» Du Synapson pur et dur « 

Entre Paul et Alexandre, avant d’être une histoire de musique, c’est une histoire d’amitié. Ces deux amis de longue date ont formé Synapson en 2009 et depuis, ce duo frenchie a réussi à conquérir la scène européenne. Nous avons découvert leurs attentes, leur univers musical et leur passion pour la musique pour vous…

Quelles sont les différences entre Convergence (2015) et Super 8 (2018) ?

On nous a proposé pas mal de maquettes, à l’initial on voulait garder un axe et un parti pris sur tout l’album. Finalement, on a juste gardé la façon de produire, même si ça a un peu changé en terme de sonorités, mais ça reste du Synapson pur et dur. Il y a 13 morceaux, 13 voix alors qu’on voulait faire quelque chose de plus instrumental. Ce qu’il est bon de noter, c’est qu’on a fait plein de belles rencontres donc on n’a pas pu se passer de voix. Ça rend notre album plus riche.

Où vous est venu l’idée du clip de Hide away ?

On n’a jamais eu un VRAI clip (sauf Only You) où on était satisfait à 100% : on nous proposait souvent une belle image, c’est vrai que c’est important mais dans pour ce qui est du fond ça nous parlait pas. Paul a eu l’idée de faire appel à une boite qui est dans la pub et ils sont arrivés avec cette idée. Hide away c’est un court-métrage qui précède un autre clip, c’est une introduction donc on ne peut pas trop développer là-dessus, ce sera la surprise. Mais, il ne s’agit pas seulement d’une femme dans un restaurant. Ça c’est une valeur ajoutée : il y a le grain de l’image et, en plus le concept qui nous a tout de suite plu, on a vite adhéré à ce qu’ils nous proposaient.

Comment avez-vous eu l’idée d’embaucher Holly ?

On a fait entre 40 et 50 maquettes puis, on est parti à Londres au studio Métropolis. On a eu beaucoup de voix, on a fait des sessions de travail : on faisait écouter nos maquettes et ça a  (ou non) les chanteurs. Puis, l’expérience était tellement géniale qu’en revenant à Paris on avait pleins de nouvelles voix en tête et on a décidé de refaire la même chose : souvent on doit partir de chez soi pour avoir de bonnes idées. Et donc Holly, qui a le même éditeur que nous nous a été proposé. Elle est venue au studio, ça s’est fait naturellement et on a refait un titre avec elle. C’est ce titre qui a été clipé et qui fait référence à Hide Away, ça s’est fait assez naturellement.

Et qu’en est-il de vos méthodes de travail ? Lorsque les artistes viennent pour ajouter leur voix, les morceaux sont déjà créés complètement ?

On fait toute la musique avant de les voir, mais on ne travaille pas ensemble, on a chacun notre studio, on se les fait écouter, on valide ou non et on les finit ensemble. Ensuite, une fois que la musique est prête on part en studio :  on finit là-bas et on tient toujours à être là quand l’artiste se fait enregistrer, on lui propose différentes instrumentations puis il choisit. Pour le premier jet, il fait ce qu’il veut et après on discute ensemble à ce qu’on doit modifier, ajouter ou retirer. Mais, dans tous les cas, on arrive toujours avec la musique.

Comment faites-vous pour travailler séparément ?

On travaille totalement séparément. On fait chacun environ 5/6 morceaux sur album.  La règle c’est l’unanimité : quand on danse tous les deux c’est que c’est bon. On a créé une entité donc quand on compose on est quand même un vrai groupe : on pense toujours aux inspirations de l’autre, c’est une vraie relation à distance. On compose l’un pour l’autre.

Tu parles de composition Alexandre mais c’est plutôt empirique ou vous écrivez tout ?

Alexandre : J’ai fait 10 ans de cours de piano où je n’ai fait qu’un mois de solfège donc… Les partitions c’est pas trop mon truc. Au même titre que je préfère les films plutôt que les livres, ce n’est pas vraiment écrit. Puis, je ne suis pas du genre à cliquer sur les notes pour que l’ordi joue à ma place, même si beaucoup le font très bien : je tiens à jouer, c’est vraiment organique. Paul, lui ,  est plus électronique.

Quant au live, vous vous organisez comment au vu du nombre de featuring que vous avez ?

Paul : Il y a des lignes, Alex est plus organique et moi je suis plus en adéquation avec l’électronique, l’informatisé. C’est ce qui fait le son de Synapson. Il y a toujours une basse électronique mais, il y a des couleurs qui relèvent plus du jazz, de la pop grâce au son organique d’Alex, et pas de la techno pure qui est très froide des fois.

