Ysé Sauvage nous offre une multitude de futurs possibles

3 ans après son premier EP Pieces écrit à 16 ans, la talentueuse Ysé Sauvage revient avec un second EP Scenario. nous l’avons rencontrée pour échanger autour de sa musique et de ses ambitions. ZOOM sur cette jeune artiste prometteuse…

Qui est Ysé Sauvage ? Quel est son univers musical ?

Ysé Sauvage, Ysé Sauvage… Eh bien je suis une jeune auteure, compositrice et interprète de musique pop folk. Ysé Sauvage c’est un projet qui a à son actif deux EP, le premier étant sorti en 2015. Disons que le concept de ce projet à l’origine est d’être sur scène en solo, seulement accompagnée d’un looper qui permet d’enregistrer et de faire des couches de sons, ce qui me permet de jouer du violoncelle, du piano, des percussions, de la guitare… Tout ça constitue une sorte de mini orchestre.

6

Ma musique c’est du pop folk, c’est comme ça que je la définirais car on est bien obligé de le faire dans la musique, puisqu’on est assez obsédé par la catégorisation. Mais parfois ma musique est très très folk, ou très pop ou encore très blues jazz puis parfois c’est un mix de tout ça. Mais pour faire simple et que tout le monde soit d’accord : pop-folk, j’aime bien.

Aujourd’hui dans la musique beaucoup d’artistes français chantent en anglais, notamment The DøJeanne Added ou encore NIKI NIKI. Est-ce que ça a été pour toi une évidence de chanter dans cette langue ?

Une évidence, sûrement. J’ai été élevée dans une famille où l’on parlait anglais à la maison. Qui plus est, j’ai fait toutes mes études en bilingue anglophone, je suis partie vivre au Canada assez jeune et c’est d’ailleurs en rentrant que j’ai créé ce projet Ysé Sauvage. L’anglais n’est pas ma langue maternelle, ça reste évidemment le français. Mais l’anglais que je parle autant que le français s’est imposé à moi pour ces textes. Puis l’anglais est une langue que je trouve extrêmement mélodieuse et c’est celle où je me sens le plus à l’aise pour composer car il y a des choses que je ne saurais pas exprimer en français.

3.jpg

Ton premier EP Pieces est sorti en 2015 et ton second est sorti il y a quelques jours à peine, ayant pour nom Scenario. 3 ans entre les deux, qu’est-ce qui s’est passé pendant ces années ? Et comment as-tu abordé ce deuxième projet ?

J’ai sorti mon premier EP  à 16 ans. Après, il a été question de faire beaucoup de concerts puis de commencer à réfléchir à celui d’après, même si je passais mon BAC. Et ça été beaucoup d’écriture puis de dates et je n’avais pas envie de sortir quelque chose dans la précipitation. J’ai enregistré beaucoup de choses entre temps qui ne me plaisaient pas vraiment ou en tout cas pas assez pour que ça sorte. J’ai ensuite rencontré un musicien Louis Chaâl et là ça a tout changé parce qu’on s’est bien entendu et il a compris mon univers. De là, je lui ai demandé de faire de la musique avec moi et il a pu jouer basse et guitare. Ça a été un autre processus de création aussi, qui a été vachement intéressant. Louis a occupé une place d’arrangeur sur certains titres. Je suis assez contente du résultat.

16 ans pour un premier EP, c’est très jeune mais aussi remarquable. Comment as-tu vécu cette arrivée dans l’industrie musicale ? Peux-tu aussi nous parler de comment on aborde l’écriture des textes quand on est aussi jeune ?

Un peu comme la langue anglaise, écrire aussi jeune s’est imposé à moi. C’est allé très vite j’ai été repérée par une scène de musiques actuelles qui m’a accompagnée. Ainsi j’ai pu enregistrer mon EP. Je n’avais pas réellement d’ambition professionnelle dans la musique, il n’y avait pas une grande réflexion donc il n’y avait pas non plus de grands enjeux. D’ailleurs, les enjeux sont venus après lorsque l’EP a été bien reçu, chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout et je ne savais pas trop dans quoi je mettais les pieds. C’est aujourd’hui avec l’EP Scenario que je prend conscience des choses et que mes ambitions sont beaucoup plus claires.

