apprivoisées. Dans la musicalité, c’est similaire mais dans le style on s’est un peu plus affirmé. La scène, le studio, tout ça nous a fait vachement murir.

Derrière votre album L’odeur des joints vous cherchez une sorte d’échappatoire, qu’est-ce que ça signifie vraiment pour vous ?

Hollydays c’est la contraction de Hollywood et holidays et notre musique c’est justement notre échappatoire, on ne faisait pas que de la musique avant donc ça vient peut-être de ça aussi, mais ça nous permet de nous échapper justement.

Vous avez sorti un titre qui s’appelle Hollywood Bizarre, c’est votre plus grand rêve Hollywood aujourd’hui ?

En fait ce n’est pas totalement ça, c’est plutôt la métaphore du rêve américain. C’est plus laréussitequ’Hollywood en soi. Cette chanson est importante pour nous parce que c’est sur la peur de l’échec. Le texte parle d’une fille qui veut devenir actrice et qui se brûle un peu les ailes, mais ce n’est qu’un prétexte, c’est sur la peur de l’échec en général.

Selon vous, quel est l’endroit idéal pour écouter votre musique ?

Je dirai un bain, parce que tu ne fais rien à part tremper dans l’eau, t’es plus apte à écouter les paroles.

Quel est le morceau qui vous représente le plus ?

Elise: Il n’est pas encore sorti, ce serait Sensible parce qu’il me représente plutôt bien.

Sébastien :  Sans hésiter, ce serait Léo.

En parlant de Léo, c’est un personnage fictif ou quelque chose que vous avez vécu ?

Il ne s’appelle pas Léo donc, c’est fictif sur ce point mais c’est très ancré dans notre réalité.

Jusque-là, vous utilisez beaucoup la musique électronique. Dans vos projets futurs, vous aimeriez travailler avec un orchestre par exemple ou vous ne voulez pas vous détacher de l’électro ?

A la base l’électronique c’était pour pallier à ce manque d’instruments organiques mais dans le dernier EP, tous les synthés ont été joué, c’est déjà une étape en plus. Mais l’électro c’est aussi une esthétique dans laquelle on se retrouve :  quelque chose d’un peu froid. Mais on essaye de faire quelque chose avec et de trouver un côté un peu plus chaleureux avec des vrais textures mais aussi de garder quelque chose proche du trip-hop, du synthétique, quelque chose de planant.

La première fois en studio, quelles ont été vos impressions ?

C’était stressant, un peu flou, tu sens que t’as passé une étape, tu passes de ta chambre au studio.

Vous avez partagé la scène avec Her à la Cigalle, vous aimeriez collaborer avec lui ? Si ça se présente oui ! C’est un projet particulier de par son histoire, mais ce serait un projet super. Mais, il n’a pas besoin de nous pour faire des choses magnifiques.

Avec quel(s) artiste(s) présents (ou non) au Printemps de Bourges aimeriez-vous faire une collaboration ?

Elise : Il y en a plein rien qu’ici, tels que Lomepal, Ibeyi, Bagarre, Brigitte.

Sebastien : Je suis d’accord mais pour moi, l’idéal serait Pierre Lapointe avec qui on a déjà partagé la scène.

Justement, en parlant de collaboration, maintenant que vous montez sur scène avec Martin, vous le voyez comme un collaborateur ou un membre à part entière ?

On sera toujours un duo mais c’est la famille, tout comme notre ingé son.

Dans un article paru dans Aficia, Christophe Segard parle de vous en étant « la dépoussière de la pop française » pour vous pourquoi il dit ça, qu’est-ce que ça signifie ?

Déjà c’est gentil d’avoir dit ça ! Mais, il y a trois ans était passé dans une bastille du Grand Journalqui s’appelle « presque célèbre » où on disait qu’on aimait l’idée de dépoussiérer la variété française parce qu’on faisait beaucoup de reprises (Niagara, Véronique Sanson).

On voit que vous rigolez beaucoup ensemble, est ce que c’est une des bases fortes de votre duo ?

On se connait depuis longtemps, on se connait par cœur, on sait même sans se regarder si l’autre rigole ou pas, c’est naturel, moi (Elise) je ne m’en rends pas compte, je rigole tout le temps.

En étant aussi proche, vous avez un rituel avant de monter sur scène ?

Ça nous arrive de fredonner « Eye of the tiger »en donnant des coups de poing dans le vide… Mais sinon, on se fait juste un gros câlin.

Est-ce que vous avez eu récemment un coup de cœur cinématographique ?

Sébastien : J’ai honte de dire que je ne suis pas allé au cinéma depuis au moins 2 ans…

Elise : Un film j’avoue que non, ça fait longtemps que je ne suis pas allée au ciné, je n’ose pas dire le dernier film que j’ai vu…

Mais j’ai eu un vrai coup de cœur sur un livre récemment qui s’appelle Dans le jardin de L’ogre de Leïla Slimani.

Quelles sont les 3 plus beaux mots de la langue française ?

Sébastien : moi j’adore tarabiscoter !

Elise : J’aime bien moelleux, je ne sais pas pourquoi mais j’aime bien !

Et les trois plus moches ?

Sébastien (spontanément): boudin, croute et pâté c’est vraiment pas joli.

Propos recueillis par Clara Hampe

Couverture : Alex Gallosi

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :