Afrodite, deux artistes féminines qui n’ont pas froid aux yeux !

Hello Afrodite ! Vous vous êtes rencontrées à une soirée  « practice house », comment vous en êtes venues à faire de la musique ensemble?

Mac: Et bien justement c’était pendant cette soirée, j’étais derrière les platines, il y avait un « open mic » et donc Audrey a pris le micro et au début j’ai pas trop capté que… enfin j’étais dans mon truc quoi. Quand j’ai entendu sa voix et que je me suis rendu compte qu’il y avait quelqu’un qui chantait sur le son j’ai mis un petit filtre et j’ai trouvé ça super chouette. Et en parallèle Audrey avait un projet en tête pour un festival qui s’appelle « Spot ». Et là… bon bah je te laisse continuer (rires)

Audrey: Oui du coup on s’est rencontrée à cette fameuse soirée « practice house », Mac avait mixé, il y avait un peu de mics et tout, et on m’a proposé un projet pour un festival qui s’appelle « Spot » et j’ai tout de suite pensé à Mac suite à cette rencontre, puis après on ne s’est plus quittées. C’était pour un projet « one shot » mais voilà où nous en sommes aujourd’hui…

Coup de foudre musical donc…

Audrey: Carrément !!!

Et pourquoi  Afrodite? Est-ce une référence à la déesse de l’amour ou à la variété de cannabis? Ou les deux?  (rires)

Audrey: Je ne connaissais pas la variété de cannabis donc… Plutôt amour… Et afro car c’est une grosse partie de notre identité d’artistes.

Car avec ph c’est plutôt la déesse mais du coup avec un “F”…

Audrey: Et bien c’est plus la connotation amoureuse puisque tous nos textes parlent d’amour et Afrodite il y a aussi la notion de guerrières puisqu’on est deux femmes, et « afro » puisqu’il y a cette influence dans notre musique d’où ce “F”. Mac a des origines noires antillaises et moi j’ai des origines africaines.

Comment vous définiriez votre musique?

Hybride, explosive, dansante.

J’imagine que vous avez des idoles, des modèles musicaux,quelles sont vos influences?

Alors les idoles pas vraiment… Pour les influences en tout cas Anderson Paak, Kaytranada, J Dilla, tout ce qui est en beatmaking et en chanteuse : Alycia Keys, Ossom Lad et sûrement beaucoup d’autres !

Est-ce que vous avez tenté de créer votre propre genre musical et votre propre univers ou vous vous inspirez beaucoup de ce que vous écoutez en général?

Audrey: Je pense que l’on s’inspire de ce que l’on est du moins entre ce que Mac est et ce que je suis puis de notre relation aussi et ça fait Afrodite. On joue aussi de façon très complémentaire entre, tout ce qui est rythmique, basses, tout ce qui va être enraciné enraciné, tout ce qui est plus aérien, les harmonies, les mélodies, etc…

Pourquoi avez-vous tenu à avoir votre scène au Printemps de Bourges? Est-ce que c’est un évènement particulier pour vous ou l’occasion s’est juste présentée comme ça?

Tout ça en même temps, (rires) parce que le projet a moins de 8 mois et depuis ça s’est enchaîné et à chaque fois on se dit « pourquoi pas » et « pourquoi pas » et à chaque fois ils se sont transformés en oui, donc on est plutôt du genre à foncer en fait.

En tant que Inouïs, qu’attendez-vous de cette expérience au Printemps de Bourges?

Mac: On attend de changer de chapitre, d’aller encore plus loin…

Audrey: … et puis d’être entourées de professionnels qui puissent nous permettre de faire grandir notre projet selon notre ambition. Donc tourneurs, labels…

Pour l’instant vivez-vous de votre musique?

Oui !

Avez-vous des collabs, des titres, des albums de prévus?

Mac: On a l’EP qui va sortir prochainement, courant 2018/2019 et puis des collabs certainement qui vont se faire. On pense à quelques personnes nantaises… Mais voilà c’est sur le feu et on va pas s’empresser de tout dévoiler.

Audrey: Il y a aussi un clip qui sortira prochainement, dans la continuité du premier clip « close to me » qu’on a sorti sur youtube.

