ROMÉO ELVIS LUTTE CONTRE LE PLASTIQUE : #MAGOURDEÀMOI

Le rappeur belge Roméo Elvis a lancé le 7 janvier 2018 un hashtag pour inciter à consommer moins de plastique. Avec son humour habituel (et sa dégaine légendaire) il a dégainé… sa gourde, accessoire essentiel pour remplacer la classique bouteille en plastique. Le ton est léger mais le problème évoqué est grave.

Capture d’écran de la story instagram de Roméo Elvis – via Konbini

Océan de plastique & recyclage compliqué

Produit en sur-quantité et très difficilement recyclé, le plastique envahit les bennes et les océans, faute d’être correctement éliminé. On parle ainsi d’un continent de plastique au milieu du Pacifique. Greenpeace France rappelle sur son site que « Chaque minute, l’équivalent d’un camion poubelle de plastique est déversé dans l’océan. Nous produisons en moyenne 300 millions de tonnes de plastiques par an et on estime qu’entre 8 et 12 millions de tonnes finissent dans nos océans… »  

Outre l’aspect esthétique, le plastique est un fléau pour les végétaux marins et les animaux (l’exemple le plus fameux est l’impact de la pollution sur la Grande Barrière de Corail au Australie). Le ton de Roméo Elvis est donc léger mais il soulève un réel problème et propose des solutions concrètes : les gourdes. Récemment, une pétition (depuis introuvable) pour le retour de la consigne de verre avait récolté plus de 110 000 signatures.

Inconnu, via Interludes

Retour de la politisation chez les artistes ?

Bien que la gourde exhibée par Roméo Elvis porte un sigle commercial – soulevant une énième fois la question de la rémunération des posts instagrams -, son message rappelle une autre tendance : le positionnement des artistes pour des sujets politiques ou sociaux. Sans avoir jamais cessé d’exister, cette tendance s’est transformée. Explication.

Avec l’ère Sarkozy et peut-être un peu Hollande, les artistes ont cessé de s’engager ou de soutenir publiquement des partis, des candidats etc. En France, nous sommes loin des discours d’investiture avec Beyoncé en playback. Depuis une dizaine d’années presque, les artistes sont plus pointilleux et peut-être, comme beaucoup de Français, déçus de la politique.

Clip de 1000°, Lomepal ft Roméo Elvis – via Générations

Engagement

Les chansons de Lomepal sont à ce niveau-là équivoques. Dans son titre « 1000° », extrait de son album Jeannine, où figure justement Roméo Elvis on retrouve les paroles suivantes: »Même quand je suis pas là, je touche l’argent comme un député européen », et quelques vers plus haut, « Nos couilles, nos poches et nos têtes / Se vident au cours de la s’maine comme le Parlement ».

Les artistes d’aujourd’hui semblent donc tout autant politisés qu’autrefois, mais en s’adaptant aux mutations de la société : rejet d’une élite politique, engagement pour des causes particulières, comme Roméo Elvis et sa belle initiative. À souligner aussi le changement dans le mode d’expression : les réseaux sociaux offrent une plateforme directe aux artistes, qui n’ont plus à passer par la case médias.

Crédit photo de couverture : Lisa Miquet

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