LE BEATBOX COMME MUSIQUE ET NON COMME PERFORMANCE POUR SARO

Saro, jeune rennais, fait l’unanimité sur les scènes de beatbox. Il a remporté en mars 2017 le Grand Beatbox Battle, mais comment a-t-il fait pour arriver jusqu’ici ? La dernière pépite du beatbox/ loopstation casse les codes, passant du rap, à l’électro, à la pop [à l’image de son artiste préféré, le grand Michael Jackson] et nous laisse tous sans voix. A la rencontre d’un artiste incroyable prônant le côté musical de sa discipline…

Comment définirais-tu ta musique ?

Je ne sais pas, je n’ai jamais su, j’aime pas me mettre dans une case mais, à l’origine c’est l’électro, après je navigue entre trap, techno et house.

Comment ça t’est venu de faire du beatbox ?  

J’ai fait 10 ans de batterie, dans des groupes de rap, de rock, des harmonies, des orchestres… Ensuite, j’ai été dans un festival vers Rennes où j’ai vu un beatboxer qui est Oslim et je ne connaissais pas du tout la discipline et je me suis dit « il fait ça qu’avec sa bouche, moi je me trimballe toujours ma batterie » et j’ai adoré la discipline, j’ai trouvé ça incroyable donc j’ai été voir ce mec après son concert qui m’a appris 2/3 trucs et j’ai bossé ça tout seul après.

Est- ce que ça t’a demandé beaucoup de travail ?

De base j’avais une formation rythmique donc ça m’a aidé, mais c’est du travail de fou pour la technique buccale. Au début tu craches, tu fais n’importe quoi, tout le monde en a marre. C’est comme tous les instruments, il faut s’entraîner.

Qu’est- ce que t’apporte ta musique ?

Déjà c’est ma passion, mais aussi mon métier. Ça m’apporte tout, ma vie est cool grâce à ça.  Tout va bien.

Quelles sont tes inspirations, l’endroit où tu composes ?

C’est simple, c’est mon canapé, ma table basse. Sinon, je suis un grand fan de Michael Jackson et, j’ai écouté pas mal de hiphop, d’électro, de musique classique donc c’est un mélange de tout ça. Avant, je ne faisais pas mal de rap, maintenant ma machine me permet de faire de l’électro (j’en rêvais depuis longtemps), je dirais que c’est par période.

T’as remporté en mars dernier la grande battle de beatbox en Suisse, est-ce que tu t’y attendais ?

Alors pas du tout, ça faisait 2 ans que je n’avais pas fait de battle et avant, il y avait pas cette discipline en battle. Donc là j’y allais vraiment en outsider, il y avait des mecs déjà installés, qui sont du terrain et au final, j’ai gagné donc c’est cool.

Une date importante ?

Il y en a eu plusieurs : les Transmusicales à Rennes car j’y allais quand j’étais plus jeune j’ai toujours voulu y joué, puis bon c’est ma ville. Puis aussi, avant j’avais un groupe vocal et on a fait l’Olympia, ça marque quand même.

 

Qu’est ce qui t’a donné envie de continuer seul ?

Ca faisait 6 ans qu’on était ensemble, j’avais envie de voir autre chose, d’expérimenter beaucoup d’autres choses.

On voit rarement les beatboxers seuls sur scène, à l’image de Wadwad qui accompagne Bigflo et Oli, ça ne te dirait pas de faire une collaboration dans ce genre ?

Bah j’avais un groupe, je l’ai fait pendant 6 ans et maintenant je suis bien seul avec ma loopstation sur scène.

Tu as fait un concert en Inde, est- ce qu’une tournée mondiale t’intéresserait, serait un but ultime ?

Carrément, je kiffe aller à l’étranger. Puis c’est un autre public, ils aiment différemment, donc pour toi c’est totalement nouveau aussi et c’est super.

Qu’est ce qui t’avait donné envie de faire des battles, des compétitions ? Un esprit de compétition ?

Certes j’ai un esprit de compétition, mais ce n’est pas ce que je préfère, je préfère les scènes où tu joues pendant 1h, tu fais de la musique, alors que là c’est 2min face à quelqu’un d’autre. Mais, ça a un côté cool : c’est beaucoup relayé sur youtube, sur les réseaux sociaux, ça fait beaucoup de vues donc je me suis dit que ça ferait peut-être venir des gens, que ça agrandirait mon public.

Tu penses que c’est grâce aux battles que tu as émergé ?  

Pas que, mais ça a aidé.

Quel est ton but principal dans tes concerts ?

Que les gens sortent avec le sourire, c’est déjà bien et aussi, qu’ils se disent « tiens j’ai écouté de la musique ». En fait, dans leur tête c’est souvent de la performance, c’est plutôt « j’ai écouté 5 min c’était chiant après ». Donc, je veux que les gens l’écoute chez eux, ma démarche est musicale, qu’ils se disent vraiment que c’est de la musique, qu’ils veulent l’écouter dans leur voiture.

PORTRAIT CHINOIS ET DILEMME AVEC SARO

Si t’étais une musique tu serais laquelle ?

Je serais Bad de Michael Jackson, mais pas le single, l’album.

Un film ?

Inception de Christopher Nolan ou Shutter Island de Martin Scorsese.

Un animal ?

Un serpent ou un jaguar, mais un gentil serpent et un gentil jaguar.

Un aliment ?

Des pâtes, j’adore les pâtes.

Hiver ou été ?

Hum… je dirais l’été.

 Tu pars plutôt à l’aventure ou tu as une organisation au top ?

A l’arrache, toujours.

Leonardo Di Caprio ou Johnny Depp?

Di Caprio, large.

Orelsan ou Damso ?

Orelsan, largement au-dessus.

Propos recueillis par Clara Hampe

Image : Gwendal Le Flem

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