L’optimisme pour changer le monde

Les scientifiques ont établi une corrélation positive entre l’optimisme et la santé: une personne optimiste est en meilleure santé et moins souvent malade. […] Ces personnes sont aussi mieux protégées contre les risques de dépression et de burn-out[…]. En bref, elles bénéficient d’une meilleure santé mentale.

Changer le monde avec un sourire, et si c’était possible?

Dans une récente étude, la Harvard Business Review a souligné les effets de l’optimisme au travail. Les bénéfices sont, on le sait, nombreux. Pourtant, lorsque l’on voit le culte voué à la souffrance au travail dans le monde latin, il paraît nécessaire de le souligner. Pour cela, il nous faut rappeler que le mot travail vient du latin tripalium, qui n’est rien d’autre qu’un instrument de torture! Autant dire que l’enthousiasme, on connaît.  Or, comme le dit Idriss Aberkane, « tout Homme épanoui est productif mais tout Homme productif n’est pas forcément épanoui ». En effet, les recherches actuelles en neurosciences ont clairement mis en relation épanouissement professionnel et productivité au travail. S’il ne s’agit pas d’optimisme à proprement parler, il reste qu’épanouissement et optimisme sont intrinsèquement liés : une personne optimiste à tendance à être plus épanouie, tout comme une personne épanouie à tendance à être plus optimiste. Et cela n’est pas sans conséquences sur la vie de l’individu, professionnelle comme personnelle.

Le peuple français figure d’ailleurs en tête du classement des pays les plus pessimistes de la planète quant à l’avenir (d’après un sondage de Statista sur 18 000 personnes à travers le monde, seulement 3% des français interrogés pensent que le monde ira mieux dans un avenir proche), malgré une situation  plus confortable en comparaison de celle de certains peuples pourtant biens plus optimistes. Mais rassurez-vous, ce pessimisme a une explication en partie naturelle. Dans l’absolu, nous vivons bien plus de choses positives que de choses négatives. Pourtant, le cerveau a appris à se focaliser sur les éléments négatifs, qui représentaient des menaces pour sa survie. Il y a donc une asymétrie entre l’importance accordée à un élément négatif et l’importance réelle de ce dernier. Heureusement, ce n’est pas irréversible. Nous y reviendrons.

En premier lieu, les scientifiques ont établi une corrélation positive entre l’optimisme et la santé : une personne optimiste est en meilleure santé et moins souvent malade (les mécanismes à l’œuvre sont les même que pour le fameux « effet placebo »). Outre les maladies physiques, ces personnes sont aussi mieux protégées contre les risques de dépression et de burn-out, se remettent plus rapidement d’un épisode de stress, etc… En bref, elles bénéficient d’une meilleure « santé mentale ».  Les personnes optimistes ont également tendance à être plus satisfaites de leur travail, à adopter des comportements plus citoyens, à être plus productif et surtout… à être mieux payés! (et oui, l’optimisme, ça paie!).

En effet, ces personnes font preuve de relativisme et surtout de persévérance. Leur rapport à l’échec est donc différent, dans une société où celui-ci est souvent tabou (en France par exemple, personne ne met sur son CV qu’il a monté une entreprise qui n’a pas marché. Ce n’est pas le cas aux Etats-Unis où l’échec est valorisé, témoignant que l’individu a de l’expérience, qu’il sait ce qu’il ne faut pas faire, et surtout qu’il continue d’avancer). Une personne optimiste surmonte plus facilement les échecs et apprécie davantage le travail qu’elle accomplit. Elle a également une plus grande confiance en elle, elle hésite donc beaucoup moins à prendre des risques, condition sine qua non de l’innovation et de la créativité. En 2007, une étude de Suzanne Segerstrom a d’ailleurs montré que les étudiants optimistes en première année de droit avaient des salaires plus élevés une décennie plus tard. On ne saurait suffisamment le rappeler : l’optimisme est rentable économiquement ! Vous l’aurez donc compris, être optimiste, c’est avoir plus de chances : d’être en bonne santé, d’être plus heureux (ce qui en fin de compte est peut-être le plus important non ?), d’être plus créatif et mieux rémunéré.

Sans rentrer dans l’explication neuroscientifique de ces constats (qui ne sont pas moins passionnants !), vous aurez compris que l’optimisme apporte un certain nombre de ressources (matérielles ou non) dans la vie professionnelle et personnelle d’un individu.

screenshot_20181022-183446.pngIl serait facile de s’arrêter à ces simples constats scientifiques, mais nous souhaitons, à travers cet article, donner à nos lecteurs les clés pour mettre cette philosophie en pratique (oui, même les plus pessimistes d’entre nous). On ne saurait vous cacher que cela nécessite un travail régulier, d’ailleurs certains parlent de « muscle » qui doit être entretenu. Voici donc quelques conseils pour entamer votre mutation et reprogrammer positivement votre cerveau :

1-      Réapprendre à analyser les échecs

L’optimiste pense l’échec comme un fait isolé plutôt que comme une suite logique d’échecs. Vous devrez donc faire preuve de relativisme en gardant en mémoire toutes les choses que vous avez réussies et (il y en a plus que vous ne le croyez !) afin de ne pas baisser les bras et de continuer à avancer.

