MNNQNS – révélation rock

A l’occasion de leur concert à l’antre de phoenix lors du Festvial Off Off Off, nous avons rencontré le groupe MNNQNS, l’un des principaux groupes français qui sera à suivre en 2019. Nous sommes en présence d’Adrian le chanteur guitariste, et Grégoire le batteur.

Commençons par une petite présentation ?

ADRIAN : Salut, nous sommes le groupe Mannequins, cela s’écrit MNNQNS, on vient de Rouen et on fait du post punk. Nous sommes 4 : Grégoire à la batterie, Félix à la basse Marc à la guitare, et moi au chant et à la guitare. J’ai formé ce groupe après avoir passé du temps en Angleterre lors de mes études de musicologie. Là-bas j’ai vu plein de supers groupes, c’était la folie, je passais mon temps à aller à des concerts et ça m’a rendu fou. J’ai donc naturellement eu l’envie de faire mon propre projet, et j’ai commencé à écrire des morceaux là-bas.

Pourquoi ce nom ?

GREGOIRE : On s’appelle Mannequins, sans les voyelles pour faciliter notre référencement sur internet. C’est parce qu’on est hyper beaux comme des mannequins, donc on à décidé de s’appeler comme ça (rires).

 Comment se passe le processus de création de vos morceaux ?

ADRIAN : Le plupart du temps c’est moi qui écrit les morceaux, je vais faire une ébauche très pop généralement. Ensuite je l’emmène en répète où on va complètement saloper le morceau d’origine, les gars amènent plein d’idées, on change les structures, les intentions, on créé des sons un peu chelous. Après il y a aussi parfois des ébauches qui sont amenées par les autres gars, et moi j’ajoute le côté pop, c’est le cheminement inverse. Du coup ça donne quelque chose à la fois très pop et très brut, parfois post punk avec des passage noise, le tout très mélodique. C’est moi qui ait écrit tous les textes.

Tu as des thèmes particuliers que tu préfères aborder ?

ADRIAN : Des choses très simples de la vie. Des trucs pas très complexes, mais je les camoufle sous des couches de mots un peu chelous. Je prends des concepts très simples comme être venère ou être amoureux et j’en fais des choses plus étranges que l’idée de base. C’est la façon de dire les choses qui va être importante, plus que le contenu en lui-même, même si le contenu reste la base du texte. C’est souvent ça dans la pop, c’est des choses simples qui sont rendues belles, intéressantes ou étranges parce qu’il y a une façon de modeler le langage, avec du descriptif, du narratif, et plein d’autres trucs qui finissent en « tif »

GREGOIRE : Comme les noms de coiffeurs (rires).

Dans votre chanson “bored in this town” (traduction : Ennuyé dans cette ville), parlez-vous d’une ville en particulier ?

GREGOIRE : Ouais c’est notre ville, c’est Rouen.

Vous êtes les lauréats du tremplin Ricard S.A Live 2018, qu’est-ce que ça vous a apporté ?

GREGOIRE : Alors déjà on est devenus intermittents du spectacle. On s’est surtout fait énormément de contacts de personnes du monde de la musique. Cela a accéléré et concrétisé les choses. Maintenant on est entourés d’une super équipe, avec qui ça se passe très bien humainement et qui font un super boulot. Après la récompense était aussi une tournée, et ça c’était que du bonus.

Vous avez une maison de disque ? un tourneur ?

GREGOIRE : Ouais on est chez alias production pour les dates. Et aussi chez coda, c’est un truc anglais. Après notre label c’est Fat Cat Record, c’est anglais, ça vient de Brighton. On a un manager, un attaché de presse… et tous ces trucs-là se sont concrétisé avec le Ricard S.A Live.

 Vous avez aujourd’hui deux EP « Capital » et « Advertisement ». Ils sont sortis sous votre label ?

GREGOIRE : Alors pour l’instant ils sont hors Label. Le premier est totalement autoproduit, et le second est sorti via le tremplin Ricard qui a fait office de Label. Mais sur le papier c’est autoproduit. Par contre l’album à venir sera sous notre label Fat Cat.

Quelle est la date de sortie de votre album ?

GREGOIRE : C’est pour le printemps 2019, a priori avril ou mai.

MNNQNS a fait la première partie de Franz Ferdinand. Comment l’avez-vous vécu et qu’est-ce que ça vous a apporté ?

ADRIAN : Ça c’était super cool ouais, une super expérience.

GREGOIRE : Déjà c’était au Zénith, c’était la première et seule fois qu’on y a joué. On a pu discuter avec eux, surtout avec Alex le chanteur. On parlait du son, des stratégies autour des sorties d’albums, ils nous ont donné plein de conseils pour la longévité du groupe… Mais le vrai truc qui s’est passé c’est que leur manager a ultra kiffé ce qu’on a fait, et il a contacté un tourneur anglais en lui disant « signes les avant qu’ils signent autre part ! », donc on a chopé un gros tourneur anglais et en février on va pas mal jouer en Angleterre. Donc maintenant au niveau des dates on est couverts dans le monde entier, sauf les Etats Unis. Donc on est susceptibles de jouer partout.

