HOLLYWOOD BIZARRE, UN ECRIN DE SENTIMENTS

Après un EP envoûtant, « L’Odeur des joints », apparu l’hiver dernier, le duo parisien Hollydays ne cesse de nous fasciner. Leur premier album, sorti le 2 novembre dernier, Hollywood Bizarre, montre une fois de plus que ce duo frenchy est « libre de créer ses propres vacances » comme il le dit si bien.  Cet album, composé de treize titres, nous délivre un alliage de sensibilité, de liberté et de désillusion, le tout agrémenté d’un fort arôme de mélancolie

 

 

 

 

L’AMOUR INCERTAIN AU CŒUR DE LEUR ALBUM

Si Sébastien nous confiait lors du Printemps de Bourges dernier que le secret de leur productivité était l’amour, il n’est donc pas étonnant que, Hollywood Bizarre nous propose de nombreux titres truffés de passion : Folle, Manueta (qui est une reprise de leur deuxième EP : Les insatisfaits) ou encore Amor Amor, rien n’est laissé au hasard. Ils nous font découvrir un amour prônant un sentiment d’incertitude qui se ressent dans Folle, écrite par Pierre Lapointe, à l’image du refrain « Suis-je folle de t’aimer ? Suis-je folle ? ». Le duo nous montre un pessimiste incroyable en ce qui concerne ce sentiment, « On ne s’abandonne pas tu disais » chante Elise dans Amor Amor : Le voyage d’Hollydays donne lieu à une forte mélancolie, un côté sombre allié à une musicalité hors pair. Même si, jusque-là, le duo parisien semble irrité par l’amour et l’infidélité comme le montre Léo, le texte de Manueta (qui a connu quelques changements depuis leur EP Les insatisfaits) nous pousse à penser l’inverse. « Manueta, moi nue, et toi, l’abus, l’ébat Manueta » : Si la subjectivité parle suffisamment d’elle-même ici, Hollydays n’hésite pas à ajouter que « ton corps se cambre sous mes gestes tendres ». Au détour de ce titre, Elise et Sébastien redonne foi en la passion et éloigne toutes idées de séparation, d’infidélité.

Puisqu’après tout va exploser, tu sais ce n’était qu’un baiser

 HOLLYDAYS,  Le deuxième rang

DE L’HUMEUR DU TEMPS…

Hollydays, c’est avant tout des textes forts et une volonté de parler de réalité du quotidien qui les touche eux, mais qui nous touche nous aussi. Outre l’amour, la liberté est au cœur des textes du duo. Ils disent eux même qu’« elle cherche l’aventure, le grand frisson »dans le deuxième rang et donnent une place prépondérante au libre-arbitre de chacun. Aux couleurs de l’humeur du temps, où chacun ne veut être contraint et désire  n’être poussé par rien d’autre que par sa propre volonté, le duo montre la limite de cette liberté dans sa chanson Le Démon où, ce dernier « vient rallumer le pire »et « c’est lui qui crie dans mes oreilles jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun doute ». Si ce titre peut se comprendre de différentes manières, l’angoisse procuré par ce démon reste la même et remet sans cesse en cause notre bonheur. Pour comprendre cela, il faut aussi se référer à On a déjà (issu de l’Odeur des jointset remit dans Hollywood Bizarre), qui expose le bonheur d’un couple qui reconsidère leur bonheur…

 Alors on cherche déjà l’erreur, ce qu’il y a à redire sur ce foutu bonheur 

HOLLYDAYS, On a déjà  

… AUX CHIMERES DE LA GLOIRE

La mise en ordre de la réalité au sein de leur album est un point important à noter et c’est aussi pour cela qu’Hollydays ne tergiverse pas à montrer que la gloire ne peut être que rêve, chimère. Mais, Hollydays montre aussi que, la gloire, la célébrité n’est pas acquise d’avance : Dans Hollywood Bizarre, ils mettent en musique les rêves brisés d’une jeune fille, venue « sur Hollywood espoir » pour réaliser ses rêves qui ne seront qu’illusion.

 Elle est venue là pour rêver, mais quand elle monte les escaliers, devant les écrans de papier, elle voudrait une vie à aimer 

HOLLYDAYS, Hollywood Bizarre

Au détour de Une autre, ils révèlent que «l’erreur est humaine mais tu voudrais qu’elle soit rien d’autre qu’une ancienne photo de toi ». Dans ce titre, ils exposent des idées telles que « d’écrire des chansons, c’est pas un vrai métier ça, c’est une passion », relevant des critiques souvent connues par les artistes en début de carrière. Hollydays, dans son album, n’hésite pas à mettre en musique, de manière subtile, une forme de déception, de déconvenue.

UN DUO QUI EVOLUE AU GRE DE LA SOCIETE

            Hollydays, dans son album Hollywood Bizarre, montre sans relâche l’évolution de la société et n’hésite pas à casser les codes. Au détour de Minuit (la baie noire), ils cassent les codes vestimentaires toujours prônés dans les sociétés actuelles « Garçons en robe, filles en costard » : comme toujours, Hollydays est un duo d’une ouverture d’esprit incroyable et n’hésite pas à la mettre en musique. Nos deux artistes ne cessent de s’engager sur des causes qui leur tiennent à cœur.  C’est ainsi que, le titre de clôture et surtout le titre phare de leur album est Monsieur Papa. Le coming out, qui rentre pourtant de plus en plus dans les mœurs de la société, n’est pas accepté par tous. Dans Monsieur Papa, c’est ce que le duo a voulu mettre en évidence : « Monsieur Papa, faut pas se transformer en lac, faut pas chercher à me noyer, à tout jeter dans un grand sac ». L’homosexualité a rarement été abordée de cette manière dans l’industrie musicale : le message est évident et pourtant si subtile et touchant à la fois « devant toi je me déshabille, je ne serai plus cet étranger, je n’aimerai plus jamais les filles ».

 Monsieur papa, je suis pédé et je veux quitter le silence 

HOLLYDAYS, Monsieur Papa

EN BREF :  Hollywood Bizarre c’est un album rempli de sentiments et de vérité qui vous fera chavirer. A écouter sans modération ! Alors, si ce n’est pas fait… n’attendez pas une seconde de plus.

Par Clara Hampe 

Crédit : Axel Gallosi

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