Boris Vian : présentation d’un génie en 5 œuvres

Boris Vian n’a vécu que 39 ans, de 1920 à 1959. Durant cette période il est pourtant devenu l’un des artistes les plus productifs de son temps. Auteur, compositeur, musicien, interprète, romancier, poète, essayiste, scénariste, peintre… Il touche a presque tous les domaines de l’art et crée en 20 seulement plus de 800 œuvres qu’on continue encore à découvrir de nos jours. Le Mooz vous propose de le découvrir ou redécouvrir à travers 6 œuvres.

 

Au cœur de la légende de Vian : J’irais cracher sur vos tombes

En 1946, Vian fait publier « J’irais cracher sur vos tombes« , roman inspiré des romans noirs américains. On y suit Lee Anderson, un métisse américain, dans sa vengeance du lynchage de son frère noir par des blancs. Provocant  le roman qui dénonce le racisme est publié sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, faux écrivain américain et Vian se fait passer pour un temps comme étant le traducteur.

La petite anecdote : Des années plus tard, Boris Vian se voit proposé d’adapter le roman en film et d’en faire le scénario. Il accepte mais son scénario est finalement rejeté. Il rentre en conflit avec l’équipe de production et la direction prise par cette dernière lui déplaît tant qu’il songe à faire retirer son nom du générique. Ses amis arrivent tout de même à le convaincre d’assister à la première du film et il y fait une crise cardiaque. Il est donc mort à la première d’un film adapté de son roman J’irais cracher sur vos tombes, badass.

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source: http://www.regardencoulisse.com/arte-celebre-boris-vian/vian/

 

 

L’herbe rouge

Paru en 1950, L’herbe rouge suit Wolf, un ingénieur ayant construit une machine à oublier. Il cherche à travers celle-ci à retrouver le bonheur. Le roman offre une importante réflexion philosophique sur la vie et les émotions.

La citation joyeuse :

« Quoi de plus seul qu’un mort. Mais quoi de plus tolérant ? Quoi de plus stable et quoi de plus aimable ? Quoi de plus adapté à sa fonction… De plus libre de toute inquiétude ? »

 

À l’origine de la reprise de Renaud : Le Déserteur

Hymne contre la mobilisation forcée et plus généralement la guerre, Le Déserteur est écrit par Boris Vian en 1954. Le narrateur de la chanson, appelé à la guerre, écrit une lettre au président afin de lui annoncer qu’il comptait déserter. La chanson fut ensuite modifié et reprise par Renaud pour s’opposer au service militaire.

 

 

 

 

L’ironie : Le Rock Hoquet

Boris Vian écrit aussi des chansons pour les autres. Il aurait écrit plus de 570 chansons au total dont certaines ne sont jamais sorties. Parmi elles se trouve le Rock Hoquet chanté ar Henri Salvador. Tous deux n’apprécient pas le rock, qu’ils trouvent inintéressant, ils sont pourtant à l’origine des premiers rock français. Les différents morceaux de rock réalisés ensemble sont donc ironiques mais très réussis.

 

La poésie : Je voudrais pas crever

Entre 1951 et 1953, Vian vit dans une période sombre de sa vie durant laquelle il écrit des poèmes. Ces derniers sont regroupés à titre posthume dans le recueil Je voudrais pas crever. Le thème sombre de la mort y est prédominant et le poème Je ne voudrais pas crever, dont le titre nomme le receuil, ne déroge pas à la règle

Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux

 

Dans de nombreux domaines Boris Vian se révèle être un personnage passionant, tantôt sombre, tantôt joyeux et, si il n’était pas mort si tôt, nul doute qu’il aurait crée d’autres chefs-d’œuvres.

 

par Emma Meirhaeghe

photo de couverture : http://www.regardencoulisse.com/arte-celebre-boris-vian/vian/

 

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