À 16 ans j’ai appréhendé le monde & la musique, avec plein de naïveté. Je le suis sans doute encore mais je crois que c’est une qualité si c’est à petite dose. Il faut être un peu naïf et insouciant pour faire de la musique sinon on change de métier.

1.jpg

Pour ce deuxième EP, il y a déjà un clip celui de Same Old clipé sur les plages de Normandie. Tu peux nous raconter comment s’est passé le tournage ? Et pourquoi la Normandie ?

J’ai tourné en Normandie car j’ai une maison de famille là-bas donc ces plages sont un peu celles de mon enfance. J’avais décidé cet été de tourner un clip, mais je ne savais pas où, ni quand, ni quoi, ni comment. Tout ce que je savais, c’était que je le réaliserais avec ma soeur qui fait beaucoup de vidéos. Puis un jour, on s’est dit qu’on allait faire ça en Normandie avec un piano posé sur la plage. C’était un peu ambitieux car on n’avait qu’une seule journée et au moment de notre inspiration nous n’avions pas non plus de piano. il a fallu en trouver un sur leboncoin puis trouver quelqu’un pour nous aider à le déplacer. Ça a été un grand moment mais on s’est bien marré. Puis dans cette précipitation, on ne savait pas si ça allait ressembler à quelque chose, mais finalement je trouve que ça rend plutôt pas mal, ça se défend.

Ton deuxième EP « Scenario », il nous parle de quoi ?

Déjà, tout est un peu lié par le titre de cet EP « Scenario », qui n’a pas forcément un sens cinématographique. J’ai lu une définition de scénario qui m’a beaucoup plu, qui disait « une multitude de futurs possibles ». Ça m’a fait cogiter pendant des heures, je me suis rendue compte véritablement à quel point tous les choix qu’on fait dans notre vie, aussi minimes soient-ils des fois, dessinent notre vie et à quel point les différents choix que nous faisons peuvent nous offrir une multitude de futurs. C’était un peu ça l’idée de Scenario: je propose 5 titres, mais j’aurais pu les arranger différemment, les écrire autrement mais pourtant j’ai choisi de le faire de cette façon. Un truc figé mais qu’on aurait pu faire différemment. J’aime cette idée qui tourne autour du choix.

Quels sont tes modèles dans la musique ou dans la vie ? Puis à l’avenir, quels sont les artistes avec qui tu souhaiterais collaborer ?

J’ai des inspirations qui se retrouvent dans ma musique comme le folk acoustique avec des interprètes comme Bob Dylan pour n’en citer qu’un puis Norah Jones dans des sonorités plus jazzy. J’écoute aussi beaucoup de pop anglaise et des musiques actuelles : je dois avouer que musicalement parlant, je suis assez ouverte.

2

C’est vrai que jusqu’alors j’ai beaucoup travaillé en solo, par choix mais aussi et surtout car je ne connaissais pas vraiment de monde. Aujourd’hui, cela a changé et si je devais citer un artiste avec qui je souhaiterais « collaborer » je dirais Yaël Naim. J’avais déjà fait sa première partie et j’adore son univers musical, je suis vraiment une grande fan.

Et enfin quels sont tes projets à venir avec ce nouvel EP dans tes bagages ?

L’idée étant de tourner un maximum pour présenter ce deuxième EP. La scène reste ce que je préfère faire, et je pense que c’est un projet à découvrir en live comme pour beaucoup d’artistes. Pour moi, c’est la plus belle partie du métier d’interprète, c’est d’aller sur scène et défendre ce que l’on fait, avoir des retours directs. Je pense que c’est essentiel. Aujourd’hui il y a un rapport très distant entre les interprètes et le public puisque la plupart des musiques s’écoutent sur téléphone, les retours sont très différents même si les messages font plaisir. Ce n’est pas grand chose comparé au contact humain qu’on a à la fin d’un concert où les gens sont à chaud.

Le Facebook de Ysé Sauvage pour être au courant de ses prochaines dates.

Par Ninon Soulié & Eléna Pougin

Crédits Photos Studio: Amélie Grimber

Crédits Photos Live: Maxime Bourstin

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :