Leïla Huissoud – Un petit caillou dans la sphère de la chanson française

À moins d’une semaine de la sortie de son deuxième album, disponible le 9 novembre prochain, Leïla est parvenue à nous trouver du temps. Elle s’était distinguée lors de son passage à The Voice en 2014. Émouvante et drôle à la fois, elle se distingue une fois encore. Une artiste à qui la chanson française promet un bel avenir.

J’ai été bercée dans la chanson française, j’aime beaucoup ça et je voudrais qu’elle reste en vie.

Peux-tu nous présenter ton projet ? 

Je m’appelle Leïla Huissoud. Il y a 4 ans j’ai commencé un petit projet musical sans prétention, à la guitare et à la voix. J’ai été bercée dans la chanson française, j’aime beaucoup ça et je voudrais qu’elle reste en vie, alors j’ai voulu jeter un petit caillou dans cette sphère. J’ai commencé comme ça, et au fur et à mesure du temps et des regards que j’ai croisés j’ai monté une petite équipe autour de moi, et on fait des trucs de mieux en mieux. La prochaine sortie c’est un album qui s’appelle Auguste, qui a été orienté et arrangé dans un stylé plus jazz, avec plusieurs musiciens cette fois, alors que sur scène nous ne sommes que trois.

Tu as commencé avec ta guitare ou par l’écriture des textes ?

J’ai commencé à « écrire » quand j’étais petite. En réalité je suis dyslexique donc je m’enregistrais, parce que j’écris en phonétique et j’arrive rarement à me relire. Je m’enregistrais sur un petit disque et je pense que j’ai un complexe de la langue qui a fait que maintenant j’écris des chansons. Je bégayais aussi et il fallait que je chante alors je me suis mise à la guitare pour m’accompagner. J’avais la chance d’avoir des guitares à la maison donc ce n’était pas bien compliqué.

Il y a des artistes que tu écoutes plus que d’autres et qui influencent ce que tu fais ?

Oui complètement. Il y a Alexis HK qui me berce depuis que je suis toute petite, Éric Toulis, Brassens ou Anne Sylvestre. Puis en commençant à naviguer dans le milieu de la chanson, j’ai écouté des gens plus jeunes, des gens de mon âge, alors j’enchaîne les influences plus classiques.

On s’connaît depuis longtemps

Y a-t-il des états dans lesquels tu préfères être pour écrire ?

J’ai des périodes. En ce moment c’est dans ma Twingo (rires). Je chante dans mon dictaphone depuis ma voiture. Après il y a eu des moments c’était au fond de mon canapé, d’autres où je partais voyager dans des endroits que j’aimais bien. J’ai beaucoup écris dehors, à Strasbourg. Je n’ai pas vraiment de cadre précis, mais il y a des moments où je n’y arrive pas, sans savoir pourquoi.

Parle-nous de ton expérience à The Voice…

Je venais de passer mon bac S, parce que jusque-là on te dit que c’était le mieux à faire, que ça t’ouvre toutes les portes… et suite à ça on ne te dit plus rien. Juste « Qu’est-ce que tu veux faire ? » Alors moi je n’en avais aucune idée, donc je me suis dis que j’allais commencer par voir ce que ça faisait de travailler pour de vrai. Je suis allé à Strasbourg sans vraiment de raison, et j’ai été serveuse dans un café. Et là je me suis dit, vu que je suis dans une ville où je ne connais personne, si je veux le faire un jour c’est maintenant ou jamais, avant de connaître du monde : je vais jouer dans la rue. Alors voilà juste pour voir comment ça fait, je suis allée faire deux accords un peu pitoyables, je suis allée gueuler dans la rue, pour dire que je l’avais fait une fois dans ma vie. Et il se trouve qu’il y avait Luc Arbogast qui sortait de The Voice à l’époque, qui m’a vue jouer et qui m’a proposé de faire ses premières parties. Moi je n’avais que trois chansons. Je suis partie sur la route avec lui et j’ai laissé tomber mon travail de serveuse, mais du coup j’étais un peu dans la merde…

Un jour on a fait une date à Paris, et là il y avait les casteurs de The Voice qui m’ont proposé de participer. J’ai dit oui sans trop savoir où je m’aventurais, j’ai pris une claque parce que c’était un gros truc et je n’avais pas l’habitude, je suis un peu passée dans la cinquième dimension. Suite à ça pendant deux ans j’ai navigué un peu partout en faisant ce qu’on me demandait de faire, j’ai fait plein de trucs et c’était chouette, j’ai rencontré plein de gens que je trouvais bizarres ou moins bizarres. Grâce à ça maintenant j’ai pu monter mon vrai projet avec un public qui aime les mêmes musiques que moi, parce qu’il y a eu un décalage pendant longtemps, après The Voice c’était un public familial avec des enfants, et moi je leur chantais « la bite à Dudule », alors niveau cohérence c’était moyen… Mais maintenant tout va bien, on est remis sur les bons rails !

