Portrait de Gaël Faure, un rêveur qui s’efforce de rester humain

Rencontré à l’occasion des Nuits de Champagne le 26 octobre dernier, Gaël Faure a échangé avec nous sur ce qui le touchait profondément. Développement durable, aide à autrui, rapport à la terre, manquements de la société… On a pris beaucoup de plaisir à entrer dans le monde de cet artiste très observateur, pour qui l’humanisme reste une […]

Rencontré à l’occasion des Nuits de Champagne le 26 octobre dernier, Gaël Faure a échangé avec nous sur ce qui le touchait profondément. Développement durable, aide à autrui, rapport à la Terre, manquements de la société… On a pris beaucoup de plaisir à entrer dans le monde de cet artiste très observateur, pour qui l’humanisme reste une des priorités de notre société contemporaine. Cet échange, plutôt conséquent, n’est que l’allégorie d’un artiste qui en a dire et qui livre avec amour ce qui pèse sur son coeur. Entre réalisme et rêverie, retour sur cet artiste qui nous interroge et nous invite dans ses réflexions les plus profondes.

Salut Gaël ! On sait que ton dernier album s’appelle Regain et que ce mot a deux sens : un premier sens très terre à terre, l’autre un peu moins puisqu’il fait du mot regain l’allégorie d’un retour en force. Est-ce que ce mot t’es apparu comme une évidence ou ce choix s’est-il plutôt fait à mesure que l’album évoluait ?

Pour tout avouer, on a d’abord hésité avec un autre mot, fulgurant. Quelque chose de fulgurant, c’est très beau, mais on s’est vite rendu compte que ce n’était pas adapté à l’album puisque ça reste quelque chose de très éphémère, qui s’estompe avec le temps. Je voulais un mot qui ait son sens, qui pouvait résumer l’album. Par le plus grand des hasards, je suis tombé sur Regain de Jean Giono, qui m’a donné l’idée de ce nom d’album. (ndlr : le livre se termine par « il faudra que je parle de celui-là qui était tout seul au fond du plateau et (…) a fait revivre toute sa terre, et qu’une herbe nouvelle a poussé et qu’on a pu faucher le regain. » ; ce qui semble parfaitement approprié à l’image cet album) Qui plus est, j’ai découvert que l’anagramme de regain était graine, raison de plus pour choisir ce mot puisque la graine et la terre sont étroitement liées, et que j’avais souhaité donner à mon oeuvre un côté humain, très proche de la terre, avec des thématiques universelles. Il fallait aussi que ce ne soit pas trop lourd et pour le coup, regain est un mot presque chantant, plutôt joli, léger et surtout : il est intemporel. Ça me faisait aussi penser à rengaine, au refrain également. C’est un peu une renaissance.

Ereinté semble se distinguer du reste de l’album, par ses paroles mais aussi par un rythme plus soutenu, est-ce que l’épuisement auquel tu fais référence est celui que tu as ressenti pendant la création de l’album ?

Oui, c’est vrai qu’elle change un peu des autres morceaux, elle a une énergie différente, mais je pense qu’elle a sa place dans l’album car elle est plus rentre-dedans et qu’elle évoque une souffrance qu’on connait tous. Au début, je n’avais pas pensé à la réaliser de cette façon, c’est lors d’une discussion avec mon producteur que l’on s’est dit qu’il fallait qu’on la rende plus puissante, un peu comme si elle assenait des coups. La batterie est très présente dans le morceau, et on a voulu tenter quelque chose d’autre, toujours avec un refrain qui s’envole un peu et qui nous éloigne de cette presque violence des couplets. Je trouve que c’est un rythme répétitif qui rappelle un peu le travail à la chaîne de l’usine aussi.

Une des nouveautés de l’album, c’est que cette fois tu t’es pris au jeu d’écrire toi-même certains titres, c’est ça ? Et tu as tout de même continué de collaborer avec d’autres artistes pour la composition dont Piers Facini et Tété ?

J’ai écrit une bonne partie de l’album en continuant toujours de composer l’intégralité de mes morceaux. Il est vrai que parfois j’aime bien m’entourer d’autres personnes car c’est important de savoir admettre qu’on ne peut pas tout faire seul et qu’on est plus fort à plusieurs, je trouve que c’est beau aussi la collaboration entre artistes, même si ça prend beaucoup plus de temps. En effet, pour les deux chansons en anglais, c’est Piers Facini, artiste italien et anglais qui les a écrites pour moi. Si ce n’est pas moi qui les ai écrites, les thématiques demeurent toujours les miennes. Écrire à 4 mains, c’est super particulier, c’est presque une aventure un peu trépidante. Tout seul on aurait peut-être rien fait, alors qu’à plusieurs, on fait mieux. Ça donne un certain recul aussi car l’autre a toujours un regard plus critique.

