Tous les articles par Mélissandre Pommeret

Superviseuse, rédactrice, correctrice et membre de la communication du Mooz.

8 ARTISTES FRANCOPHONES QUI ONT RYTHMÉ L’ANNÉE 2018

Retour sur les albums sortis en 2018 : On vous dévoile nos coups de cœur !

Damso

Le rappeur belge a sorti son troisième album intitulé Lithopédion en juin dernier. Un lithopédion se définit comme un fœtus mort, pas très joyeux tout ça… Mais Damso a encore frappé fort : L’album a été certifié disque d’or une semaine après sa sortie. Lithopédion est aujourd’hui disque de platine.

Smog – Damso

Ça sera toujours pour le fric, dis pas « je t’aime pour ce que t’es »

Big Flo & Oli

Le troisième album La vie de rêve des deux frangins est un véritable succès. Un mois après sa sortie il est certifié disque de platine. Plusieurs collaborations figurent dans cet album comme un titre avec Petit Biscuit, Soprano ou encore Tryo.

On vous parle de cet album plus précisément juste ici

Big Flo & Oli – Rendez-vous là haut 

Comme un con je te parle, quand je tombe sur une de tes photos
Je n’ai pas réussi à supprimer ton numéro
Au milieu des nuages j’imagine ton regard
Cette fois ne m’en veux pas si j’arrive en retard

Vald

Après Argatha, Vald nous a dévoilé son deuxième album en février. Ce dernier s’intitule XEU qui signifie ecstasy en argot ou bien Dieu si on admet que le X est 10 en chiffre romain. L’album est certifié disque de platine à peine un mois après sa sortie.

Vald – Gris

L’homme est mauvais, s’il pouvait s’immoler, maigre vertu pour liasse pas très épaisse
C’est la kermesse, on a réduit à une boucle de ceinture la sagesse d’Hermès

Lomepal

Jeanine est le nouvel album de Lomepal, sorti le 7 décembre dernier. Ce prénom fait référence à la grand-mère de l’artiste. L’album contient 4 featuring : Un titre avec JeanJass, un avec Roméo Elvis, un avec Orelsan et enfin un avec Philippe Katerine.

On vous parle de ce chef-d’œuvre en détails juste ici

Le vrai moi – Lomepal

Mon cœur s’est séparé comme mes parents le jour où ils ont fait chambre à part
Je peux pas te laisser tout gâcher maintenant que tu remplaces mes cachets

Orelsan 

C’est en novembre qu’Orelsan a sorti une réédition de son album La fête est finie intitulée Epilogue. Cette réédition comporte 11 titres dont un avec Damso intutilé Rêves bizarres (notre article).

Plus d’informations sur l’album et la réédition juste ici

Excuses ou mensonges – Orelsan

Dis-moi ce que tu rêves d’entendre
J’te mentirai avec une voix d’enfant
J’traverserai la planète en rampant
J’passerai le reste de ma vie à faire semblant

Angèle

Consécration pour la jeune belge qui, en octobre 2018, a sorti son tout premier album intitulé Brol signifiant désordre en argot bruxellois. Dans cet album son frère Roméo Elvis est de la partie avec le titre Tout Oublier qu’ils interprètent ensemble.

On vous parle davantage de Brol juste ici

Nos interviews d’Angèle ici et

Les matins – Angèle

Où es-tu ? Y a ton odeur comme seule trace de ton corps
Où es-tu ? Tes mains me manquent et moi j’y crois encore

Jul

Le dernier album de Jul est sorti au début du mois et s’intitule La Zone en Personne. Jul a fait fort : l’album contient 40 titres dont plusieurs featuring comme un titre avec Ninho, un avec Alonzo ou encore un avec Maître Gims.

Oh fou – Jul (feat. Alonzo)

Laisse-moi déguster ma vie
En plus je m’en tape de ton avis

 

Georgio

En novembre 2018, le jeune rappeur a sorti son troisième album intitulé XX5 en référence à son âge (25 ans). Dans cet album il nous propose un featuring avec Vald !

En savoir plus sur XX5 en cliquant ici 

Monnaie – Georgio

Suis ton instinct, on s’en fout des points cardinaux
Sur les réseaux c’est le cirque t’affiche pas trop sous le chapiteau

 

Par Mélissandre Pommeret

CLIPS DE LA SEMAINE #12

C’EST VOTRE RENDEZ-VOUS DU DIMANCHE : RATTRAPEZ-VOUS SUR LES SORTIES CLIPS DE LA SEMAINE AVEC LE MOOZ !

Feu! Chatterton – Le chat souris

Certes ce clip est sorti la semaine dernière mais on était obligé de vous en parler ! Ce groupe de musique pop rock en pleine expansion ravit de nouveau ses fans avec ce single qui rend hommage au chat de Sophie Calle qui s’appelait Souris (plutôt cocasse).

La douleur est dans l’estomac depuis qu’il est parti

 

 

Ben Mazué – Nous deux contre le reste du monde (Version acoustique) 

Ben Mazué nous parle d’amour encore et toujours (et on ne s’en lasse pas) avec son titre Nous deux contre le reste du monde de son album intitulé La femme idéale. Ce mercredi – 19 décembre 2018 – il a sorti la version acoustique de cette chanson : Un vrai régal pour les oreilles.

Quand ils me parlent à deux, quand ils s’adressent à moi
Je sens qu’ils s’parlent entre eux, même s’ils ne se parlent pas
C’est solide et discret et ça n’est pas mentir de dire que ça peut arriver de s’appartenir
Sans être dépendant, sans trop se retenir

 

 

Pentatonix – What Christmas Means to Me (Cover)

Ça y est, nous rentrons dans la jolie période de Noël. Pour accompagner les fêtes voici le dernier cover de Pentatonix, groupe composé de 5 membres. Leur particularité est de n’utiliser aucun instrument hormis leurs propres voix ! Enjoy !