2-      Profiter des choses les plus simples

Sans doute le plus difficile à appliquer, il s’agit pour un individu de retrouver du plaisir dans les instants les plus simples de la vie : la beauté d’un paysage, un moment partagé avec des personnes qu’on aime, une petite attention particulière inattendue, etc… il y a en réalité beaucoup de choses positives dans notre quotidien, mais que nous occultons, obnubilés par nos soucis qui, il faut se le dire, sont parfois triviaux. Si vous parvenez à voir toutes ces choses positives dans votre quotidien, alors les quelques éléments négatifs feront figure d’exception, et vous serez capable de réellement profiter de l’instant.

3-      Se focaliser sur la réussite à venir

Comme le disait Churchill, « un pessimiste voit l’échec dans chaque opportunité, un optimiste voit une opportunité dans chaque difficulté ». Se croire brave, c’est déjà être brave. Se croire capable, c’est donc déjà une grande avancée pour effectivement en être capable. De la même façon qu’il existe l’impuissance apprise (ce phénomène psychologique consiste  à faire intérioriser à un être vivant qu’il n’est pas capable de faire quelque chose, alors qu’il en est capable. De fait, il n’essaie même pas), il existe le phénomène inverse : la puissance apprise. Dans cette optique, si la personne est convaincue de pouvoir réussir, même le travail le plus dur peut-être réalisé (tout est question de volonté et de persévérance). Il vous faudra donc vous concentré sur ce que vous souhaitez réussir et vous convaincre que c’est à votre portée (et ça l’est !) pour avoir les clés de la réussite entre vos mains.

4-      Adopter  un état d’esprit évolutif

Être optimiste, c’est croire que le cours des choses n’est pas une donnée fixe et immuable, mais qu’il peut au contraire être changé. Pour autant, il faut rester réaliste. On reproche souvent à l’optimiste d’être rêveur, or ce sont deux choses différentes. Le premier pense de manière positive mais aussi de façon réaliste, là où le second est irréaliste. Il ne faut d’ailleurs se contenter que de ce qui est possible de changer à l’échelle individuelle, c’est-à-dire votre façon de penser ou d’agir. Chercher à changer quelque chose sur lequel vous n’avez pas prise, c’est-à-dire qui ne dépend pas de vous, vous décevra assurément puisque vous vous sentirez impuissant. Il vous faudra donc garder en tête les choses que vous pouvez changer vous-même et agir pour le mettre en pratique.

5-      Les « 3 kifs par jour »

Issu de l’ouvrage éponyme de Florence Servan Schreiber, la méthode est simple : à la fin de chaque journée, prenez le temps de revenir mentalement sur « 3 kifs » de votre journée. Ce peut être des choses simples comme une tâche soigneusement accomplie, une attention particulière qui vous a fait plaisir, etc… Vous pouvez également les noter pour pouvoir les relire à la fin de la semaine. De cette façon, vous apprendrez à votre cerveau à repérer les éléments positifs de votre journée, jusqu’à en faire un automatisme.

La liste n’est bien sûr pas exhaustive, et ce serait mentir que de prétendre le changement facile, surtout pour les plus pessimistes d’entre nous. Au final, tout n’est qu’une question de volonté, car c’est l’intensité de votre envie de changement qui vous fournira les ressources nécessaires pour lutter  contre vos habitudes négatives. Avec le temps, ces habitudes seront remplacées par une vision plus positives des choses (c’est en tout cas ce que l’on vous souhaite à tous !).

Il est également important de souligner le caractère contagieux de l’optimisme. S’il ne s’agit en aucun cas de faire du prosélytisme, le contact journalier d’une personne optimiste a des effets positifs sur notre comportement (et cela, on peut tous le constater dans notre vie quotidienne). En agissant sur vous-même, vous avez donc le pouvoir de transmettre votre positivité et, à votre échelle, de changer le monde. Aux détracteurs qui qualifieraient cette pensée de rêveuse ou d’idéaliste, nous leurs répondrions simplement que l’optimiste est avant tout réaliste. N’hésitez pas à partager vos ondes positives et votre sourire (sans oublier notre article) si nous vous avons convaincus !

Si certain(e)s se sont découvert une passion pour l’optimisme à travers les neurosciences, vous pouvez poursuivre les recherches : des conférences ou vidéos sont disponibles gratuitement sur youtube, tout comme certains articles en libre accès sur internet. La rédaction vous recommande l’excellente conférence de Gabin Bellet, formateur et conférencier sur le développement humain.

Par Guillaume Oppin

Images: Captures d’écran issues de la conférence de Gabin Bellet

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