Sabrina Spellman de retour dans une série ensorcelante

Déjà en tournage pour une deuxième saison, la nouvelle série Netflix des Nouvelles aventures de Sabrina est parfaite pour un petit marathon automnal sous la couette.

La création de Roberto Aguirre-Sacasa, qui a notamment réalisé Riverdale, également tirée de l’univers Archie comics, nous plonge dans un environnement peuplé de sorcières et autres démons pour une dizaine d’heures.

On y suit les aventures de Sabrina, partagée entre le monde des mortels et sa vie de sorcière à l’approche de son « baptême noir » au cours duquel elle est censée livrer son âme au diable. Fait intéressant, ce n’est pas la première fois qu’elle apparaît à l’écran, puisque la série de comics a déjà été adaptée avec succès dans les années 90 sous le nom de Sabrina, Apprenti sorcière.

Un univers attachant

Bien que la série se déroule dans un décor assez sinistre sur le papier -mortuaire, cimetière, forêt sombre,…-, elle ne manque pas de mettre le spectateur à l’aise avec son esthétique baroque, assez proche de celle de Tim Burton. L’esthétique est froide, pleine de brume et d’obscurité. Cependant, on aurait du mal à ne pas apprécier ce lycée très classieux bien que peu réaliste, ainsi que la maison des tantes de Sabrina qui ne ferait pas tâche au XIXe siècle. La série a également l’intelligence de ne pas s’empêtrer dans des considérations technologiques : l’absence de téléphones et ordinateurs est un exercice rafraîchissant.

Un scénario classique mais bien mené

L’intrigue autour du dilemme auquel Sabrina fait face est prenante et ne manque pas de complots secondaires en tout genre bien ficelés ni de moment de suspens intense. Cela rend le tout parfait pour une séance de binge-watching.

De plus, les thématiques abordées – égalité des genres, harcèlement – ainsi que des petits moments touchants ajoutent un côté assez moderne et contemporain et du relief au scénario. Il aurait été préférable cependant d’accorder un peu plus de profondeur émotionnelle aux personnages (on pense notamment à la relation entre Sabrina et Harvey, son petit ami).

A cela s’ajoute la qualité du jeu des acteurs, en particulier la performance de Kiernan Shipka à la tête du casting, qui après Mad Men se dévoile un peu plus ici. Elle parvient à donner du relief au personnage de Sabrina, qui est assez bien exploité tout au long de l’intrigue. On ne peut malheureusement pas en dire autant pour ses deux amies Rosalyn et Susie dont la superficialité est décevante. On en vient à se questionner sur le véritable intérêt de leur présence qui néanmoins est prometteuse pour la prochaine saison.

Quant aux fameuses tantes excentriques Hilda et Zelda, on les voit prendre de l’ampleur tout au long de l’action ce qui a la finesse d’approfondir leur côté comique mais touchant.

La limite du concept scénaristique

Cette intrigue autour du choix de Sabrina entre la vie mortelle insouciante et le sentier sombre du Malin manque cependant de profondeur, ce qui au final nuit à la qualité de l’ensemble. Cet aspect manichéen entre bien et mal aurait en effet pu être évité, rendant ainsi la série beaucoup plus originale et propice à un raisonnement approfondi. En particulier, l’absence de réflexion sur la question du culte satanique en tant que contre-religion, promouvant le libre arbitre avant tout et non comme une simple adoration maléfique, laisse le spectateur sur sa faim après une (trop) brève allusion dans les premiers épisodes.

On regrette également que certains éléments du scénario soient laissés au placard, après un début prometteur. En effet, la question de la mort des parents de Sabrina dont l’explication semble être plus compliquée que celle donnée ; les manigances de Blackwood, ce prêtre noir dont les intentions n’ont pas été réellement explorées malgré de nombreuses occasions. Le spectateur reste également intrigué par cette mystérieuse prophétie dont la jeune sorcière est le sujet…

En bref, nous vous conseillons de regarder cette série – en particulier si vous êtes déjà nostalgique d’Halloween-, même si nous regrettons un léger manque de sérieux dans le développement des personnages et de l’intrigue à certains moments. On attend avec impatience la saison 2, qui promet d’être trépidante.

Par Baptiste Jouan

1 thought on “Sabrina Spellman de retour dans une série ensorcelante

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte et blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir.

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