 J’ai pas besoin de vous dit-elle au médecin

En élevant vers lui son troisième verre de vin

Tandis que les vieillards autour de la pendule

Chantaient à quatre voix « la grosse bite à Dudule »

Extrait de « la vieille »

Peux-tu nous parler de ton premier album ?

Alors on a fait un premier album sortit en mars 2017. On l’a enregistré en live sur 5 dates. J’ai fait ce choix parce que je n’avais jamais fait de studio. J’ai essayé et je me suis dit « oulah je ne sais pas faire du tout… ». Il faut jouer au métronome, il n’y a pas de public… Je n’avais pas d’énergie, c’était super dur. Alors je me suis dit que j’allais apprendre et travailler pour savoir faire ça, mais celui-ci sortirait en live. On a enregistré les souffles et les rires des gens, et ça c’est chouette.

Ton prochain album « Auguste » sort le 9 novembre, y a-t-il un message particulier ?

En tournant notre premier spectacle, je me suis imaginée un peu à quoi j’allais ressembler, j’imaginais quelqu’un de très élégant, un peu à la Dalida, la grande classe… (rires). Et je me suis rendue compte que même en voulant atteindre ça je faisais marrer les gens, à chaque fois que je les regarde dans les yeux je les fais rire, mais je ne sais même pas pourquoi. Donc j’avais l’impression d’être un petit clown sans le faire exprès, c’est pour ça que je l’ai appelé « Auguste ». Cet album a été enregistré avec une quinzaine de musicien. Il parle de trucs assez grave, mais transformés parce que de toute façon je ne sais pas faire pleurer (Rires).

Leïla Huissoud parle de son album Auguste

Qui réalise tes clips ?

Alors quelques clips ont été fait oui, mais ce n’est pas ma partie préférée du travail, tout ce qui est photo/vidéo je suis assez mal à l’aise avec ça. Mais il y a quand même une équipe de vidéo qui nous a fait de super jolies images. Je trouve qu’il y a des boîtes de vidéo qui font de super belles images, mais parfois on perd le fond, il y a beaucoup de clips beaux mais on ne sait pas ce que ça veut dire… Alors moi j’ai voulu faire un clip moche mais qui veut dire quelque chose. Donc on a essayé de changer de boîte de vidéo, pour l’instant c’est un peu un échec (rires). On a retenté des clips, on verra bien quand est-ce que ça sort, mais on essaye de faire ça bien.

As-tu une anecdote de concert à nous raconter ?

Alors on faisait la première partie de Gauvain Sers à Cognac, j’étais avec Kevin Fauchet, mon guitariste et il se trouve que les demoiselles qui nous accueillaient étaient très charmantes. Alors mon guitariste plein d’entrain me dit que « ce soir attention, il va réussir… » (Rires). Et comme à son habitude, il n’ose pas et il passe toute la soirée à discuter en s’emmêlant les pinceaux avec ces jeunes filles. Et en partant je lui dis « Bon Kevin écoute, si t’y vas pas j’y vais ! Si tu lui fais une bise et que tu pars, c’est moi qui lui roule un gros patin ». Alors forcément Kevin s’est complètement dégonflé, il lui a fait une bise et il est parti. Je suis arrivé en demandant à cette jeune fille si je pouvais me permettre de l’embrasser. Elle a accepté, je l’ai fait et là j’ai entendu Kevin hurler de toutes ses forces « Espèce de grosse p*** ! » (Rires). Alors je reprécise que c’était une date à Cognac et que Kevin avait bu du cognac, donc il n’était pas dans son état naturel.

Quels sont tes projets pour 2019 ?

On va essayer de bien faire ce spectacle, sans refaire les mêmes erreurs que sur le premier album. La première fois on est partis tout de suite sur la route à la sortie de l’album, on a fait des grosses dates directement. Là en novembre on va plutôt faire des petites dates, on fait la sortie de l’album en décembre à Lyon, comme ça on aura déjà quelques dates dans les pattes. En février, on ira en résidence pour retravailler tout ce qui ne va pas, ce qui n’a pas fonctionné, ce qui n’a pas fait rire les gens… Comme ça on fait notre sortie d’album en février à Paris, et normalement on sera bons à ce moment-là. On va s’adapter aux retours qu’on à, et bien écouter ce qu’on a à nous dire, car on a envie que cela plaise aux gens.

Retrouvez ici ses prochaines dates de concerts : Concerts de Leïla

Intagram : leilahuissoudofficiel

Par Matthis Chapotot

Crédit photo : ©Geoffrey Saint Joanis

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