Auschwitz, 74 ans après

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74ème anniversaire de la libération d’Auschwitz

Le 27 janvier 2019 a marqué le 74ème anniversaire de la libération du plus (tristement) célèbre des camps d’extermination du régime nazi : Auschwitz-Birkenau. Lorsque les troupes soviétiques libèrent le camp 74 ans plus tôt, le monde découvre avec elles l’effroyable système concentrationnaire du régime nazi. Ce qui n’étaient alors que des rumeurs deviennent une réalité incontestable, et l’humanité prend la mesure de la gravité de ce qui reste à ce jour le plus grand génocide de l’histoire. C’est naturellement cette date qui a été retenue par l’Organisation des Nations Unies (ONU), en 2005, pour symboliser la Journée Internationale en mémoire des victimes de la Shoah et de prévention des crimes contre l’humanité. En France, Une cérémonie de commémoration a eu lieu à l’ancienne gare de déportation de Bobigny (Seine-Saint-Denis), durant laquelle des collégiens de la ville ont lu des textes de Simone Veil et déposé des gerbes de fleurs.

En Pologne, la commémoration a eu lieu sur le site même d’Auschwitz, en présence d’anciens rescapés. Mais dans le même temps, à quelques dizaines de mètres, un petit groupe de nationalistes polonais d’extrême-droite est également venu déposer des fleurs. Si les deux groupes se sont réunis dans des endroits distincts du site, c’est la première fois, d’après Reuters, que l’extrême-droite organise une manifestation sur le site d’Auschwitz-Birkenau. Le groupuscule nationaliste a également brandi des drapeaux polonais et entonné l’hymne national. D’après eux, « la nation juive et Israël font tout pour modifier l’histoire de la nation polonaise » en sous-estimant le nombre de Polonais victime de ces camps. C’est ce qu’a déclaré Piotr Rybak du Mouvement de l’indépendance polonaise, ajoutant que « les patriotes polonais ne peuvent pas admettre cela ».

Le rôle des cérémonies de commémoration

Les cérémonies de commémoration sont devenues des événements incontournables de la « mémoire nationale ». Celles-ci visent à préserver le souvenir des atrocité passées dans l’espoir que les générations présentes et futures aient la sagesse de ne pas reproduire les même erreurs. Pourtant, dans une époque où les rescapés de la Seconde Guerre mondiale (et en particulier de l’Holocauste) sont de moins en moins nombreux, on peut légitimement se demander si le souvenir du XXe siècle est resté intact au fil des décennies. A priori, ce n’est pas le cas. Mais cela peut paraître normal, comment réaliser pleinement l’ampleur d’un événement que nous n’avons pas connus, et que, pour les plus jeunes d’entre nous, les parents et les grand-parents eux-mêmes n’ont pas connu ? Comment éviter que la réalité historique des camps de concentration ne paraisse pas lointaine à ceux qui n’ont connu ni la Seconde Guerre mondiale ni la Guerre Froide ?

Il n’est pas certain qu’une réponse puisse être apportée à cette question. Mais cela n’est, en soi, peut-être pas si grave. Ce qui l’est d’autant plus, c’est lorsque les générations présentes reproduisent sans le savoir les erreurs des générations précédentes. Car l’histoire, au-delà de nous permettre de comprendre le présent, oit également servir à nous rendre plus sage, dans la mesure où nous savons ce qui a marché ou n’a pas marché dans différents contextes socio-historiques. Or, les actualités de ces dernières années ne manquent pas de susciter l’inquiétude de la population mondiale, malheureusement à raison.

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Un contexte qui en rappelle un autre

Montée de l’extrême-droite , nationalismes exacerbées, c’est ce que connaît l’Europe depuis quelques années maintenant. Si le contexte géopolitique est loin d’être similaire à ce qu’il a pu être à la veille des précédents conflits mondiaux, il inquiète néanmoins par certaines similitudes. Pour rappel, les nationalismes, poussés à l’extrême, ne sont pas pour rien dans la descente aux Enfers qu’a connu le XXe siècle. Du reste, beaucoup de choses ont changé, surtout dans la forme : nouvelles technologies, nouveaux rapports de force, etc… Pourtant, l’histoire contemporaine nous met en garde contre des phénomènes que nous vivons actuellement: l’accumulation des crises (économiques, financières, migratoires, politiques, etc…) est un terreau propice aux conflits internationaux. C’est donc à nous de les résoudre pour éviter de sombrer à nouveau dans des conflits d’envergure.

Si l’on se restreint à l’Europe seule, l’extrême-droite est au pouvoir en Hongrie, a atteint le second tour des élections présidentielles en France, a fait son grand retour au Bundestag (Parlement) allemand, là où elle était exclue depuis 1945 pour d’évidentes raisons historiques, etc… La liste n’est pas exhaustive : l’extrême-droite monte en puissance dans tous les pays d’Europe (et au-delà de l’Europe même si cela ne concerne pas tous les pays de la planète) en même temps que les nationalismes. L’antisémitisme connaît un regain non-négligeable, l’islamophobie est omniprésente. En outre, l’histoire semble bien se répéter : lorsque les crises s’accumulent, les plus simples d’esprit choisissent des bouc-émissaires, des souffre-douleurs censés être responsables de tous les maux du monde. Il est donc plus que souhaitable que chacun, malgré les différentes crises, prenne le recul historique nécessaire pour ne pas tomber dans une analyse simpliste et profondément erronée des maux actuels. Le défi des générations présentes n’est, au final, pas fondamentalement différent de celui des générations passées : c’est celui de la sagesse.

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