Pourquoi nous vivons déjà dans une dystopie

Dystopie.  De l’anglais dystopia, du grec Δυστοπία, à prononcer à l’anglaise / this – top – ia / Dystopia (« lieu mauvais où il se passe de mauvaises choses »). Il est composé de δυς- et -τόπος. De δυς (mauvais) et τόπος (« lieu, endroit »). Voilà ce que nous apprend Wiktionnaire sur ce qu’est une dystopie.

Si vous n’êtes pas familier avec ce concept, il vaut mieux commencer par son inverse. L’utopie. Une utopie est un monde idéal, à découvrir ou à instaurer.

Exemple : Christophe Colomb a clairement découvert une utopie en arrivant sur Hispaniola (future île d’Haiti) en 1492. Je ne suis pas sûre que du côté des natives l’impression a été réciproque quand certains d’entre eux sont arrivés en Europe. Une utopie peut également être instaurée ou créée au sein même d’une société. Selon Marx, le communisme était ainsi une utopie.

De nos jours moquée, cette notion s’efface progressivement avant de laisser place à sa sombre soeur, la dystopie, particulièrement après la Ière mais surtout IIème guerre mondiale. Après la première guerre mondiale, c’est la surprise : comment avons nous pu laisser ça se produire ? D’où le surréalisme, et le refus de la rationalité. Si vous avez déjà essayé de comprendre le manifeste du surréalisme par Breton ou les oeuvres de Dali, voilà à quoi cela peut rassembler.

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Salvador Dali, Métamorphose de Narcisse, 1937

Après la IIème guerre mondiale, ce n’est plus la surprise c’est plutôt le désespoir. Encore ? C’est là qu’intervient la dystopie et sa volonté de critiquer la société et d’en montrer ses possibles dérives jusqu’à un stade critique. Publié en 1949, 1984 de George Orwell en est le plus fidèle exemple et un des piliers fondateurs du genre. Il décrit une société totalitariste inspirée du communisme appliqué par Staline. Encore aujourd’hui, c’est un ouvrage très lu. Le critique littéraire Ron Charles rappelle que depuis l’élection de Donald Trump, les ventes de 1984 ont augmenté de 9.000%.

La suite, vous la connaissez : Hunger Games, Blade Runner, Handmaid’s Tale, Westworld… Tous sont des dystopies aux styles et messages variés. Un question subsiste : pourquoi regarder des films dystopiques alors qu’il suffit de regarder autour de nous pour se rendre compte qu’au moins dans une certaine mesure, nous vivons dans une dystopie ?

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Première saison de la série maintenant incontournable The Handmaid’s Tale 

Récemment, une accumulation de mauvaises nouvelles sur la rubrique “news” de mon téléphone m’a fait prendre conscience que l’humanité est peut-être déjà trop engagée sur le chemin de la dystopie. “Affaire des bébés sans bras dans l’Ain” “Inondations à Venise” “Famine au Yémen” “ Ces quarante dernières années, 60% des animaux vertébrés ont disparu de la Terre selon un rapport de l’ONG WWF.” titre franceinfo. Donald Trump, Bolsonaro… L’accumulation pousse à la question sinon à la dépression.

Loin de dramatiser la situation, il est peut-être temps de s’intéresser à la situation de notre planète et de notre société et d’y réfléchir. Nous regardons peut-être quantité de séries dystopiques, mais cela ne semble pas affecter notre mode de vie ou les décisions prises au quotidien autour de nous. Et les événements récents donnent une réelle impression de dystopie actuelle, en dehors de nos livres ou écrans.

A vous de peser le pour et le contre et d’agir pour les causes qui vous tiennent à coeur – que ce soit pour continuer à vivre d’ici 100 ans ou parce que vous rêvez de voir des tigres en liberté lors de votre future visite dans un parc naturel en Afrique. Ce qui est à la fois extraordinaire et effrayant, c’est que le sort de la planète repose réellement sur la capacité des générations futures à prendre les mesures nécessaires.

Crédits photos pour l’image à la une : La Parisienne.

Par Sophie Grigoriu

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