Born Idiot – Entre Indie pop et syndrome de Peter Pan

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Nous avons rencontré Born Idiot juste avant leur concert à L’illustré à Troyes , dans le cadre du festival Off Off Off des Nuits de Champagne le 25 octobre 2018. Nous sommes en présence de Tiago (guitariste), Clément (bassiste) et Guilherm (Batteur). Les deux autres membres, Lucas (Chanteur) et Louis (clavier) sont en enregistrement d’une session live acoustique.

Comment est né Born Idiot ?

Un jour il a mis un statut Facebook « Qui veut jouer dans mon groupe de merde ? »

CLEMENT : Born Idiot ça existe depuis 2015, à la base c’est un projet de Lucas (le chanteur).

TIAGO : C’est moi qu’il a rencontré en premier, on était tous les deux dans la même fac à Rennes et on s’est rencontrés en soirée. On s’entendait bien musicalement et on a tous les deux arrêté la fac en même temps. On était tout le temps dans son appart, on buvait des bières, on jouait à Fifa, on fumait des clopes et on a lancé Born Idiot. On jouait juste ensemble pour le kiff au début, et on s’est vite mis en tête de faire un groupe ensemble. Un jour il a mis un statut Facebook « Qui veut jouer dans mon groupe de merde ? », et Louis nous a rejoint comme ça. Petit à petit on a monté une petite équipe, certains qu’on connaissait déjà et d’autres qu’on a rencontré par la suite.

GUILHERM : Moi je suis arrivé en septembre dernier car l’ancien batteur a arrêté la musique.

Pourquoi « Born Idiot » ?

TIAGO : En réalité on n’a pas vraiment cherché de nom, un jour Lucas a dit « Born Idiot » et on a dit « OK ». Ça passait parfaitement parce que c’est un peu un rendez-vous de mecs débiles (rires). C’était évident pour nous de s’appeler comme ça.

CLEMENT : Chacun y trouve un peu sa signification.

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Quelles sont vos influences principales ?

TIAGO : On écoute de tout. Après en influence principale on peut citer les Beatles, et vraiment tout ce qui est musique brésilienne, on aime beaucoup.

GUILHERM : Moi j’écoute de la trap, du métal…

CLEMENT : Pas mal de rock indé des Etats-Unis et d’Angleterre, on est assez ouverts. Tout ce qui est sur le Label Capture Tracks mais on est inspiré par tellement de choses.

Comment vous définissez votre style actuel ?

TIAGO : C’est difficile de se mettre une étiquette mais je dirais Pop Indé.

Parlons maintenant un peu plus de votre musique. Comment se passe le processus de création des morceaux ?

CLEMENT : C’est Lucas qui compose principalement, et on harmonise le truc au mieux pour que ça fasse vraiment une compo’ de groupe et que chacun apporte sa petite touche perso.

TIAGO : Il arrive avec les paroles, les structures rythmiques, les riffs… ensuite on l’arrange tous ensemble en répèt’.

Au niveau de vos instruments, y a-t-il du matériel spécial qui fait le son de Born Idiot ?

TIAGO : Oui carrément. Il y a beaucoup de chorus, beaucoup de fuzz, de grosses disto’ sur certains passages… Il y a aussi des reverb’ et des vibratos qui détune un peu le son. Moi je joue sur une guitare Italia. C’est une marque Italienne, elle est bleue claire et c’est une super gratte. En ampli j’ai un Carlsbro, c’est une marque anglaise des années 1960.

CLEMENT : Mon ampli c’est un Bassman 50, c’est classique mais ça fonctionne très bien et ma basse c’est une Fender Mustang. Lucas joue sur une Fender telecaster avec un twin reverb, et Louis a un orgue et un synthé.

Dans les textes, y a-t-il des thèmes que vous préférez aborder ?

Le syndrome de Peter Pan et la volonté de rester jeunes

TIAGO : À la base c’est surtout l’enfance. Le syndrome de Peter Pan, la volonté de rester jeunes… On est tous dans cette phase de transition entre la jeunesse et l’âge adulte, et on parle beaucoup de ça.

CLEMENT : Maintenant ça a un peu évolué, c’est un peu plus brut mais ça reste toujours autour de la nostalgie.

TIAGO : Je dirais aussi qu’il y a un genre de second degré dans nos paroles, on essaie de beaucoup imager les choses. On fait aussi beaucoup de rapprochements entre la musique et les textes.

Vous avez sorti un premier album ?

C’est assez éprouvant mais c’était une bonne expérience.