I see your smiling face
Like I’ve never seen before
Even though I love you madly
It seems I love you more
Oh, the little though you give me
Touched my heart for sure

Traduction : Je vois ton visage souriant
Comme je ne l’ai jamais vu auparavant
Même si je t’aime follement
Il semble que je t’aime davantage
Oh, le peu que tu me donnes 
A touché mon cœur à coup sûr

 

Urgence Homophobie – De l’Amour

Plusieurs personnalités françaises se sont réunies le temps d’une chanson pour lutter contre les LGBTphobies et les violences subies par cette communauté.

Je marche enfin dans Paris, je n’ai plus peur d’être qui je suis

 

 

Slimane – Nous deux (version acoustique)

Slimane, vainqueur de la saison 5 de The Voice en France et également coach pour The Voice en Belgique, a sorti son deuxième album Solune en début d’année (janvier 2018). Il nous propose une très belle interprétation acoustique de son titre Nous deux.

C’est pas fini nous deux, c’est que le début nous deux, même si c’est fou nous deux je t’en prie reviens

 

 

Par Mélissandre Pommeret

 

MORT IL Y A 100 ANS, QUI ÉTAIT GUSTAVE KLIMT ?

Peintre autrichien et père de la Sécession viennoise à cheval entre le 19e et le 20e siècle, Gustave Klimt appartenait au symbolisme. Retour sur les œuvres majeures de cet artiste décédé un siècle auparavant.

Image à la une : Frise Beethoven, Gustave Klimt, 1902, 2,15 x 34 m.

Passionné par les femmes, Gustave Klimt les peint en insérant de l’or au pinceau dans bon nombre de ses œuvres.

1930
Danaé, Gustave Klimt, 1907, 77 x 83 cm
die-drei-lebensalter
Les trois âges de la femme, Gustave Klimt, 1905, 180 x 180 cm
die-jungfrau
Les vierges, Gustave Klimt, 1913, 190 x 200 cm
M44920-59516
Le Baiser, Gustave Klimt, 1908-1909, 180 x 180 cm

Par Mélissandre Pommeret

Crédits Images : Mariania Affreschi Shop, Repro Tableaux, Ma Petite Histoire de l’Art.

L’ART DÉCONSTRUIT DE SHINO

Parfois on traîne sur Instagram et on voit passer des pépites, des artistes qui méritent d’être plus connus.  Aujourd’hui, on souhaite vous parler de l’un d’entre eux : Shinoart. On a pu échanger avec lui et en apprendre davantage sur son monde. On vous laisse découvrir tout ça !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

« Je m’appelle Shino, j’ai 19 ans, je suis en fac d’art plastique. Je me suis vraiment mis à fond dans le dessin il y a 4 ans. C’est à ce moment-là que j’ai développé mon propre style graphique. Là, je fais partie de deux collectifs : le 19 20 et studio noir. Le 19 20 c’est un collectif qu’on a créé entre amis. On fait chacun des projets artistiques tels que le dessin, la musique et la mode. Studio noir c’est un collectif de photographes avec qui j’ai fait quelques collaborations et ce sont également des amis. »

Quels artistes t’inspirent ?

« J’ai remarqué que pas mal d’artistes développent un style minutieux comme Ugo Gattoni par exemple, il est très très très chaud ! Il y a aussi Kim Jung Gi. Ces deux artistes ont un style très détaillé, utilisent beaucoup le format paysage et aussi le noir et le blanc. Après il y a Moébius, un pionner de la bande dessinée. Il a vraiment un style propre à lui, même en terme de scénario. Son univers est génial ! »

Parle-nous un peu de tes œuvres…

« Déjà, j’ai toujours travaillé avec le noir et le blanc car c’est ce que je préfère. Je n’arrive pas trop à intégrer la couleur dans mes dessins. Si je devais donner un adjectif pour décrire mon art je dirais déconstruit. En fait, je réalise des villes imaginaires en mélangeant la nature et le côté urbain. Je créé en quelques sortes un monde. J’observe beaucoup autour de moi lors de mes voyages par exemple et je me suis inspiré de l’architecture asiatique pour certains de mes dessins. »

Est-ce qu’on peut se procurer tes œuvres si on le souhaite ?

« Oui ! J’ai un site sur bigcartel où je vends des pulls et des t-shirts. Sinon mes dessins sont sur le site Shinoland. Pour le moment je n’ai pas énormément vendu. J’attends d’avoir pas mal de dessins avant de vraiment mettre en vente. Le dernier dessin que j’ai vendu c’était lors d’une exposition avec le collectif 19 20. »

Quel est ton rêve en rapport avec l’art ?

« J’aimerais énormément travailler sur un film et créer tout un univers. Un film de science-fiction par exemple ou même un dessin animé. Ça pourrait être vraiment cool ! »

Comment a émergé la collaboration que t’as faite avec Nike ?

« Nike m’a contacté par Instagram. J’avais déjà customisé pas mal de paires parce que j’aime ça. Ils m’ont proposé une collaboration et évidemment j’ai dit oui ! Ca a pris pas mal de temps à se mettre en place, en fait quasiment un an pour que le projet se réalise. Ils m’ont demandé de faire deux dessins pour les mettre sur les Air Force et ils m’ont laissé carte blanche. J’ai trouvé ça cool comme collaboration ! »

Comment t’est venue l’idée d’associer ton art avec les vêtements ?

« C’est de la sérigraphie et je trouvais ça cool de changer de support donc l’idée m’est venue parce que j’avais envie de nouveauté. D’ailleurs ça m’intéresserait de travailler avec des marques, peu importe le style ! »

Est-ce que le body painting t’a toujours attiré ?

« Ouais je trouve ça sympa. En fait j’ai collaboré avec un photographe qui fait partie du studio noir et qui s’appelle Kopeto. J’ai fait du body painting sur une vingtaine de personnes et on a fait une série de portraits. Par la suite j’ai fait du body painting sur Hippocampe Fou. Ça m’a bien pris 1h30 à réaliser celui d’Hippo ! »

Hippocampe Fou

Tu as fait une œuvre intitulée La jungle urbaine à Paris. Combien de temps as-tu mis pour la réaliser ?

