« TWERK » DE CITY GIRLS & CARDI B, OU LE FÉMINISME EN CARTON

Le titre est peut-être un peu agressif mais le message reste le même. Le dernier titre de City Girls, duo de Miami en featuring avec la célébrissime Cardi B, sobrement intitulé « Twerk », n’en finit pas de déchaîner les passions, avec les indignés d’un côté et les enthousiastes de l’autre. Sorti le 16 janvier, le clip rejoint le titre sans équivoque et a déclenché des réactions passionnées de conservateurs américains, en particulier de Stéphanie Hamill.

Deux choses par rapport à ce clip : premièrement une question sur la compatibilité entre hypersexualisation et féminisme, et deuxième, plus contestable, implication immédiate du soutien de ce genre de contenu par les sympathisants de gauche. Cette dernière question est plus compréhensible lorsque l’on prend en compte la division classique des Etats-Unis entre Republicans (conservatisme et libéralisme économique, différent du libertarianism) et les Democrats (progressistes et dont ici Hamill fait allusion). La réponse de Cardi B, qui a été glaciale.

Réponse glaciale mais incomplète sur le sujet.

Reste donc la première question, qui embrase les débats depuis plusieurs temps : hyper sexualisation et affirmation de sa sexualité sont elles des pratiques féministes, ou en tout cas compatibles avec des idéaux féministes ? En 2016, un selfie nu de Kim Kardashian avait poussé l’actrice Chloe G. Moretz a déclaré sur Twitter « J’espère que tu réalises combien il est important de fixer des objectifs à des jeunes femmes, de leur apprendre qu’il y a beaucoup plus à offrir que son corps ». Et se prendre une avalanche de commentaires l’accusant de slut-shaming et d’être une mauvaise féministe. Une chasse aux sorcières au sein même des sorcières

Après un moment de malaise, on peut quand même trouver la remarque de Chloe G. Moretz légitime tout comme celles  d’autres en réponse au clip de Cardi B. Légitime, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, le duo de Miami City Girls et Cardi sont sous contrat avec Quality Control Music, géré majoritairement… par des hommes, dont OG Parker et TheGoodPerry (qui a également produit un titre de Chris Brown). À qui profite donc ce clip et ces images ? Des hommes.

Thaddaeus McAdams/Getty Images via

Autre problème : est-ce réellement une révolution sexuelle quand la sexualité représentée est en tout point conforme aux canons hétérosexuels masculins ? On peut relever, comme un mantra, la voix d’homme qui répète le long du refrain « I want a slim, fine woman with some twerk with her » … Pareillement, Kim Kardashian expose sa nudité et la fierté qu’elle a de son corps, mais celui-ci est une copie des fantasmes de la société actuelle.

Deux problèmes donc : le fait que les retombées économiques de la musique dite féministe ne profite pas toujours efficacement aux femmes, et surtout qu’elle soit conformes aux exigences de la société.

Crédits photo de couverture : clip Twerk, City Girls ft Cardi B.

2 thoughts on “« TWERK » DE CITY GIRLS & CARDI B, OU LE FÉMINISME EN CARTON

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :