Suite aux accusations, R. Kelly est lâché par sa maison de disque

Les têtes tombent les unes après les autres, que ce soit dans l’industrie du cinéma que du cinéma. Après Harvey Weinstein, voilà venu le moment de sortir les squelettes de R. Kelly du placard.

Interprète du grand hit « I Believe I Can Fly », R. Kelly est accusé de détournement de mineurs, séquestrations et multiples agressions sexuelles. Dès les années 2000, sa relation avec la chanteuse Aaliyah a fait couler de l’encre, la jeune artiste alors âgée de 15 ans et lui de 24.

LA DÉBÂCLE

Depuis cet automne, les accusations contre R. Kelly se multiplient et les procureurs d’Atlanta et Chicago sont en cours d’enquête. Après la justice, les médias et le public : Spotify retire l’artiste de ses playlists, et sur Twitter, le hashtag #MuteRKelly invite les utilisateurs à arrêter de supporter l’artiste. Le principe étant que s’il n’est pas possible de faire taire l’artiste auprès de la justice, la consommation reste un moyen d’action -ou plutôt ici la non-consommation- efficace.

Le plus dur reste « Surviving R. Kelly », un documentaire de six épisodes de deux heures diffusé sur la chaîne Lifetime. Différents artistes et proches de R. Kelly témoignent et le résultat est accablant, et surtout très efficace : jusqu’à 2.29 millions de personnes regardent le dernier épisode.

DES ACCUSATIONS TROP RAPIDES ?

Pourtant, il est à rappeler que le documentaire prend bien souvent des allures partisanes et que d’autres témoins n’ont pas eu la même vision de la situation. La mère d’Aaliyah a par exemple pointé du doigt une femme interviewée, une soi-disant chanteuse de choeur, qu’elle n’avait jamais vue avant le documentaire alors qu’elle accompagnait Aaliyah sur toutes ses tournées.

Déclaration via le compte instagram d’Aaliyah géré par des fans de sa mère.

Bien que controversé, l’effet du documentaire et de tout le mécontentement autour de R. Kelly a porté ses fruits. Sa maison de disque, filiale de Sony, RCA Records a rayé son nom de la liste des artistes qu’ils prenaient en charge sur leur site internet.

MIROIR DE NOTRE SOCIÉTÉ ACTUELLE

En pleine post-période #MeToo, les mêmes débats surgissent : n’est-il pas prématuré de faire de telles déclarations sans décision de justice ? Les hommes tels que R. Kelly sont-ils toujours aussi libres de manœuvrer qu’autrefois ? Cette affaire est à l’image des tourments de notre époque : compliquée, porteuse d’espoir et synonyme d’un long travail à faire sur l’égalité des genres.

Crédit image de couverture : Ashlee Rezin/AP/SIPA

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