« On a eu l’autorisation de la mairie de Paris et on a pris une semaine en tout. C’était une collaboration avec Easy Homey. On a réalisé un tigre imposant mais on avait rien préparé en amont, c’était du freestyle ! Mais des gens ont tagué dessus du coup on a dû repeindre par-dessus… Ce n’était même pas des graffeurs, c’était des tags pas top selon moi du style « vous n’êtes pas les bienvenus » graffé en jaune. »

Vous pouvez le retrouver sur Facebook & Instagram !

Son site juste ici

Propos recueillis et retranscrits par Mélissandre Pommeret

Crédits Photos : Shinoart

Plus d’actualité, plus de Mooz :

https://youtu.be/g6h2-ZMosfY

APPRENDRE À PRENDRE LE TEMPS DE VIVRE

Un homme pressé est un film d’Hervé Mimran avec comme acteurs principaux Fabrice Luchini, Leïla Bekhti et Rebecca Marder. Cette comédie dramatique est tirée de l’histoire de Christian Streiff, PDG de PSA Peugeot Citroën de 2007 à 2009 qui a été victime d’un Accident Vasculaire Cérébral (AVC). En 2014, Christian Streiff écrit un livre intitulé J’étais un homme pressé dans lequel il raconte sa vie post AVC et surtout son combat. Cet ouvrage inspira Hervé Mimran pour la réalisation du film.

Alain Wapler est un homme d’affaires dans l’automobile et grand orateur qui n’a pas une minute pour lui. Il n’a pas le temps pour les loisirs ni même pour sa famille. Un jour, Alain est victime d’un AVC et est emmené de toute urgence à l’hôpital par son chauffeur. Quand Alain se réveille, il a perdu la mémoire et n’arrive plus à s’exprimer correctement. Il est donc pris en charge par une orthophoniste, Jeanne, avec qui il va entamer une rééducation. Un lien fort va s’instaurer entre le patient et l’auxiliaire médicale. Chacun va aider l’autre à sa manière ce qui va leur permettre, l’un comme l’autre, de se reconstruire.

En rire

– Un cheval qui court on dit qu’il …? – Salope ?

L’AVC est ici dédramatisé car avec la prise en charge rapide, le patient peut recouvrer la parole. En effet, la persévérance et le travail colossal de rééducation sont très importants. À la suite de son AVC, Alain a du mal à s’exprimer, il cherche ses mots et se trompe de mots car la zone de la mémoire et celle du langage ont été touchées. Tout au long du film cela vous fera sourire d’entendre certains mots complètement dénués de ce sens dans un contexte précis. D’ailleurs, gardez vos yeux grand ouverts jusqu’à la toute fin du film !

Un nouvel homme

Ça fait trois ans que je me tape des études pour qu’un jour tu t’intéresses un tout petit peu à moi !

Ce sont les paroles de Julia, la fille d’Alain, qui a l’impression d’être inexistante à ses yeux tellement il est obnubilé par son travail. Mais après son AVC, Alain va radicalement changer. Promener son chien, prendre un « fé-ca », acheter un magazine à sa fille : Ces petites choses anodines qu’Alain ne faisait pas avant. Il va tout simplement prendre le temps de vivre, de rendre les gens heureux autour de lui et de les soutenir.

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De l’entraide

Au début, Alain n’est pas très emballé par la rééducation. Il n’y voit pas grand intérêt car il n’a pas le temps pour ça, il est pressé, il a du travail. Il ne se rend pas compte qu’il dit un mot à la place d’un autre. Au fur et à mesure des séances de rééducation avec Jeanne son orthophoniste Alain progresse. Une amitié va alors naître entre eux. Ainsi, Jeanne l’accompagne même à la présentation de la LX2, voiture imaginée par Alain. L’homme lui sera reconnaissant et lui rendra la pareille mais on ne vous en dit pas plus si vous souhaitez voir ce film !

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In fine, ce n’est peut-être pas LE film de l’année mais on vous le conseille vraiment. Nous avons aimé cette comédie qui met en avant le si joli métier d’orthophoniste. Si vous voulez passer un bon petit moment devant un film qui mêle diverses émotions, foncez le voir !

Crédits Images : Allociné

Par Mélissandre Pommeret

7 RAISONS POUR LESQUELLES VOUS DEVRIEZ ABSOLUMENT REGARDER ATYPICAL

 Je suis un mec bizarre enfin c’est ce que tout le monde dit. Parfois je ne comprends pas ce que les gens veulent dire quand ils parlent. Les filles ne me remarquent jamais vraiment. Je ne suis pas doué pour reconnaître les signaux. À un moment donné j’espère vraiment vraiment que j’arriverai à voir des nichons !  – Sam

Atypical est une série originale de Netflix qui met en scène le quotidien de Sam, un jeune garçon autiste. Le jouvenceau est à la quête de l’amour, le vrai. Ses proches sont là pour l’épauler et le conseiller mais il est grand temps de le laisser voler de ses propres ailes et de faire ses expériences personnelles.

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1. Une série qui se penche sur un sujet important : Le handicap

Comment représenter une personne en situation de handicap ? Dans la plus grande des simplicités et c’est ce qu’Atypical a fait en mettant en lumière un jeune garçon atteint d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Sam est comme les autres garçons de son âge avec sa petite différence à lui. Ses préoccupations sont les mêmes que ses pairs dont l’une est évidemment… Les filles !

