LES ANTISÉMITES ONT-ILS UN CERVEAU?

Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 février, l’enseigne de restauration Bagelstein a été victime de tags antisémites sur deux de ses restaurants à Paris. En France, l’antisémitisme a connu une inquiétante recrudescence : en 2018, les actes antisémites ont augmenté de 74% en 2018 . Moins de 75 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, théâtre du plus grand génocide de l’Humanité, il est encore plus aberrant de constater que le même phénomène qui avait conduit l’humanité à la barbarie n’a pas disparu. Cela conduit à une question dont n’est comique que le sarcasme : les antisémites ont-ils un cerveau ?

Objectivement, il est évident que oui. En revanche, l’utilisation que ce type d’individu en fait revient à peu près à l’inverse. On ne saurait suffisamment le rappeler : l’utilisation de bouc-émissaires ne résout en rien les problèmes sociaux-économiques et a conduit l’humanité à ses heures les plus sombres. Est-ce que les sociétés se sont mieux portées grâce au génocide des Juifs d’Europe? Absolument pas. L’économie a été très dynamique les années qui ont suivi la guerre mais ce fut en raison de la nécessaire de reconstruction du pays. Prix humain de ce dynamisme : plusieurs dizaines de millions de mort en Europe et une génération de jeunes sacrifiée. Est-ce que le résultat vaut le prix qui a été payé? Bien sur que non. Alors quand on voit où nous a conduit l’antisémitisme, on ne peut que déplorer la recrudescence des actions haineuses (antisémites mais également racistes, homophobes, misogynes, transphobes, etc…). Ce qui en résulte n’est rien d’autre qu’une montée d’un sentiment d’insécurité déjà relativement élevé et des ressentiments entre les individus.

L’excellente réponse de Bagelstein :

Réponse bagelstein.png

RATIONALISER LA TOLERANCE

Pour discréditer toute pensée haineuse à l’égard de quelconques groupes d’individus, il suffit de passer par l’observation de la délinquance et par les études sociologiques de la déviance (comprenez les comportements qui « dévient » des normes et qui sont punissables par la loi. Ex : le vol, l’agression, le meurtre, etc…). En effet, la violence où la tempérance ne sont pas des attributs que les individus possèdent ou non à la naissance mais des comportements déterminés par un contexte socio-psychologique sur lequel nous n’avons pas entièrement prise.

Ce que l’on constate en revanche, c’est que les comportements déviants, lorsqu’ils ne sont pas dus à des pathologies, sont majoritairement le fait d’un contexte social (sur lequel nous avons prise cette fois) : bien souvent celui de l’exclusion. Comme on le sait : on ne s’intègre pas dans le rejet. Or, puisque c’est cette exclusion qui conduit à la délinquance, s’instaure un cercle vicieux où les premiers « constructeurs de violence » sont ceux qui justifient leur ressentiment envers un groupe d’individus par leur violence, alors même qu’ils en sont indirectement responsables. Ce qui est constant dans toute société, c’est que les individus intégrés respectent les normes sociales et donc juridiques.

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Espérons donc que les auteurs de ces actes prendront la mesure des conséquences que cela peut avoir et que la justice, en plus de les punir, saura faire preuve de pédagogie. Vous n’aurez donc plus aucune excuse pour justifier l’éventuel rejet d’un individu ou groupe d’individus !

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