SAUVER OU PÉRIR : DE L’INVICIBILITÉ A LA VULNÉRABILITÉ

Le 28 novembre, le box-office accueillait le film de Frédéric Tellier : Sauver ou périr. Inspirés d’une histoire vraie, le réalisateur et son équipe se sont introduits dans les casernes des sapeurs-pompiers de Paris (dans la caserne Rousseau plus précisément) pour montrer le courage, l’esprit d’équipe mais aussi les malheurs, les angoisses de ces héros du quotidien. Sauver ou périr, met en avant que tout être est vulnérable… Même le sergent Franck Pasquier, interprété par le talentueux Pierre Niney, qui se pensait imbattable va alors être touché par le feu. Frédéric Tellier met alors en image la reconstruction d’un soldat du feu, mais avant tout, d’un homme…

J’aimais l’idée que ce métier puisse me rendre fort, invincible d’une certaine manière…

Une belle performance…

Pierre Niney, pour donner vie au sergent Pasquier a passé quatre mois au côté des pompiers de Paris. Il a alors appris à partir en intervention, et surtout à vivre pour venir en aide aux autres.

Redonner vie, à travers un film, à une histoire vraie, ce n’est pas toujours simple, et pourtant, Pierre Niney épate. L’acteur français nous livre une dose importante d’émotions et nous confronte directement à l’environnement dangereux des pompiers de Paris. Touché par le feu, il devient alors vulnérable, passe deux longues années au sein d’un hôpital au centre de traitement des grands brûlés. Il interprète alors un homme meurtri, ayant perdu tous ses repères, ce par quoi il se forgeait : Fort et fragile à la fois, il nous fait vivre de nombreuses tensions… Pierre Niney est remarquable mais, venant de lui, nous n’en attendions pas moins. Il met bel et bien en évidence le basculement vers le drame et surtout, nous montre comment un homme réapprend à vivre avec un nouveau visage, un nouveau physique et surtout, de nombreuses séquelles qui l’empêcheront de retrouver ce qui lui permettait de se sentir vivant : être pompier.  Avec, à ses côtés, Anaïs Demoustier, le couple transmet beaucoup d’émotions différentes : ils accomplissent une performance qui ne doit pas être négligée. Passant de la tristesse, au courage, tout en traversant une phase de pitié et d’abandon, ces acteurs jouent à un haut niveau.

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 … La vérité, c’est que personne n’est invincible

Malheureusement, on reste quelque peu sur sa faim…

             Malgré un casting d’exception, le film en lui-même nous laisse sur notre faim : on s’attend à plus venant d’un film ayant eu tant d’engouement. Au niveau cinématographique, rien d’exceptionnel : certes, un scénario qui tient la route, qui nous montre le monde des pompiers de Paris mais, beaucoup de saut dans le temps qui ne nous laisse pas vivre correctement les émotions du blessé mais surtout de sa famille. En effet, dans un moment si difficile, le soutien de la famille est important. Or, en passant à toute vitesse sur les deux ans passés avec les Grands blessés, Cécile, la femme du sergent Pasquier blessé au feu, finit par passer pour une sans cœur, une femme délaissant parfois son mari pourtant vulnérable.  Frédéric Tellier nous montre bel et bien le malheur du pompier mais que très peu celui de la famille et leur manière de le vivre, sa gestion des sentiments est réellement inégale.

Un film trop larmoyant pour être sincère : le spectateur est touché mais, la deuxième partie, une fois que Franck a côtoyé le feu, tourne en rond : Frédéric Tellier nous expose des scènes toujours plus prévisibles les unes des autres. Heureusement, ce manque de dynamiques est comblé par le fait que Pierre Niney et Anaïs Demoustier jouent juste.

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EN BREF 

Un film qui mérite malgré tout d’être vu, exposant le combat d’un jeune pompier contre la mort, les démons qui l’habitent mais surtout contre la souffrance. Une bonne première partie, se rapprochant du reportage, mais une deuxième partie qui manque de certains éléments, d’une certaine dynamique même si celle-ci reflète bien le manque de repère d’un blessé du feu, qui vivait seulement pour ça. Sauver ou Perir est donc avant tout le formidable récit d’une renaissance doublé d’un combat contre la mort afin de réapprendre à vivre.

En ce qui concerne le casting, Pierre Niney nous offre une performance incroyable avec une maturité sans précédent. Mais, est ce que ce rôle lui permettra d’être en lice pour les nominations des César ? 

Quant à Anaïs Demoustier, elle n’est pas non plus en reste, toute en sincérité et sensibilité intériorisé, elle impressionne elle aussi par sa maturité et le courage transmis à travers son personnage. Sans oublier Chloé Stéfani, qui incarne une infirmière compatissante et qui nous offre des échanges déchirants avec son patient…

Par : Clara Hampe

Crédits photos : Mars Film

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