2. Sourires & rires assurés

 Julia pense que je devrais me jeter à l’eau et avoir des rapports sexuels avec quelqu’un, enfin la partie sur le sexe c’est moi qui l’ai ajouté.  – Sam

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Sam est spontané et parle sans ambages. Il n’a aucun filtre. Il ne serait pas étonnant que vous esquissiez un sourire voire même que vous vous esclaffiez à certains moments. Sam est parfois maladroit et sans gêne dans ses propos tout comme dans ses actions ce qui rend ses relations avec autrui compliquées. Pas si simple de sortir avec un garçon qui dit tout haut ce qu’il pense sans prendre en compte le fait que cela peut vous blesser. Pas si simple d’avoir un frère qui s’introduit dans votre chambre pour discuter avec vous alors que vous êtes avec votre petit ami…

3. Un hymne à la vie, à l’amour

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Atypical est une série pleine d’amour. L’amour que porte des parents à leurs enfants, l’amour d’un frère pour sa sœur et vice versa… Mais aussi l’amour avec un grand A. L’amour entre deux personnes qui sont très attachées l’une à l’autre, qu’elles soient du même sexe ou pas d’ailleurs ! In fine, aimer c’est se sentir vivant et c’est en cela que cette série est un hymne à la vie.

4. Un jeu d’acteur du tonnerre !

Sam est interprété par Keir Gilchrist également connu pour son rôle dans United States of Tara. Keir incarne admirablement Sam sans exagérer le handicap ce qui rend le personnage de Sam on ne peut plus réaliste. Sam est dans sa bulle, adore le dessin et accorde une importance capitale à ses proches même s’il ne le montre pas explicitement.

Elsa, la mère de Sam, est interprétée par Jennifer Jason Leigh. Son nom ne vous est sûrement pas inconnu car elle a joué dans de nombreux films tels que Ça chauffe au lycée Ridgemont et plus récemment dans des séries comme Twin Peaks ou encore Revenge. Dans Atypical Jennifer interprète a merveille le rôle d’une mère inquiète pour l’avenir de son enfant mais aussi le rôle d’une femme complètement perdue, déboussolée.

Doug, le père de Sam, est joué par Michael Rapaport que vous avez probablement vu dans Prison Break et The Big Bang Theory. Doug est un père réservé mais très présent pour ses enfants et notamment sa fille Casey. La relation qu’il entretient avec son fils est plus distante en grande partie parce que Elsa, sa femme, a une relation privilégié avec Sam. Doug est également un homme blessé pour qui il semble impossible de pardonner quand on lui a fait du mal.

Casey est la sœur de Sam incarnée par Brigette Lundy-Paine, une novice dans le monde du cinéma ce qui n’enlève en rien son talent d’actrice. Casey est protectrice et a toujours un œil sur son grand frère. Elle le taquine souvent, l’énerve parfois, mais l’aime plus que tout.

Voici les acteurs qui incarnent la jolie petite famille de Sam. Mais d’autres acteurs talentueux gravitent autour de Sam tels que Nik Dodani (Zahid), son ami et collègue, Ami Okuda (Julia), sa thérapeute, ou encore Jenna Boyd (Paige) une jeune fille qu’il affectionne tout particulièrement.

5. Et si vous vous reconnaissiez dans l’un ou plusieurs des personnages ?

Chacun d’entre nous peut se reconnaître dans l’un voire même plus personnages de cette série. Sam est franc et n’aime pas ou du moins a du mal à interagir avec les autres. Il est plutôt solitaire. Casey adore embêter son monde, se révolte contre l’autorité parentale et s’interroge sur qui elle est vraiment. Elsa est soucieuse du bien être de ses proches. C’est une femme désemparée et pleine de remords. Doug est, derrière sa carapace, un père très affectueux. Il est entier et rancunier. Zahid est un garçon solaire qui ne transmet que des good vibes. Il est drôle, adore donner des conseils et est bienveillant. Julia est une femme émotive, professionnelle et pleine de gentillesse. Paige est studieuse, susceptible, sentimentale et possessive !

6. Il n’est pas impossible que vous versiez une petite larme

 Pour la plupart des espèces mammifères la survie dépend de l’appartenance à un groupe et de la connaissance de ce groupe. Mais les membres de mon groupe ne cessent de migrer vers d’autres écoles, d’autres maisons ou juste loin de moi. Certaines choses semblent solides comme le roc et se fissurent, béantes. Le monde est brutal là dehors, c’est pour ça qu’on a besoin de sa famille.  – Sam

Sam est un jeune garçon très touchant. On le voit évoluer dans son quotidien et surtout dans ses relations avec les autres qui ne sont pas toujours simples. Et lorsque Sam est triste, il nous le communique. De cette façon, il n’est pas improbable que vous soyez un peu peinés (voire que vous éclatiez en sanglots). D’autre part, certaines scènes peuvent vous toucher si vous vous identifiez aux personnages qui ont parfois une vie pour ainsi dire mouvementée.

7. Des musiques qui donnent la pêche (à réécouter à foison !)

Une saison 3 est prévue, tenez-vous informés !

Par Mélissandre Pommeret

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PLUTON : QU’AVONS-NOUS APPRIS DE PLUS ?

L’une de nos rédactrices a assisté à une conférence animée par François Forget, directeur de recherche CNRS Paris, et ayant pour intitulé « Pluton révélée par la sonde New Horizons ».

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Remontons un peu dans le temps…

Pluton est une planète naine qui a été découverte en 1930 par Clyde Tombaugh au Lowell Observatory dans l’Arizona. À la fin des années 1970, James Christy découvre la lune de Pluton nommée Charon.

En 2006,  la sonde de 478 kilogrammes New Horizons fut lancée à bord d’une fusée afin d’en apprendre davantage sur Pluton. Alan Stern, chercheur en astrophysique des planètes, a encouragé la mise en place de cette mission. 10 jours avant le survol de Pluton, New Horizons tombe en panne ce qui provoque une vague de stress dans l’équipe sachant qu’il faut 9 heures pour interroger la sonde et recevoir une réponse. Heureusement le problème se règle rapidement et New Horizons survole alors Pluton le 14 juillet 2015. Le 15 juillet à 2h10 du matin heure française « New Horizons call home ».