TIAGO : Exact. C’était en mars 2017, un 10 titres que l’on a enregistré en indépendant, sans aucun label. Mais on en aura peut-être un bientôt…

CLEMENT : On avait fait un financement participatif. Ça nous a bien aidé, on a aussi eu des subventions de la mairie de Rennes, car sur le budget, on était pas loin des 10 000€ avec le pressage, le mastering, le mixage… mais on a réussi à s’en sortir quand même.

TIAGO : Mine de rien c’est assez compliqué de faire un album en indépendant, c’est beaucoup de travail, c’est assez éprouvant mais c’était une bonne expérience. Honnêtement ça me parait compliqué de le refaire à chaque fois. Là on bosse sur un EP 5 titres mais on ne sait pas trop encore quand on va le sortir, certainement vers le printemps 2019.

Vous êtes actuellement en tournée ?

TIAGO : C’est ça ! Ça se passe super bien et cette année on a fait l’équivalent de 30 dates avec des trucs vraiment stylés.

CLEMENT : L’année dernière on en avait un peu moins, mais on a fait des belles dates quand même. Je pense notamment à une date sur la tournée des Transmusicales de Rennes avec HER.

Etes-vous intermittents du spectacle ?

CLEMENT : Non pas encore, mais on aimerait bien le devenir.

TIAGO : Inch Allah comme on dit ! (rires).

CLEMENT : On travaille avec le tourneur Cold Fame qui est basé à Lyon. On a signé chez eux en septembre 2017. C’est une super structure qui nous aide beaucoup. Ils sont très dynamiques, ils sont jeunes, ils nous accompagnent très bien. On verra jusqu’où ça nous mène.

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Ce mois ci vous étiez au Mama festival, c’était comment ?

TIAGO : C’était vraiment génial. On a rencontré beaucoup de professionnels c’était super cool.

GUILHERM : C’était excellent, nous on a joué au Carmen, c’est un petit club à Pigalle avec des vieilles façades, c’était hyper joli.

CLEMENT : Le lieu était cool et c’était une super soirée. On jouait relativement tôt, vers 19h30, mais c’était déjà complet à 19h (rires).

Vous avez quelques clips qui sont dans un univers assez personnel, qui se charge de ce travail ?

GUILHERM : Dernièrement on a bossé avec un mec qui s’appelle Lucas Martin. Il nous suit depuis un long moment et on est assez fans de ce qu’il fait. Il travaille très bien et c’est un très bon photographe aussi, il fait toutes nos photos de promo du groupe. C’est vraiment notre vidéaste attitré.

TIAGO : Il a une esthétique qui nous plait et qui nous correspond bien, il comprend bien notre délire. Plus ça avance et plus il progresse. On progresse en même temps donc c’est super bien, ça garde la cohérence de l’équipe et l’esprit du groupe.

CLEMENT : On aime bien travaille avec des amis, ils ne sont pas totalement extérieurs au projet donc ils nous comprennent bien.

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Vous avez une anecdote à nous raconter ?

TIAGO : Ouais ! C’était il y a un an, on jouait au Point Éphémère en première partie de FAI BABA et c’était mon anniversaire. On commence le concert, et là il y a un gros larsen dans la salle alors qu’on avait fait des supers balances.

CLEMENT : C’était un truc improbable : un mec avait tapé avec son genou dans l’équaliseur de la façade… L’ingé son s’est vraiment demandé d’où ça partait alors on a un peu galéré sur le premier morceau.

TIAGO : Alors attendez c’est pas tout (rires). Dès que l’ingé son a réussi à résoudre le problème, mon ampli a lâché pour une raison inexplicable. Il y avait quand même un tout petit peu de son qui sortait, du coup on l’a mis carrément à fond pour avoir un volume audible. Mais il y a des moments où ça revenait hyper fort, puis ça baissait, c’était ingérable. Et à un moment le public m’a chanté joyeux anniversaire sur une belle bossa nova que jouait les gars, et on s’est bien marré. Finalement, c’était un bon moment et on a bien géré le truc.

Vos projets pour 2019 ?

GUILHERM : Il y aura donc la sortie de notre EP et on va essayer de tourner un maximum. Pour l’instant en France mais on va tenter de s’exporter.

TIAGO : Notre agence de booking travaille avec des partenaires basés en Belgique, Suisse, Allemagne… alors il y aura éventuellement des possibilités, seul l’avenir nous le dira.

 

Pour ne pas rater leurs prochains concerts : Concerts Born Idiot

Retrouvez Born Idiot sur Instagram : bornidiot

Par Matthis Chapotot

Photos : Ninon Souilié

 

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