N.A.M.E Festival : la métropole lilloise électrisée par ses sons et lumières

Pour sa 14ème édition, le N.A.M.E Festival a débarqué une fois de plus en métropole lilloise du 5 au 7 octobre 2018 dans des lieux emblématiques de la culture, de la Condition Publique de Roubaix aux Grand Sud de Lille, tout en passant par la Gare Saint Sauveur. Des frissons garantis dans ces warehouses alliant musique électronique et clips psychédéliques, le tout animé par des artistes incontournables comme Agoria, parrain des Nuits de la filature, et Ellen Allien, marraine du N.A.M.E depuis sa création.

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Créé par l’association Art Point M en 2005,  le N.A.M.E Festival – Nord Art Musique Électronique – revient une fois de plus dans la Région Haut-de-France, mais également à Amiens, Rennes et Paris, afin de promouvoir les arts électroniques sous toutes ses formes au plus grand nombre. En plus de s’occuper des soirées électroniques, les organisateurs du N.A.M.E se consacrent à la création de nouveaux labels avec le Family NAME et à la programmation d’atelier ludiques pour faire découvrir la musique électro à des centaines de collégiens à Roubaix, sans aucun bénéfice à la clé. C’est l’occasion pour les artistes d’expérimenter et de créer librement dans les nombreuses salles industrielles avec un seul but : favoriser l’échange entre art, patrimoine et mémoire. Ouvert à tous âges, le festival a accueilli cette année des milliers d’amoureux de la musique électronique qui, dansant de nuit comme de jour, ont pu passer une fin de semaine inoubliable.

Vendredi 6 octobre – L’inauguration du festival à la Condition Publique de Roubaix

Pour une deuxième année consécutive, la Condition Publique accueille en son sein la première soirée du festival. Le choix de ce lieu semble évident : initialement fondée pour le conditionnement de laine, de soie et de coton, la Condition Publique est depuis sa réhabilitation en 2004 un environnement de création intensive pour tout genre d’artistes, leur offrant l’opportunité d’expérimenter et d’explorer leurs univers sonores dans ce cadre industriel, épuré.

Fidèle à son rendez-vous lillois, Ellen Allien, l’éclectique berlinoise à la tête du label BPitch control, à qui on doit notamment la découverte de Modeselektor, Apparat ou encore Paul Kalkbrenner, est une fois de plus de retour. En effet, marraine du festival, elle s’y produit à chaque édition et nous fait plonger dans sa palette de sonorités. L’un des points forts du festival s’illustre au cours de son set. Les artistes VJing sont parvenus à créer un univers propre à chaque artiste en créant et manipulant les images en temps réel de manière à les synchroniser avec la musique. Une autre galaxie pour Ellen Allien avec des tableaux à la fois saisissants et perturbants qui ont accompagné sa techno minimale.

On ne peut toutefois parler de la journée de vendredi sans nommer Mano le Tough. Originaire de Dublin mais rapidement adopté par Berlin puis Zürich, Mano parvient à faire l’unanimité depuis ses débuts en 2009, avec des sets maîtrisés. Au style subtil, versatile et avec deux albums à son palmarès, Changing Days en 2013 et Trails en 2015, cet artiste est une voix importante et encore montante de la scène électronique, du moins en France, qui est parvenu à maintenir le dynamisme du public à une heure essentielle, véritable pivot de la soirée.

Samedi 7 octobre – Une soirée acidulée au Grand Sud de Lille

Le lendemain, dès 22h, le festival s’est poursuivi dans une salle de spectacle inédite, “Le Grand Sud”. Beaucoup plus petite que celle de la veille, elle  a tout de même accueilli 1800 ravers au total. Au programme, de grands noms de la musique électronique tels que la reine de la techno industrielle, Paula Temple, ainsi que Agents of Time et Mind Against. D’autres artistes encore peu connus labellisés par le Family NAME étaient également présents, tels que Hab qui a eu l’honneur d’inaugurer la soirée avec des sons beaucoup plus doux que ceux des artistes cités précédemment.

Dès 00h30, ce sont les Italiens Andrea Di Ceglie, Fedele Ladisa et Luigi Tutolo, regroupés sous le nom de Agents Of Time, qui reprennent le flambeau pour leur live futuriste. Véritable référence techno depuis 2013, comme en témoigne la signature de leurs productions depuis 2015 sur le label Correspondant de Jennifer Cardini ou sur Ellum de Maceo Plex, ce trio a su galvaniser la scène avec des sons lunaires et énergisant. Dans la même lignée, les deux frères italiens installés à Berlin et amis de Tale Of Us, Mind Against, ont enchaîné sur un set s’apparentant à de l’IDM (Intelligent Dance Music), un genre de musique techno cérébral et pluriel.

La soirée s’est finalement clôturée avec les deux heures de set de Paula Temple, l’une des plus connue en matière de musique techno. Cette britannique résidant en Allemagne s’est spécialisée depuis plus de quinze ans dans la production de musique industrielle et a monté en 2012 son propre label, Noise Manifesto. Avec une musique puissante et rythmant contre notre gré les battements du coeur, qu’elle meut parfaitement à sa guise, de formidables transitions viennent nous  transporter dans un monde parallèle. En prime, voici le tout dernier morceau de cette incroyable soirée, soit, un véritable coup de coeur :

Dimanche 8 octobre – Retour à la Condition Publique sous la lumière… du jour

La journée du dimanche a commencé plus lentement dès 14h avec un effort de BLAC pour emmener avec lui les quelques braves, présents à une heure qui pour eux relevait bien plus de l’after de samedi. Un horaire qui n’a pas permis à l’artiste de nous faire voyager dans son univers aux sonorités et influences multiples. Mais nous aurons pour autant l’occasion de redécouvrir cet artiste inclassable sur le label Family NAME dans les mois à venir.

Bien que tous les artistes programmés en ce dernier jour de festival aient eu le mérite de faire onduler une foule peu nombreuse, essoufflée par le rythme de la veille, c’est Tale Of Us, duo d’origine italienne, qui a opéré un véritable coup de force. Carmine Conte, dit Karm, et Matteo Milleri ont relevé le pari de nous emmener avec eux au cours d’un voyage poétique et émotionnel. Un vrai conte électronique s’est alors ouvert, mêlant sonorités envoûtantes et images fascinantes, proposant de réelles scènes de beauté guidant les spectateurs. C’est en cela que tient la réussite du duo : la rencontre entre des sonorités éthérées et un fil directeur visuel, racontant ainsi une histoire à travers le set et parvenant à captiver la salle toute entière.

On retrouvera prochainement Les Nuits Electriques (début décembre) pour tous les néophytes de la musique électronique qui ont pu se découvrir grâce au N.A.M.E.

Sonia Michigan & Yulia Sakun

Image à la Une : Name Festival

Image 1 : Yulia Sakun

 

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