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Pluton et Charon tournent autour d’un centre de gravité commun. Pluton fait 2400 kilomètres de diamètre, est couvert de glace de méthane et a une atmosphère. De plus, cette planète naine à 4 autres satellites avec des noms qui font référence à la mythologie : Hydra, Nix, Kerberos et Styx qui ont été découverts par le télescope Hubble. La température de surface de Pluton est égale à -235°C. 1 an sur Pluton correspond à 248 années terrestres. Une des montagnes de Pluton a pris le nom de Jeanne Barret, première femme à avoir fait le tour du monde en bateau. Quant à Charon, elle est composée de glace d’eau et n’a pas d’atmosphère. Le nom de ses cratères provient de Stars Wars, Alien ou encore Star Trek.

La prochaine cible de New Horizons est MU69 surnommé Ultima Thule, un objet de la ceinture de Kuiper. Ce survol aura lieu le 1er janvier 2019.

Par Mélissandre Pommeret

Crédit Images : Mélissandre Pommeret et Sciences & Avenir

LIBRE, DOCUMENTAIRE TÉMOIN D’UNE SOLIDARITÉ SANS PRÉCÉDENT

Le 26 septembre 2018 est sorti le film documentaire intitulé Libre de Michel  Toesca. Ce documentaire d’1h40 retrace les trois années durant lesquelles Cédric Herrou, agriculteur habitant dans la vallée de la Roya, a apporté son aide à des migrants en les hébergeant chez lui. Il a été accusé de « délit de solidarité. »

https://youtu.be/fKhYUbd2vog

Poignant. Ce documentaire plonge le spectateur dans le quotidien de Cédric Herrou et autant dire que le film prend aux tripes. À travers ce film on se rend compte de la réalité à laquelle nous, nous ne sommes pas confrontés quotidiennement même si nous ne sommes pas ignorants de cette situation. On pense savoir ce qu’ils vivent, mais on ne sait rien. On assiste à la mise en place d’une incroyable solidarité : Cédric Herrou, d’autres habitants  de la Roya, une femme qui donne des cours de français ainsi qu’une infirmière viennent en aide aux migrants. D’autre part, les paysages sont magnifiques. Les musiques le sont tout autant. Nous vous recommandons vivement d’aller voir ce film qui ne l’oublions pas, a été présenté en séance spéciale au Festival de Cannes 2018 !

À la suite de la projection du film, nous avons eu l’occasion de poser nos questions à Cédric Herrou en personne.

Bonjour ! Alors racontez-nous, comment avez-vous accueilli les migrants ?

-Dans la vallée de la Roya, on ne savait pas trop les droits que nous avions, nous les accueillants. On ne connaissait pas non plus les droits des personnes en migration. Du coup, tout se faisait en cachette car on ne savait pas si on avait le droit d’héberger. Par contre nous savions que nous n’avions pas le droit de transporter. Quand j’accueillais quelqu’un à la maison les rideaux étaient fermés et une espèce de paranoïa s’installait. J’ai été arrêté pour la première fois en août 2016 pour flagrant délit de passage de frontières. J’ai fait 48h de garde à vue. Le procureur m’a posé des questions qui m’ont rassuré, il m’a dit « Mais vous ne pouvez pas faire ça tout seul, ce n’est pas possible, il faut que ce soit encadré par une association. Transporter des personnes dans un véhicule utilitaire ce n’est pas possible.  Je suis donc sorti de cette garde à vue avec une confiance en la justice.

Comment est venue l’idée de filmer ce qui se passait chez vous ?

-En 2016, je n’étais pas du tout médiatisé et un ami m’a conseillé de l’être pour que les gens soient au courant de ce qui passe et je l’ai écouté. J’ai alors proposé à Michel Toesca, un ami, de venir à la maison et de filmer. Au départ le film devait s’appeler À tous vents pour montrer que la migration venait de partout en Afrique à causes des guerres, des dictatures et cætera puis on a opté pour Libre. Michel voulait faire un film de 3h30 mais je lui ai répondu « Tu es bien gentil mais personnellement je n’irais pas voir un film aussi long » et ma volonté c’était que ce film soit vu. Le producteur et la monteuse étaient d’accord avec moi donc nous sommes partis sur 1h40 de film. C’est quand même 1h40 qui retrace trois ans de lutte.

Avez-vous créé des liens avec les personnes que vous hébergiez ?

-Oui et j’en ai retrouvé quelques-unes ce soir. Il y a 2500 personnes qui sont passées à la maison entre 2016 et 2018. On tisse des liens d’amitié avec certaines et on garde contact. Quand les gens arrivent à la maison on ne leur dit pas « Alors par où es-tu passé ? » s’ils ont envie de raconter leur histoire on les écoute sans problème. De même, si moi j’ai envie de leur raconter mon histoire je le fais mais quand on accueille des personnes à la maison on n’est pas obligés de savoir les tortures qu’elles ont eues. À la maison on considère l’individu comme un individu et non comme un patient.

Que se passe-t-il par la suite pour les migrants ?

-Il y a des échecs, bien sûr, mais il y a aussi des réussites. Les réussites sont possibles grâce aux associations qui ont permis à ces individus de s’intégrer dans un cadre social. Et dans ce cas de figure là aussi, l’individu considéré comme un individu. Personnellement, ça me dérange d’entendre le mot « migrant » tout le temps parce que pour moi, on ne peut pas désigner tout un groupe de personnes par un mot. Chacun a sa singularité.

Par Mélissandre Pommeret

PARANOÏAQUE OU LUCIDE ?

Sorti le 11 juillet dernier, le thriller de Steven Soderbergh intitulé Paranoïa nous plonge dans une atmosphère pesante.

Synopsis : Sawyer est une jeune femme qui décide de déménager pour son travail mais surtout parce qu’elle est convaincue d’être harcelée par un homme prénommé David. Elle devient paranoïaque et est enfermée contre son gré dans une institution psychiatrique. Alors qu’elle tente de faire comprendre autour d’elle qu’elle est en danger, elle se demande tout de même si tout cela n’est pas le fruit de son imagination. Sawyer est-elle réellement malade ou au contraire a t-elle vraiment conscience qu’elle n’est pas en sécurité alors que les autres l’ignorent ?

