Hibiscus, Coachella et musique électronique: découvrez la productrice CloZee

Le MOOZ a interviewé pour vous CloZee, artiste française montante de la scène électro qui fait vibrer les festival nord-américains.

 

Pour commencer, en quelques mots c’est quoi CloZee ?

CloZee, c’est une productrice de musique électronique de Toulouse et une compositrice.

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Vous mentionnez vos origines toulousaines, pourquoi alors vous jouez plus aux Etats-Unis, au Canada ?

Mon style musical est plus représenté aux US, dans les festivals, les clubs,… Il correspond plus à la tendance là-bas, en France ma musique est plus un OVNI, plus unique et c’est plus difficile à caser dans des soirées, des festivals.

On peut donc dire que vous êtes une ambassadrice de la musique française en Amérique ?

Dans un sens oui puisque je joue beaucoup là-bas, en France c’est plus galère de trouver où me produire. Donc oui, une ambassadrice pourquoi pas.

Cette unicité elle provient par exemple des influences tribales que l’on retrouve dans votre musique, comment vous définiriez votre rapport à ces cultures ?

J’ai un amour pour les musiques du monde, je suis très curieuses d’écouter des musiques traditionnelles. Dans mes voyages, je suis attentive à ce que j’entends, ce que je vois et j’aime incorporer ces souvenirs ou des moments particuliers dans ma musique.

Vous semblez voyager beaucoup ! Quelles destinations vous ont le plus marquée ?

Alors, déjà il ya le Costa Rica où je suis allée trois fois, le Japon aussi. La nature est différente, abondant là-bas : au japon, on a les cerisiers caractéristiques qui sont super beaux, au Costa Rica c’est surtout la jungle. C’est des sources d’inspiration pour moi, ces voyages ont influencé ma musique.

CloZee©Lionel Pesqué 2016

Pourquoi vous avez choisi de faire de la musique ?

Ma mère en écoutait beaucoup, elle a toujours été curieuse et s’intéressait à des choses différentes. Dès toute petite, j’ai toujours eu de la musique en fond ! J’ai développé mon oreille, ma curiosité grâce à ça et à onze ans j’ai commencé la guitare classique. J’ai fait la découverte de la musique électronique sur internet par hasard.

En effet, vous avez commencé par faire des reprises de chansons à la guitare, comment vous avez évolué vers ce que vous faites maintenant ?

J’ai été inspirée par des artistes comme Bonobo, Glitch Mob, et j’ai trouvé ça génial cette musique différente, sans voix, de faire une composition instrumentale. Ça change de ce qu’on entend à la radio, et c’est un univers infini !

Et qu’est-ce que vous voulez raconter avec cette musique sans paroles ?

Chacun de mes morceaux est différent, ça peut être inspiré d’un souvenir ou être très abstrait. Je veux créer des mondes sonores, que les gens s’approprient mon son pour en faire leur propre image. Il n’y a pas vraiment de message particulier, je veux juste que les gens s’abandonnent dans la musique, qu’ils s’imaginent où ils veulent et qu’ils oublient ce qu’ils sont en train de faire.

Vous avez un univers graphique assez particulier – on pense notamment aux pochettes de Red Forest, Koto, Revolution, Harmony,… – comment vous le mettez en scène dans vos sets ?

En France, je n’ai pas vraiment l’opportunité de créer une scénographie, mais aux US ça ressemble plus à ce que j’aimerais faire : par exemple, j’avais de faux arbres éclairés de l’intérieur sur scène pour créer un côté immersif et que la nature se ressente sur scène.

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Est-ce qu’il ya un morceau, un artiste que vous écoutez beaucoup en ce moment ?

C’est compliqué ! je dirais Kings, de Frameworks.

Aujourd’hui, il ya quelques artistes français qui montent dans l’électro – Petit Biscuit, Fakear,..- Vous vous identifiez un peu à eux ?

Je ne m’identifie pas vraiment à Petit biscuit, et Fakear pour son côté trip-hop mais maintenant moins. Sinon il y aussi Lil Fish et {senbay}

Vous êtes une femme DJ dans un monde qui reste assez masculin si je ne me trompe pas, comment ça a influé votre expérience dans l’univers de la musique électronique ?

Au début c’était compliqué en effet, pour avoir la confiance d’un organisateur de soirée qui n’est pas sûr inconsciemment qu’une fille envoie autant qu’un mec. Généralement, on met les filles en warmup. Quand j’ai commencé, j’étais la seule à jouer mon propre son (les autres étaient des DJ, qui jouaient donc les sons des autres) et c’était dure d’avoir de la reconnaissance par rapport à ça. C’était aussi dur d’avoir des heures intéressantes pour jouer. Mais ça a évolué après que j’aie sorti quelques EP et que j’aie signé dans des labels. C’est un atout maintenant, on peut s’en servir comme puissance, quelque chose d’unique. Ce n’est plus problématique.

CloZee© Lionel Pesqué 2018

Vous parlez de vos débuts, sur Youtube notamment : comment les réseaux sociaux vous ont permis d’évoluer ?

Ça m’a clairement aidée : sans ça je n’en serais certainement pas là, j’aurais un job normal sans tourner autant ! ça m’a permis de connecter avec un label américain par exemple.

Un conseil pour nos lecteurs qui aimeraient bien se lancer dans la musique ?

Allez-y à fond ! Ayez confiance en vous, et n’essayez pas de copier quelqu’un mais soyez vous-même. Bossez énormément : n’ayez pas peur de rester 16h devant votre ordinateur !

Vous avez joué à Coachella (NDLR : festival américain, le meilleur au monde selon le magazine Rolling Stones), c’est impressionnant ? C’est quel genre d’expérience de jouer devant autant de personnes ?

Oui c’est super impressionnant et génial ! Il y a 4, jamais je n’aurais pensé y jouer, je voulais y aller mais comme spectatrice. Ca me force à bosser : c’est très motivant, ça montre que si vous y croyez, tout est possible.

Mis à part Coachella, quels sont les festivals pour lesquels vous avez préféré jouer ?

J’ai particulièrement apprécié Electric Forest, LIB, Envision au costa Rica et le Shambhala festival.

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Et comment ces concerts étaient différents des autres ? Comment ils se distinguent ?

Ca dépend de l’expérience que j’ai du festival, de l’ambiance générale. Des fois, les foules sont plus répondantes, plus en accord avec vous et donc à ce moment moment là vous vous sentez plus en connexion avec le public.

Quand on regarde tous ces sets, ils peuvent être assez différents, comment vous les préparez ? de manière plus générale, comment vous décririez votre processus de création ?

Déjà, j’identifie dans quel type de festival je vais jouer : si c’est assez mainstream, grand public, je ne vais pas trop prévoir des choses assez expérimentales ou si je sais que les gens vont toujours danser, comme dans la côte Ouest [des Etats-Unis]. Je regarde aussi les autres artistes qui sont programmés.

Quand je crée, à chaque fois ma façon de faire est différente, donc je n’ai pas un processus créatif particulier.

Pour finir, c’est quoi la question qu’on ne vous pose jamais en interview à laquelle vous voulez répondre ?

On ne m’a jamais demandé quelle était la plante préférée ! Pour information, c’est l’hibiscus.

 

Retrouvez CloZee sur les réseaux sociaux:

Facebook: http://bit.ly/FbCloZ

Fan List : http://bit.ly/FanCloZ

Instagram: http://bit.ly/InsCloZ

Boutique: http://bit.ly/StClz

Site: http://clozeemusic.com

 

 

Par Baptiste Jouan

 

 

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