Vous avez déjà fait quelques dates en Angleterre, comment ça s’est passé ?

GREGOIRE : A chaque fois c’était super bien. C’est quand même une autre culture, une autre approche des concerts. Genre là-bas à 17h, tous les pères de familles, les mères de familles, les célibataires, les jeunes vont tous boire une bière dans un bar, donc tout le monde va voir les concerts, peu importe le style il y aura forcément du monde. C’est différent de la France où les gens peuvent être de passage, venir voir un concert, partir, revenir… En Angleterre tout le monde vient, c’est blindé, ils écoutent, c’est une réelle activité d’aller voir le concert, c’est le centre de la soirée et non un complément.

ADRIAN : A chaque fois on a eu des retours supers, notre musique a carrément plu là-bas. L’autre truc assez chouette en Angleterre c’est que la plupart des pubs ont du matos de musique, une batterie, des amplis… donc ça facilite vachement le truc des groupes qui se pointent et qui ont juste à jouer, c’est plus évident là-bas qu’en France.

GREGOIRE : Le seul truc négatif c’est que les conditions sont un peu moins bonnes, tu n’as pas forcément à manger, et le cachet qu’ils te donnent est généralement assez faible.

Vous étiez au Mama festival cette semaine (le 17 octobre), c’était comment ?

ADRIAN : C’était mortel. On a rencontré plein de monde. On a fait un show case dans l’aprem et le vrai concert le soir. Un petit show case de 15 minutes où on a eu le temps de faire péter le limiteur de décibels, et le concert c’était ultra cool, c’était blindé de chez blindé dans la salle du Backstage O’sullivan.

Vous êtes actuellement en tournée d’automne jusqu’à décembre, ça se passe bien ?

GREGOIRE : Ouais c’est super cool. C’est notre vie maintenant donc heureusement que ça se passe bien (rires). C’est un peu comme une virée entre potes qui dure très longtemps.

Vous en êtes à un stade où vous faites des festivals, des salles et des bars, comment abordez-vous ces différents lieux ?

GREGOIRE : Alors en réalité on ne fait plus trop de bars comme ce soir. Les festivals c’est génial t’as beaucoup de place pour t’exprimer, on a fait des grosses scènes comme le rock en seine, Garorock ou les Francofolies… Là on en est à un stade où on fait surtout des clubs, des salles… Mais on faisait beaucoup de bars avant. Et forcément le confort est plus gros dans les salles.

ADRIAN : Mais revenir dans les bars ça nous fait kiffer quand même, on renoue un peu avec nos débuts, c’était super cool ce soir et c’est la première fois qu’on venait dans le coin.

Vous avez des clips disponibles sur internet, qui est-ce qui les réalise ?

GREGOIRE : C’est Florent Dubois notre ancien batteur. Son vrai métier c’est réalisateur. Bosser avec lui s’est fait naturellement, ça se passe super bien.

Votre line up a beaucoup changé, avez-vous trouvé votre formation définitive ?

ADRIAN : Non, là on va virer Felix parce qu’il boit pas et il a pas le permis donc ça sert à rien ! (Rires) Non plus sérieusement je ne pense pas que ça bouge. Il y a un truc intéressant avec cette formation.

GREGOIRE : Ce ne serait pas logique que ça bouge maintenant, il y a plein de trucs à dire, on va sortir l’album, c’est un truc qui va être accueilli notamment au niveau de la presse. Donc vis-à-vis de tout ça, tu ne peux pas changer un line up comme ça. Sauf exception avec un gars qui décide de changer de vie par exemple, mais sinon je pense que ça ne bougera plus.

ADRIAN : J’ai mis beaucoup de temps à trouver un line up dont je sois satisfait, et avec qui ça se passe bien humainement. Il y a beaucoup de facteurs en fait. Le facteur humain, les disponibilités, les motivations… c’est plus simple maintenant qu’on en vit. J’ai formé mannequins en 2013, et il y a eu quelque chose comme 12 membre différents. J’ai mis suffisamment de temps à trouver les bonnes personnes et je suis très content que cette formation se consolide comme ça.

Des projets à venir ?

GREGOIRE : Déjà on va sortir l’album, et notre calendrier de dates va être très fourni. Là on a déjà des dates jusqu’en juillet, c’est assez épars géographiquement. En janvier on va aux pays bas. Il y a des trucs assez cool qui se préparent, a priori on va faire pas mal de festival cet été, dont de très gros trucs, mais on ne peut pas en dire plus pour l’instant.

Affaire à suivre donc… Et des artistes à surveiller de près !

 

Par Matthis Chapotot

Crédits Photo : Rock en Seine par ©Phillipe Mazzoni

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