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Pour être tout à fait honnête avec vous c’est loin d’être le meilleur film d’horreur que vous aurez l’occasion de voir. La bande annonce est intrigante et attirante mais le film est décevant car les scènes les plus palpitantes nous ont déjà été présentés durant cette dernière. L’intrigue met du temps à se mettre en place. Les vingt premières minutes semblent interminables. Une fois que ça démarre (enfin), on se sent mal à l’aise face au côté malsain et dérangeant du film, ce qui à priori pourrait être une bonne chose pour un film d’horreur mais… il y a une scène en particulier qui est vraiment spéciale voire choquante : or la limite d’âge étant fixée à douze ans minimum, on ne s’attend pas à des scènes aussi violentes et sanglantes et comme on détourne plus d’une fois le regard, il n’est peut-être pas adapté aux âmes sensibles.

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Le personnage de Violet, joué par Juno Temple, est trop caricaturé. Sa coiffure, son comportement et sa manière de s’exprimer sont « too much ». D’autre part, la manière de filmer est étrange. Le cadrage et les images ne sont pas corrects. C’est seulement en se renseignant sur Internet qu’on comprend que c’était là une volonté du réalisateur : le film a été tourné à l’aide d’un iPhone. Soit. Mais, je ne comprends pas le choix de ce matériel pour réaliser un film. Un choix sûrement pleinement assumé mais qui donne selon moi un côté trop amateur et nous plongent bien trop peu dans le film. On n’a pas l’impression de s’échapper de la réalité en le regardant.

Tout ça pour dire qu’on reste sur notre faim et surtout dans le flou à la fin du film. C’est bien dommage qu’il n’ait pas eu l’effet escompté malgré un très bon jeu d’acteurs il faut le dire ! Claire Foy, qui interprète Sawyer Valentini, a su se mettre dans la peau d’une personne qui semble malade et a bien joué ce rôle.

Le sujet du film est vraiment intéressant cependant il présente de nombreuses faiblesses. Étant donné que certains l’ont adoré, peut-être est-ce à vous maintenant de vous faire votre propre avis ? N’hésitez pas à réagir en commentaires et à nous donner vos avis !

En partenariat avec le cinéma CGR Troyes

Par Mélissandre Pommeret

Illustrations de Paule-Eva Rodriguez

SOPICO, RAPPEUR À LA GRATTE

Mélissandre et Matthis, deux de nos rédacteurs, se sont rendus à la Magnifique Society. Entre deux concerts, ils ont eu l’occasion de rencontrer Sopico, artiste compositeur et interprète de la nouvelle scène rap française. Le rappeur du 18ème se confie au MOOZ sur l’essence de sa musique, ses inspirations et son amour pour la guitare… Bonne lecture !

Aujourd’hui la guitare prend une place importante chez les jeunes artistes francophones. Est-ce que pour toi c’est une démarche consciente d’intégrer la guitare dans tes sons ou ce sont plutôt tes influences qui t’ont poussé à le faire ?

Sopico : J’ai toujours été ultra-sensible aux morceaux sur lesquels il y avait des guitares et encore plus aux morceaux sur lesquels il y avait des solos. Avant de faire du rap, avant d’écrire et même avant d’apprendre à jouer de la guitare j’ai été bluffé par des morceaux où surgissait une guitare. Du coup, le jour où j’ai commencé à apprendre à faire de la guitare, je me suis intéressé à des groupes où la guitare avait sa place, où il y avait des guitares heroes en fait. J’ai appris des morceaux de Metallica, de Nirvana, de beaucoup de groupes très différents, de styles de rock différents et des morceaux de soul aussi d’ailleurs. Donc ça vient énormément de mes influences. Après, je jouais de la guitare avant d’écrire et avant de chanter. Quand j’ai commencé à chanter ça m’a vite rattrapé et je me suis dit « tu délaisses ton instrument ». J’avais le sentiment d’avoir comme un ami que je laissais sur le côté et ça commençait à me tirer. Du coup le jour où on m’a proposé de faire Colors je me suis dit « Cette fois, j’y vais et je sors la guitare ! ». J’ai pris ma Fender et je suis parti faire un morceau un peu hybride où je joue de la guitare électrique et en parallèle j’avais créé un beat derrière avec des batteries et des claviers. Ce jour-là, j’ai de nouveau accepté la guitare dans ma musique. Mais à l’origine, mon envie d’en faire vient d’un morceau de Bob Dylan qui m’a touché parce que le motif de guitare m’a réellement comme qui dirait attrapé.

Tu préfèrerais dans les 10 prochaines années mettre de la guitare dans tous tes sons ou alors ne plus jamais pouvoir en mettre ?

J’ai un peu l’intention de mettre de la guitare dans toute ma musique, tout au long de ma vie ! Je ne peux pas faire un projet sans cordes. Il y a plein d’autres instruments qui sont magnifiques et qui ne sont pas des guitares, mais moi je me sens vraiment attaché à celui-ci !

La guitare t’aide donc pour tes instrus ?

Faire de la guitare ça me permet d’avoir une idée, de ne pas être obligé de m’enregistrer systématiquement. J’ai un motif en tête, j’écris un morceau et quand j’ai fini d’écrire j’ai ma ligne mélodique, je pose ma guitare et après je décide de la laisser ou de l’enlever. La guitare c’est un outil de ouf.

Est-ce que c’est toi qui réalise toutes tes instrus ?