Le clip de Courbes et Lacets

En ayant écrit certains titres de l’album, on ne peut que deviner ton appétence pour l’écriture puisqu’on retrouve dans Regain figures de style, rimes : des lyrics se rapprochant à s’y méprendre à de la poésie…

Je pense que mon attrait pour l’écriture vient d’abord d’un amour pour les sonorités : j’aime que les mots sonnent bien. Ensuite, c’est aussi et surtout un goût pour les images. Les mots me parlent quelquefois et ils tombent sur le papier, c’est pas vraiment volontaire. Je prends plaisir à m’en amuser : j’enlève des mots, des verbes, je les déplace, je les remets ; c’est un jeu sans fin qui me permet toutes les variations imaginables. Il y a aussi la liberté que l’on ressent en écrivant,  car finalement les mots on n’en fait tous un peu ce que l’on veut. Parfois ça marche, d’autres fois un peu moins. C’est aussi étonnant de voir qu’on peut parfois passer des heures sur le même texte sans que rien ne fonctionne alors que certains seront écrits en une après-midi.

Tu parlais des images tout à l’heure et du fait que c’était important pour écrire, comment tu verrais le paysage de cet album regain ?

D’abord, ce serait vraiment l’image de cette terre extrêmement aride, tellement qu’elle se craquèlerait (ce sera d’ailleurs une image que l’on retrouvera sur la réédition de l’album), c’est une terre extrêmement riche, un peu à l’image d’un tableau de Monet, une terre qui a à offrir. Je garde l’idée d’un tableau dans lequel on se sent bien, dans lequel on aurait envie de rentrer. Et sur cette deuxième image, ce serait coloré, en mouvement, un endroit où il fait bon de s’aimer.

Tu accordes d’ailleurs beaucoup d’importance à l’amour, pourquoi est-ce si important de représenter l’amour en musique ?

Je suis quelqu’un d’émerveillé et d’hypersensible, ça fait de moi un homme très touché par les gens, par la consommation et par toutes ces choses qui polluent notre planète. J’aime que les choses me poussent et qu’elles me submergent. Du coup, les émotions chez moi sont souvent très fortes. Et c’est ça que j’aime chanter : j’aime dire que j’aime les gens, que j’aime la nature, que j’aime la spiritualité. En étant très sensible, je t’avouerais même que j’ai du mal à ne pas toucher les choses. Les textures, les reliefs, dans l’écorce des choses…

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Eh bien justement, Regain reprend majoritairement ce thème des formes, des courbes, du toucher… Notamment dans Courbes et Lacets, Visages Officiels ou Siffler, pourquoi ?

Je ne sais pas vraiment pour tout te dire, c’était plutôt instinctif… Je dirais qu’on a un peu que ça… Fin moi c’est ce qui me plaît, que ce soit chez quelqu’un, c’est beau des formes, des courbes, la texture de la peau, c’est quelque chose dont je ressens le besoin de parler, de voir, de toucher… Et c’est marrant que tu parles de ça car peut-être que c’est une thématique qui me fascine trop… Une fois j’étais dans un petit musée et je touchais les choses autour de moi, et la directrice est venue me voir en me disant « ouh là vous, vous êtes en bonne santé ! », et lorsque je lui ai demandé pourquoi, elle m’a fait remarquer que je touchais un peu à tout, que ça ne la dérangeait pas mais que c’était rare de voir des visiteurs qui comprenaient que « le toucher » était également un sens qui est stimulé quand on découvre des oeuvres d’arts. Je n’aime pas vraiment ce qui est lisse aussi, j’aime bien quand c’est un peu rugueux, que c’est voluptueux…

Alors tu as également deux chansons en anglais dans cet album, il y avait une reprise anglaise dans le précèdent album, est-ce important pour toi de conserver une touche anglophone ?