Dans notre société, avec la montée de certains extrêmes, le racisme et le sexisme ne sont toujours pas éradiqués. Est-ce que vous le ressentez comme quelque chose qui vous empêche d’avancer dans votre carrière? Ou est-ce qu’au contraire vous voyez ça comme un avantage et comme quelque chose dont il faut jouer?

Audrey: Hmm…Très intéressant comme question.

Mac: Ça fait partie du quota (rires). Non en fait on ne ressent pas d’animosité raciste ou sexiste. Après, dans notre entourage des personnes disent : « oui, c’est parce que vous êtes nées là que ça se passe aussi bien » mais ça s’arrête là.

Donc c’est parfois un atout ?

Audrey: Oui on peut le prendre comme un atout car il y a un effet de mode en ce moment pour mettre plus de femmes dans le monde du spectacle, et notamment des femmes de couleur, mais on s’est rencontrées sans préméditation par rapport à ça. Effectivement, c’est un atout qui est un peu dans l’air du temps et je dirais que la meilleure façon pour les femmes de prendre place, c’est de ne pas vouloir rentrer dans ce jeu de comparaison avec les hommes en permanence, car on s’éloigne parfois de  l’égalité. Je ne suis pas féministe au sens « revendicateur », « procréatrice ». J’aime les hommes, j’aime les femmes, j’ai envie simplement qu’on puisse être nous-mêmes et vivre égaux. Et puis c’est vrai qu’il y a eu #Metoo et #Balancetonporc mais j’aurais envie d’inviter les gens à peut-être lâcher prise avec tout ça.

Mac: Ah et aussi j’y repense ! Par rapport aux instruments que je pratique, et mon métier dans le DJing et les percussions, j’entends souvent « pour une fille, c’est bien ce que tu fais» et ces remarques sont faites à la fois par des hommes et des femmes. Moi ce que je pense, ce dont je suis convaincue, c’est qu’il faut et que je vais continuer, jusqu’à ce qu’il y ait une petite fille ou un petit garçon qui ne s’étonne pas de voir une nana derrière les tablettes de mixage.

Et musicalement ça fait combien de temps que vous pratiquez? Et quoi? Pourquoi?

Audrey: Moi ça fait 5 ans que je suis intermittente et j’ai un projet aussi sous mon nom, un CD que j’avais sorti l’année dernière. Je fais de la musique depuis toute petite, j’ai toujours aimé ça, c’est une passion et je suis née avec celle-ci.

C’était donc un rêve d’enfant de faire des scènes?

Audrey: Oui ça a toujours été ce que je voulais faire.

Mac: Pour ma part j’avais pas du tout prévu de faire de la musique, ça m’est tombé dessus et ça fait un an du coup que j’en vis et que je pratique de façon régulière. Avec le mix ça fait quand même quelques années, presque 8 ans, mais pas avec cette portée là donc on va dire que c’est vraiment nouveau, un an et demi sûrement.

Est-ce que vous avez des valeurs à défendre, des causes qui vous sont chères ou un message à passer à votre public qui est grandissant?

Audrey: Tous nos textes parlent d’amour, on s’appelle Afrodite, l’amour chez nous, c’est avec un grand A sans vouloir paraître « culcul », c’est l’amour au sens sincère. Surtout déjà aimez vous vous-même, on se doit d’incarner cette vie sur Terre qui nous a été offerte. Après, foncez !  C’est ce qu’on fait nous en permanence même si c’est effrayant parfois ! Notre musique c’est aussi une invitation à ce que les gens passent un bon moment avec nous et qu’ils repartent du concert avec le sourire.

Mac: Restez funky et à la prochaine 😉 (rires)

Une citation?

Mac: Une citation antillaise  : « tiembè raid, pa moli ! » qui veut dire « tiens-bon » !

Audrey: « quand on veut on peut ».

Une couleur?

Mac: Violet.

Audrey: Vert pour l’espoir.

Une émotion ou un sentiment?

Mac: Joie.

Audrey: Un mélange de paix, de rage, de colère et de joie.

Un lieu?

Audrey: Bourges

Mac: Pleumeleuc, c’est en Bretagne, j’adore cette ville. (rires)

MOOZ ou MOOZ ?

Ensemble : MOOZ ! (rires)

Propos recueillis lors du Printemps de Bourges.

Retranscription effectuée par Guillaume Oppin et Eléna Pougin

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