Je n’ai pas fait toutes les instrus de tous mes morceaux mais sur le dernier projet YË j’ai produit l’intégralité. J’ai été épaulé par Sheldon, qui est un peu un professeur pour moi, il m’a appris aussi à utiliser un ordinateur, un studio, comment linker un micro, comment réussir à se mettre dans une pièce tout seul et à enregistrer un morceau. Depuis à peu près un an je produis, je fais beaucoup de prod’ et j’en jette beaucoup à la poubelle. J’ai réussi à en sortir 15 pour faire un projet et sur l’avenir je vais beaucoup produire aussi mais je ne suis pas du tout fermé, je n’ai pas envie de m’exclure pour autant, j’ai envie de travailler avec des producteurs. Je peux en citer plusieurs mais par exemple Sheldon qui est rappeur et producteur ou des gens avec qui je n’ai pas travaillé mais avec qui il y a des perspectives comme les French Twins. C’est des personnes qui

ont des propositions artistiques donc ça me dirait aussi de bosser avec eux.

Tu n’as pas l’impression que le rock prend le pas sur le rap ?

Il y a toujours eu ces deux genres en compétition dans la tête de certains. Ils ont beaucoup fusionné et généralement ça a donné des trucs très très cools. N.E.R.D c’est un groupe que j’écoute tout le temps et c’est vraiment la croisée des mondes. Après moi j’ai écouté beaucoup de trucs qui sont très portés sur la mélodie comme le groupe A Perfect Circle. Je trouve que ça tue, j’ai toujours aimé le mélange des genres, l’espèce de fusion qu’il peut y avoir entre deux styles qui pourraient paraître antagonistes mais qui en réalité partent de la même source. J’adore le rock et ce n’est pas impossible d’ailleurs que je fasse un jour un morceau de rock ! Le meilleur rock que j’ai entendu vient de villes où c’est le milieu ouvrier qui domine. Le rap c’est pareil, il est né où les influences de la vie étaient parfois brutales. Et aujourd’hui, même dans les endroits qui peuvent paraître très calmes il y a des groupes incroyables qui peuvent naître notamment grâce à Internet. Depuis qu’il y a Internet, beaucoup de choses ont changé je pense. J’en ai bénéficié, ça a vraiment favorisé la création et  j’ai même bossé sur un projet de découverte avec Deezer qui m’a permis aussi de tomber dans les oreilles de personnes qui ne me connaissaient pas. Le rap est mis en avant par différents types de médias et différents types de personnes que ce soit des artistes, des entreprises, des chaînes de télé ou des radios. Il y a une effervescence qui permet ça : Chaque seconde il y a un rappeur qui naît en France et chaque seconde il y a potentiellement un artiste qui, une année ou deux années après, va sortir un album qui résonnera pour toujours. Par exemple, le Mumble Rap c’est un style de rap aux Etats-Unis qui commence à arriver en France et c’est très intéressant aussi en dans notre langue. C’est très sombre et en même temps, ça se rapproche d’un « rap métal », et ce mélange entre les deux, ça crie un peu moins mais ça tape aussi fort.

Est-ce que tu aimerais faire des festivals de rock ?

J’en ai l’envie et ça ne saurait tarder. Après je n’ai pas encore de dates annoncées de festivals rock mais il y a des belles scènes rock qui offrent aussi un espace au rap. Moi j’suis prêt pour le Hellfest ! J’peux m’organiser pour faire tout avec une Gibson SG et tous mes morceaux de rap je les fais en hurlant s’il faut !

Avec quelle rock star vivante aimerais-tu faire un featuring ?

J’adore les questions comme ça. Le batteur de Slipknot c’est sûr ! Il m’a trop marqué. Déjà Slipknot ça me faisait peur parce que je n’ai jamais osé, à l’époque, dire : « J’aime Slipknot ». J’écoutais Nirvana et j’aimais bien, j’écoutais Tupac, j’aimais bien Tupac et les deux ça m’allait bien mais j’ai découvert Slipknot et je me suis dit « Putain ça fait flipper mais c’est lourd ! ». Les gars sont vraiment sortis d’une faille par laquelle du feu et de la lave s’échappait et ils ont commencé à faire leur rock. Ça m’a fait comprendre qu’en musique il n’y a aucune limite et il ne faut surtout pas s’en donner. Les artistes qui se sont donné trop de limites ont refait 25 fois les mêmes morceaux malheureusement. Franchement j’adore Slipknot, j’kifferais bosser avec leur batteur et faire un truc complètement explosif ! Peut-être que je lui enverrais un message, d’ailleurs maintenant qu’on en parle, ça peut vraiment m’intéresser de le faire.

Et dans le rap tu as des envies de projets avec d’autres artistes ?

En vrai je réfléchis à plein de projets avec énormément de gens. Si je devais parler d’une collaboration possible je dirais Mike11, un gars de Los Angeles qui joue du sitar et j’ai trop envie de bosser avec lui ! Du coup on discute, mais la distance complique les choses. On s’est « croisé » sur Instagram autour de la guitare. C’est un mec qui est dans le même genre de démarche que moi mais dans un autre pays. Il commence à tourner, à vouloir exprimer à fond son identité et je pense qu’on peut faire une vraie combinaison ensemble.

Tu penses qu’on a besoin d’Internet pour se faire connaître en tant qu’artiste ou pas ?

Les deux sont envisageables. Mais si tu veux faire de la musique toute ta vie il faut travailler chaque jour. Le plus important ce n’est même pas de chercher un cadre tout de suite. Les réseaux sociaux sont importants à partir du moment où tu veux communiquer ta musique aux autres parce que tu as envie que les gens t’écoutent et réagissent à ce que tu fais. Le fait d’être repéré par quelqu’un ça peut être une chance, il faut l’exploiter de la bonne façon. Après les réseaux sociaux permettent de te rapprocher de ton public et à partir du moment où tu es proche de ton public, tu ressens les choses directement. Quand tu livres tes projets et tes sons tu es en contact direct avec les gens pour qui tu fais ça en fait. Internet permet aux gens de faire quelque chose et de l’exposer aux gens. Ça peut leur permettre de voyager en vivant de leur art. Y’a une place pour tout le monde à partir du moment où ton identité tu la défends assez et tu la marques assez. Je pense que c’est le devoir d’un artiste de traduire son identité pour faire de la musique.