Chanter en anglais, c’est une expérience totalement différente. L’effet que me procure la langue anglaise, c’est impossible de le retrouver en français. Ce ne sont pas du tout les mêmes sonorités, c’est une autre façon de placer le mot dans la bouche, c’est une manière différente de chanter et c’est une langue qui sonne très bien en musique on le sait… En revanche, j’ai voulu que quelqu’un d’autre écrive ces deux titres en anglais, j’ai donc demandé à Piers Facini, c’est un très bel auteur, anglais et italien. Je trouve que ses oeuvres sont très proches de Léonard Cohen ou Bob Dylan… Et lorsque j’ai vu son travail, j’ai tout de suite accroché. Pour la chanson Only Wolves, je voulais que l’expérience musicale soit quelque peu transcendante, je voulais qu’on puisse s’y perdre et se laisser aller, et pour moi, ça, c’était concevable uniquement en anglais.

Il y a deux autres thèmes qui surplombe cet album, d’abord celui de l’évasion…

Pour moi, la musique est un moyen privilégié de s’évader, les gens eux-mêmes peuvent voyager avec moi et parfois, ils sont d’ailleurs en vacances… J’ai l’impression que le concert, et le moment d’écoute de l’album, c’est un moment de liberté, un endroit où on peut dire plus de choses, j’aime bien partir c’est vrai… Et je ne le fais pas exprès !

Le live d’Ereinté

Est-ce que cette création de l’album n’aurait pas été carrément libératrice pour toi ? Avec Ereinté et Siffler, tu mets des mots sur les maux de la vie, est-ce qu’une fois qu’on a mis des mots sur un poids qui nous pèse, on ne se sentirait pas plus libres ?

C’est clairement une thérapie la musique ! Je parle de mon père dans cet album, des gens qui m’entourent, des gens que j’aime et que j’ai aimés ! Parfois, en évoluant, on a beaucoup de pression et de poids sur les épaules et on croule sous les différentes responsabilités. Déjà jeunes on le ressent et je pense que c’était un besoin d’en parler et d’exacerber un peu ce poids afin de l’alléger. Ce qui peut paraître très paradoxal mais finalement, dire ce qui peut paraître évident, ça rend naïf et moi j’avais envie de l’être. Ereinté, c’est le mal que ressent mon père, et siffler, c’est les gestes répétitifs, ce qu’on t’impose, et je voulais parler de ce qu’on nous inflige et laisser en suspens la question de savoir si ce ne serait pas le moment de reprendre notre vie en main ?

Pour en revenir à l’évasion, justement avec ce poids de la vie, et des responsabilités t’est-il déjà arrivé de ressentir le besoin de t’éloigner de la musique ?

Bien sûr ! Souvent même ! Quand tu fais quelque chose, que tu y mets toute ton âme et toute ton honnêteté, c’est très fatigant car on donne beaucoup de soi-même… Et c’est vrai qu’il faut parfois s’éloigner car des fois on a peur de ne plus être soi-même. Le dosage c’est super important, dans la vie, dans l’amour, avec sa famille et d’autant plus avec la musique : il faut faire attention et équilibrer les choses. Moi j’ai besoin d’aller voir ailleurs, de continuer de découvrir, d’aller respirer fort plus loin et de m’offrir des temps où la musique n’est plus la priorité. J’ai besoin de ne pas toujours avoir ma guitare avec moi, je pense même que c’est un éloignement qui rapproche…

Ce qui est étonnant, c’est que l’album paraît être moins personnel, mais subjectivement, j’ai l’impression que tu t’es énormément livré ?

Ah oui là-dessus, ça ne fait aucun doute, tous les sujets sont ceux qui m’émeuvent. Je pense pas que je puisse me livrer davantage, notamment avec le titre Caractère.

Se livrer c’est bien, mais sur scène comment on fait quand on en dit autant sur soi-même à des inconnus ?

C’est un peu la vie de tout le monde que je raconte donc pas vraiment… Je pense que les thématiques que j’ai choisies pour cet album permettent qu’on puisse partager ces sujets là, le public et moi. Si on prend l’amour par exemple, c’est difficile de le faire durer, avec la chanson Traverser l’hiver. Caractère ne parle pas que de moi, mais aussi du mauvais caractère des gens, car on a tous des défauts. Ereinté, ne fait que refléter qu’on s’est tous déjà sentit noyés sous les responsabilités…

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Mais du coup, tu conçois la musique comme une thérapie presque égoïste ou c’est surtout un moment de partage d’émotions ?

