Le 24 janvier 2019, lors du célèbre Forum économique mondial de Davos en Suisse, la société américaine TerraCycle a présenté son projet Loop afin de réduire les déchets liés à la grande consomation. 

La société américaine, spécialisée dans le recyclage de produits difficilement recyclables, a établi un constat très simple : il ne sert à rien de nettoyer les océans si, dans le même temps, nous continuons de le polluer. De là l’idée de s’attaquer au problème à la racine : il faut viser le zéro déchet. Et pour cela, il est impératif d’impliquer les grandes multinationales, car ce sont elles qui produisent le plus de déchets (tout du moins indirectement). 

Grâce à Loop, plus d’une vingtaine de multinationales dont Häagen-Dasz, Unilever ou encore Procter & Gamble vont proposer leurs produits dans des emballages écoresponsables (recyclables, consignés ou réutilisables) en vente sur leur plateforme en ligne. Les clients pourront donc se procurer les produits de leurs marque préférées dans des emballages réutilisables et livrés à domicile. Les produits à usage unique et les différents emballages (notamment plastique) sont en effet de gros contributeurs à la pollution des mers et océans, alors qu’il existe déjà des solutions alternatives. Le problème à l’heure actuelle se situe au niveau du coût : il coûte moins cher aux producteurs de distribuer ses produits dans des emballages non-réutilisables. Dans une logique de rigoureuse gestion des coûts, cela représente évidemment un frein à la démocratisation des emballages écoresponsables. Toutefois, l’enjeu en question dépasse de loin la question économique, puisque c’est notre environnement (faune et flore) qui est concerné et, à long terme, l’espèce humaine.

Une certaine continuité

L’année 2018 ayant été marquée par une importante prise de conscience écologique, 2019 semble s’inscrire (fort heureusement) dans la continuité de ce mouvement. Malgré des coûts non-négligeables (TerraCycle demande entre 1 et 3 millions de dollars d’investissements aux entreprises impliquées ainsi que 250 000 dollars de frais de participation à la plateforme), les grandes entreprises ont bien compris l’enjeu stratégique sous-jacent: dans un contexte d’éveil des consciences écologiques, la marque améliore sa réputation et s’adresse à un public de consomm’acteurs ( consommateurs dont les comportements sont déterminés par une conscience écologique, sociale ou politique). De plus, il est probable, dans un futur proche, que les produits à usage unique ou les emballages plastiques soient interdits (en France, l’interdiction des produits plastiques à usage unique est déjà en discussion au Parlement et on parle d’application autour de 2020). La plateforme est donc, de fait, un moyen de transition pour ces firmes qui n’auront pas à changer brutalement leur chaîne de production.

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Contrairement aux coopératives bio, aux marchés locaux ou aux magasins de vrac qui fonctionnent avec le minimum d’emballage, Loop propose simplement d’augmenter l’espérance de vie des emballages de produits de grande consommation. Les consommateurs pourront se faire livrer leurs produits préférés à la maison au même prix qu’en grande surface mais en faisant un geste pour la planète (même si la livraison à domicile peut apporter un bémol au projet selon son mode d’organisation). Si l’initiative n’est pas la plus ambitieuse, elle permet néanmoins aux consommateurs d’agir pour la planète sans bouleverser totalement leurs habitudes comme ce peut être le cas avec le vrac (qui demande de s’organiser pour avoir suffisamment de récipients réutilisables pour stocker les produits en vrac). C’est d’ailleurs le point fort de la plateforme : plutôt que de demander aux consommateurs de changer leurs habitudes, ce sont les grandes marques qui font l’effort. On retrouve donc la logique de s’attaquer au problème à la source, et non en bout de chaîne.

Quoi qu’il en soit, l’initiative est de bonne augure pour une année 2019 qui devra se montrer à la hauteur des attentes formulées par les scientifiques, les politiques et la société civile en matière environnementale. On ne peut que saluer le projet et souhaiter bonne chance à la plateforme qui devrait arriver au printemps prochain à Paris.

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