Le truc c’est que les places sont chères, on sait bien que dans l’industrie musicale il y a souvent UN rockeur clé pour cinquante autres. Par exemple en 2005 en France t’as les BB Brunes qui ont percé, et ils ont écrasé tous les autres groupes, donc les places sont compliquées à avoir. Ceux qui publient beaucoup de vidéo sur internet vont faire grandir leur communauté et forcément c’est une place en moins pour quelqu’un d’autre non ?

Je ne pense pas. Je pense que le nombre de places est infini. Internet a permis aux gens de juste faire quelque chose de leurs mains et de le montrer aux autres. Et ça peut leur permettre de faire des choses comme voyager, vivre de leur art, que ce soit de la vidéo, de la peinture, de la musique… ça peut être tout et n’importe quoi du moment que les gens se lancent et diffusent. Je pense qu’il y a une place pour tout le monde, du moment que tu défends assez ton identité, et que tu la marques assez. Défendre son identité c’est l’exprimer en entier, c’est le devoir d’un artiste de traduire son identité pour faire de la musique. Et mieux tu le fais sur internet, plus tu permets de faire découvrir ce que tu fais aux autres.

Les festivals, souvent ce sont des lieux qui sont en relation avec des maisons de disque, des labels, ça implique forcément d’avoir été repéré par des institutions du milieu de la musique ?

Alors en fait, soit tu t’es fait remarquer en live; c’est-à-dire qu’un jour tu fais un live, quelqu’un te vois et cette personne travaille dans le monde d’organisation de concerts. Soit tu fais de la musique, tu travailles et un jour les fans te demandent. N’importe qui peut organiser un live lui-même, et n’importe qui peut aussi décider de travailler avec des gens qui vont leur permettre de pouvoir jouer. Je pense que pour réussir à faire des scènes aujourd’hui le plus important c’est d’être capable, de faire quelque chose sur scène, ça fonctionne comme ça. Tu passes par un bar où il y a 50 personnes, une salle où il y en a 100, sur un plateau où il y a 4 personnes, et un concert de toi tout seul où il y a 200 personnes. Tu fais beaucoup de dates, et tu ne les compte pas parce que c’est génial à chaque fois.

Est-ce que tu es encore en contact avec les collectifs avec lesquels tu as commencé ? Est-ce que vous vous entraidez ?

Quand on se dit collectif, on inclut tout le monde, donc il faut comprendre qu’on fait des morceaux en solo et en parallèle on a des artistes autour de nous qui font aussi du son. On forme un réseau de personnes qui expriment des choses différentes et qui sont liées par ce travail. On est souvent ensemble, on fait toujours beaucoup de choses ensemble !

Vous tournez toujours séparément, où vous avez des dates en commun parfois ?

Alors moi je travaille avec 75 ème session, c’est un collectif mais c’est un label aussi, c’est comme un vaisseau dans lequel il y aurait des artistes. On a  fait quelques dates en équipe qui donne envie d’en faire d’autres. Etre seul ça apporte d’autres choses, être en équipe ça en apporte d’autres encore. Moi je suis sur scène avec Hash24, c’est un rappeur avec qui je travaille, ça fait de nombreuses années qu’on partage la musique. Aujourd’hui on est deux sur scène et c’est lourd, quand on est 4 sur scène ça tue, et quand on est 13 c’est beau aussi.

On sait que tu pratiques beaucoup les arts martiaux, est-ce que cette mentalité t’aide dans la musique ?

J’en ai fait de mes 6 ans à mes 19 ans. Je m’intéressais beaucoup aux films d’action et à toutes les scènes de bagarres je me disais « wahou c’est quoi ces trucs », donc du coup je me suis intéressé aux arts martiaux, j’ai fait du judo quand j’étais tout petit, puis du karaté, et de la boxe, mais un jour je me suis blessé et je n’ai pas pu continuer. Prochainement je pense m’inscrire dans un club de MMA. Je vais y aller pour m’entrainer et ça va être cool car c’est un mélange d’arts martiaux, j’ai toujours été très curieux des différents styles, et c’est un truc où tout le monde fait son style. Et on en revient à la conversation du début, j’aime bien les mélanges.

Les réseaux sociaux sont importants à partir du moment où tu veux communiquer ta musique aux autres.

Kanye West a appelé son album comme le tien, qu’en penses-tu ?

(Rires) Bon il ne l’a pas appelé comme moi en fait. Kanye West a plein de surnoms, et il y en a un c’est « jésus », donc il a utilisé le diminutif « Yé ». Mais bon voilà son album il tue, je n’aime pas tous les sons mais il y a des trucs que je trouve excellents, la prod’ du projet est complètement folle !

Et donc pour toi le « Yé » il signifie quoi ?

Ça veut dire « Oui » en fait, c’est une abréviation, c’est un gimmick, je le dis tout le temps dans mon projet, j’ai pas compté mais je le dis peut-être 200 ou 300 fois, voire plus. C’est juste un mot qui veut dire « oui j’ai fait un projet, j’ai fait toutes les prods’, oui je fais la musique que j’aime » .

Dans l’écriture quelles sont tes principales influences ?

Alors c’est très particulier. Quand j’écris j’essaye de savoir ce que je veux faire, puis je ne réfléchis plus. J’écris beaucoup, je jette, je change, je modifie. Des fois ça vient avec la mélodie, des fois non. Parfois j’écris vite, parfois je mets 6 mois à écrire un morceau. J’essaye d’écrire chaque jour quelque chose. Même si ce n’est pas un morceau, c’est important je pense, ça te rappelle les moments dans lesquels tu les as écrit.

On vous conseille Ciel Bleu, coup de coeur de la rédaction 😉

Propos recueillis par Mélissandre Pommeret et Matthis Chapotot

Photo : Lucas Matichard