J’ai commencé pour moi, mais je me rends compte que finalement je ne suis pas tout seul dans mes doutes. Les gens peuvent se reconnaître souvent et c’est aussi le but de la musique. C’est un peu comme le bonheur, ça se partage…

J’ai l’impression qu’avec cet album, il y a aussi une volonté de donner tout ce que tu as, les textes sont extrêmement travaillés, tu t’es entouré d’artistes talentueux, la voix et les notes sont impeccables… En dehors du fait que ça a dû te demander des efforts considérables, ne serais-tu pas un peu perfectionniste ?

Je crois que la perfection, ça fait chier les gens (rires). La preuve, l’album reste super intimiste malgré le travail que tu mentionnes… Mais ça touche des gens, ça leur parle, donc au final, peut-être est-ce là l’essentiel. J’avais envie de faire un beau travail, pour moi. Mais j’avais aussi l’opportunité de travailler avec des gens compétents, donc je l’ai saisie. Oui, finalement, plus on a l’occasion d’aller dans des meilleurs performances, plus on veut continuer de s’améliorer et c’est un peu une course effrénée vers la perfection. Après, ce qui est beau pour moi ne le sera pas aux yeux de tous, j’en suis conscient. J’ai mis mon coeur dans cet album et je pense qu’il peut bien vieillir. C’est ça que je recherchais aussi. Sur scène en revanche, je cherche à être plus spontané, à ne pas faire attention aux fausse notes et je me dis que s’il y en a ça rend juste la performance authentique et c’est un côté que j’apprécie. C’est cool les failles et que ce soit vivant. Il faut aussi mettre de l’émotion. C’est ce que Gainsbourg faisait avec sa musique dans les mots et c’est si beau qu’on ne peut avoir qu’envie de l’imiter.

Le clip de La Saison se rapproche du court-métrage, avec une histoire…

Là c’était un peu la volonté de faire un clip d’anticipation, réel mais aussi futuriste dans le sens où on a tenté d’imaginer ce qui pourrait se passer si on continuait dans cette direction. On s’est lié aux utopies et le manque d’eau c’est un problème qui ne nous touche pas nous, mais qui touche tellement d’autres peuples.

Un live de la chanson Only Wolves

Comment as-tu été sensibilisé au peuple Tamang, qui vit au Népal ?

Je suis tombé à tout hasard sur un reportage, où j’ai découvert que l’eau qui pour nous une évidence, est un problème majeur dans d’autres régions. Ça en réalité, on le sait tous, mais de le voir en images, ça m’a troublé et j’ai trouvé ça merveilleux de voir cette civilisation si éloignée de la nôtre, qui a trouvé un mode de vie à des années lumières du nôtre.

Est-ce que tu prévois davantage de continuer d’agir pour les causes qui te tiennent à coeur ?

Je ne fais plus que ça et ça m’est apparu comme une évidence, faire de la musique c’est bien mais si je peux aider un peu, pourquoi ne le ferais-je pas ? La chanson Colibri reprend également cette idée, j’ai envie de faire le mieux et de me tourner vers les autres maintenant.

Depuis le début de l’interview, tu restes assez optimiste et ce deuxième thème que j’évoquais tout à l’heure comme très présent dans l’album, c’est celui du rêve, et pourtant, tu as fait partie de ceux qui ont partagé l’article de Sylvain Tesson sur France Inter il y a quelques jours… 

On peut rêver et avoir des désillusions. C’est la réalité ce qu’il a écrit et des fois il faut avoir le courage de l’affronter. Je le partage car je pense que c’est un article qui peut réveiller les gens mais de l’autre côté je pense qu’avec un tel état d’esprit au quotidien, on aurait tous le moral dans les chaussettes…

Tu es de quel côté finalement, de celui du réel ou de celui du rêve ?

Je suis pessimiste quand je vois les priorités des gens et j’ai l’impression que les gens n’ont pas envie de se réveiller… Les gens ne vont pas dans le bon sens mais ça ne doit pas nous empêcher de rêver qu’un jour on puisse trouver une solution. Les solutions sont déjà là en plus, mais rêver qu’un jour on puisse embrasser ces solutions.

Tu es parti au Québec défendre ton album, puis au Maroc, qu’est-ce que tu remarques comme différences entre les scènes à l’étranger et jouer en France ?

Le fait d’être confronté à des modes de vie et des cultures différentes, ça fait que le public n’est pas du tout ouvert de la même façon, il ne ressent pas les mêmes émotions à l’écoute des morceaux. J’ai ressenti plus d’enthousiasme exprimé de la part du public étranger, un regard plus intense. Les français sont un peu plus fatigués et peu plus éteints dans le public. Tu sens qu’en France souvent, les gens ne sortent pas vraiment d’eux-mêmes, ils gardent souvent les émotions en eux, ils ont même parfois honte de ressentir. Et puis tu as des pays comme le Maroc où les gens sont plus terre à terre comme au Québec.