Alex : Pour les feat, on essaye de faire venir le maximum de monde sur scène mais ce n’est pas facile. On en a 13 sur le nouvel album donc c’est compliqué. En live, il n’y a pas de platine, on a 6-7 claviers, des percussions, un guitariste, un saxophoniste, Paul a sa séquence, et on a eu la chance de rencontrer Tessa B qui reprend un peu les morceaux des autres aussi. Mais, sur des grosses dates on fait notre possible pour faire venir le plus d’artistes possible.

Chaque version est optimisée pour le live.

Y’a t-il des improvisations lors des lives, ou c’est vraiment du copier/coller des morceaux studio ?

Bien sûr, beaucoup plus sur ces derniers lives d’ailleurs. Parce que, après les lives de convergence on a remarqué ce que c’était vraiment. Avant, on faisait beaucoup de copier/coller : c’était une succession de titres de l’album. Sur super8, chaque morceau a sa version live et donc, on se laisse une partie d’expression purement musicale qui laisse place à l’improvisation, on découvre à chaque fois en même temps que le public, c’est intéressant aussi pour nous.

Après, on improvise plus quand on répète que lorsqu’il y a 10000 personnes devant nous on vous l’avoue.

Si vous deviez jouer votre musique dans un endroit dans le monde, lequel serait-ce ?

Il y a pleins pleins d’endroits. Mais, le problème c’est que l’exercice du DJ c’est compliqué : on aime le faire en boite pas trop en festival. Mais on aimerait que le live s’exporte bien sûr mais c’est un coût. Il y a deux ans on était programmé au Canada, et à cause d’une grève d’Air-France on est resté bloqué à Toulouse. Mais, on aimerait défendre le live partout dans le monde même si on aime le DJ set.

Ça fait 9 ans que vous existez, avant vous faisiez déjà des DJ set ?

Alex : Oui, mon père m’a initié à la musique électronique, j’ai eu mes premières platines à 13/14ans, je mixais pour l’anniversaire de mon père. J’en rigole mais ça m’a beaucoup aidé. Je faisais aussi un peu de composition, puis Paul, avec qui j’étais déjà ami, était animateur radio et ça a été un grand échange quand il passait mes sons à la radio. On ne se voyait que de temps en temps mais il n’y avait qu’ensemble qu’on pouvait faire de la musique.  Arrivés à Paris, on a lâché le boulot et on a commencé à travailler sur le projet Synapson.

Le Printemps de Bourges est-il important pour vous ?

C’est important parce que c’est le premier qui ouvre la saison des festivals, c’est un pied à l’étrier. Mais on a eu quelques répétitions avant : on vous le cache pas, on n’arrive pas à Bourges comme ça.

Puis, c’est important pour les rendez-vous professionnels : beaucoup de presse, de promoteur.

C’est aussi celui ou on a plus de pression : c’est le premier, c’est toujours de la pression.

Mais il n’y en a pas un plus important que les autres, on prend autant de plaisir ici qu’à Garorck, Musilac… on est toujours soucieux de donner le meilleur de nous-même.

Les gens nous connaissent de plus en plus mais avant on était prêt à payer pour que qu’on nous écoute donc on est toujours soucieux de donner le meilleur de nous, on a travaillé dur et on a toujours la boule au ventre que ce soit devant 80 ou 10000 personnes.

Avez-vous des artistes dont vous êtes fans ?

On est fan et on aimerait travailler avec Ibeyi.

Sinon on écoute de tout, on se dit « le synthé ici c’est génial » et on est fan de pas mal d’artistes. On aime beaucoup les festivals pour ça. C’est aussi pour cela que nos disques sont super éclectiques même si le fil rouge est la techno.

Eddy de Pretto, Christine and the Queen, ont-ils grâce à vos yeux ?  

Paul : Christine and the Queen, j’adore la production c’est vraiment cool. Eddy de Pretto, ça nous parle moins mais je reconnais son talent. Je ne vois pas trop ce qu’on pourrait lui apporter. Mais je ne connais pas trop, il faudrait que je m’y intéresse plus.

En ce qui concerne Laurent Garnier qui est aussi au Printemps de Bourges, c’est un artiste de chevet pour vous ?

Que dire ? on pourrait en parler des heures.

Alex :Pour moi c’était un artiste de chevet : c’est un des premiers artistes que j’ai découvert, et j’en suis admiratif. Puis il a un talent monstrueux, c’est un papa pour beaucoup je pense.

 

 

Photo : Julien Vallon

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