LE 13ÈME

Quatre avril 2018, cœur de Brooklyn, New-York, un homme est abattu par des policiers. Seul motif : il tenait un tuyau qu »ils ont pris pour une arme.
Nuit du dix-huit mars 2018, Sacramento, Californie, la police tire vingt balles sur Stephon Clark, pour qui le téléphone a été pris pour une arme.

La réelle raison de leur mort est-elle vraiment une méprise de la part des forces de l’ordre américaines ? Peut-être ai-je oublié de mentionner quelque chose. Ils étaient tous les deux noirs. La seule raison pour laquelle ces deux hommes ont été tués est qu’ils étaient noirs. C’est tragique, injuste, cruel, raciste mais tellement commun aux États-Unis. Les noirs sont toujours victimes du racisme, duquel découlent des violences physiques et morales, policières et citoyennes.

            Le 13èmedébute avec un planisphère, sur fond d’un discours de Barack Obama, focus sur les États-Unis, Obama énonce des statistiques : « Les États-Unis c’est 5% de la population mondiale… et 25% des prisonniers de la planète. » Voici comment commence ce documentaire original Netflix. Sorti en octobre 2016 et réalisé par Ava DuVernay, il met en lumière la condition des Afro-Américains depuis l’abolition de l’esclavage en décembre 1865. Personnalités et professionnels se passent la parole et analysent la criminalisation des Afro-Américains, l’explosion des prisons aux États-Unis ainsi que la situation du milieu carcéral américain.

            Ce documentaire est cru. Il nous renvoie à des réalités qui nous semblent lointaines : la ségrégation, l’esclavage, les « Jim Craw laws » et même la guerre de Sécession. Ces réalités dont le spectre nous hante encore, occupe même toujours des centaines de milliers de personnes à travers le monde. Il soulève des sujets d’actualité, l’évolution des différents mouvements anti-esclavagistes et contre la haine raciale, des Black Panthers au fameux « Black Lives Matter. »
Se succèdent analyses brillantes, chiffres effrayants–en 1970 près de 200 000 américains occupaient les prisons, en 2015 ils sont 1 476 000–, images d’archive choquantes presque surréalistes, films des années 20 où les Noirs sont représentés comme des monstres violeurs (ce qui renvoie aux dires de Donald Trump à propos des Mexicains). Tant de mots et d’images qui nous renvoient aux origines de ce racisme qui ne s’arrête pas.

            On y voit passer George W.Bush, Barack Obama, Donald Trump et nombre de figures politiques.

S’ajoute à cela une savante bande-originale. En effet, lorsqu’un sujet change une nouvelle musique est jouée avec comme seules images les paroles de cette dernière. Nina Simone, Johnny Cash, Killer Mike, Nas, Usher et bien d’autres peuvent être entendus, écoutés et lus.

                       Véritable appel à la justice, ce documentaire nous en fait voir des toutes les couleurs. Coup dur pour les majorités opprimantes mais véritable remise en question du monde dans lequel nous vivons et des comportements à adopter, réprimer et punir. La ségrégation raciale est toujours d’actualité et il n’y a qu’ensemble que nous pouvons la combattre et protéger les personnes qui nous entourent, connaissances ou non.

Pour approfondir le sujet, je vous renvoie à la revue America, le numéro 4 « De la violence aux Etats-Unis » par Stephen King ou la série Dear White People, disponible sur Netflix.

Par Alizée Michaud

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