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Quels sont tes futurs projets ?

J’ai ma tournée qui va continuer. Mais tu sais, on est toujours dans la projection j’ai remarqué, on pense jamais au présent mais toujours à la suite. Ce qui fait que notre organisation est super bancale car on a tellement pensé au futur que le présent perd tout son charme. Moi je veux vivre l’instant, de prendre le temps, de respirer… Je vais forcément faire de nouvelles chansons, continuer à rencontrer des personnes, avoir de nouvelles désillusions, de nouvelles joies… Qui sait, je ferai un changement radical peut-être ? Je ne sais pas. Du moins pas encore. Et j’aime bien être dans l’ignorance pour une fois. J’ai pas trop envie d’y réfléchir.

Tu peux parler un peu du mouvement Colibri ?

Yesss, carrément c’est important pour moi, je suis un peu à l’origine de ce festival du Chant des Colibris, et ça résume tout l’album, puisque ce mouvement oeuvre pour des choses concrètes, réelles et qui sont nécessaires. Je suis emballé par ce festival et j’aimerais qu’il prenne 1000 fois plus d’ampleur. Le chant des colibris, ce qui est important, c’est de voir des solutions locales, de donner de l’énergie pour que les choses changent d’abord à petite échelle. Que les gens n’aient pas peur de se tourner vers ce qu’ils aiment, ce qui les nourrira eux, nourrira les autres dans un sens. Le Chant des Colibris, c’est aussi élargir le champ des possibles. Le mode de pensée du mouvement est important. Mais ça aurait pu être n’importe quel autre mouvement. Le film Demain par exemple, montre le beau de l’écologie et le fait qu’on puisse même faire de l’écologie un système économique rentable, l’écolomie.

Toute cette interview finalement nous ramène à cette dernière question : on te voit toujours seul dans tes clips, entouré par la nature, est-ce que ce n’est pas un moyen de montrer que tu te sens un peu »à part » de l’industrie musicale ? Est-ce que ça t’effraie, est-ce que tu souhaite prendre tes distances ?

Il faut mesurer le discours sur cette question car tout n’est pas mauvais dans l’industrie musicale, mais le Chant des Colibris par exemple, ce n’est pas un mouvement qui touche les gens avec qui je travaille ma musique par exemple donc ils ne comprennent pas l’intérêt de la chanson Colibri. La plupart s’en fout pas mal du sens que ma musique a. C’est un système qui peut être parfois écoeurant, et qui est extrêmement solitaire. Je reste malgré tout hyper sociable et j’ai pas mal de proches qui pensent comme moi, donc ça me permet d’évoluer oui, mais ça fait peur de ne pas se sentir forcément compris dans ce qu’on fait. Ça fait peur de voir les dessous de cet univers.

Le Clip de la Saison, qu’on vous conseille grandement

Le mot de la fin ?

Ma mère m’a appris aujourd’hui que là d’où je viens, en Ardèche, il n’y aura bientôt plus de châtaigniers… Le changement climatique fait qu’il fera trop chaud maintenant pour en voir pousser. C’est « marrant » parce qu’ils annoncent de la neige là-bas la semaine prochaine alors que récemment il y faisait 28 degrés.

Vous pourrez retrouver Gaël Faure le 3 novembre au Casino de Paris, le 10 novembre en l’honneur du Chant des Colibris à Grenoble, le 11 novembre au Festival French Connexion à Lyon puis le 20 novembre à Porte les Valence. Retrouvez l’ensemble des dates ici : dates Gaël Faure

Et vous pouvez le retrouver ici (facebook), ici (instagram) et ici (spotify).

Puisque ça ne prend qu’une minute, on vous invite tout particulièrement à vous renseigner sur le Chant des Colibris en cliquant juste là !

Par Eléna Pougin

Crédits Photos : Ninon Soulié

3 Comments

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Bravo et merci pour cet article. Je trouve l’interview très bien menée, avec des questions intelligentes et profondes. Les réponses le sont tout autant. Décidément Gaël Faure à vraiment tout pour plaire. Passionnant.

Merci pour ce beau commentaire. Je suis ravie de voir que cette interview vous a plu ! Bonne journée à vous, vous avez embelli la mienne 🙂

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